Certains d’entre vous la connaissent déjà comme interprète de Josepha Weber dans la comédie musicale Mozart l’Opéra Rock. Aujourd’hui, Marjolaine Piémont revient sur le devant de la scène avec ses propres chansons, placées sous le signe de la féminité.

Alors que le froid et la grisaille d’automne envahissent Paris, Marjolaine Piémont rayonne. Son premier EP, Presque un animal, sorti le 3 octobre dernier, connait en effet un très bon accueil auprès du public. Avec sa silhouette élancée, sa voix duveteuse et sa gestuelle aérienne, la jeune femme pourrait faire l’illusion de la discrétion. Pourtant, notre artiste est loin de jouer le rôle de la plante verte et n’hésite pas à exprimer ses idées, que ce soit dans ses textes ou en interview. C’est autour d’un thé qu’Untitled Magazine rencontre une artiste pleine de mordant et d’humour, à l’EP féminin, piquant et désinvolte.

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De l’Alsace à la scène parisienne : une presque péripétie

C’est en Alsace que tout commence. Bercée par la musique dès son enfance entre le violon maternel, l’orgue de son père et le piano, Marjolaine prend d’abord goût à la musique classique et baroque. C’est aussi grâce à ses parents qu’elle apprend à connaître des artistes qui deviendront plus tard des références pour elle, comme Barbara ou Baschung. Après son bac, la jeune femme arrive à Paris pour intégrer une école de cinéma. Cependant, malgré de nombreuses expériences dans ce domaine et des débuts prometteurs, Marjolaine s’aperçoit vite que sa vraie passion n’est pas le cinéma, mais la musique. « La musique me manquait terriblement. J’ai décidé de retrouver mes premiers amours, qui étaient donc la musique et la danse ». L’artiste a en effet décroché par la suite quelques contrats en tant que danseuse, mais décide rapidement de se consacrer à la musique.

Nouveau millénaire, nouveau départ. Pour animer sa soirée de l’an 2000 chez Maxim’s, Pierre Cardin offre son premier contrat de chanteuse à Marjolaine, qui du même coup signe le tournant de sa carrière. Par la suite, castings et petites expériences dans les cabarets et restaurants s’enchaînent et vont finir par porter leurs fruits. « J’ai rencontré d’autres chanteurs, des musiciens, des auteurs, des compositeurs et ai continué à passer des castings ». Elle participe alors à Sol en Cirque puis, quelques années plus tard, Mozart l’Opéra Rock.

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Marjolaine sort presque ses griffes… et un EP

Concernant son EP, Marjolaine semble soulagée de l’accueil du public. « Lorsqu’on sort ses chansons, cela ressemble vraiment à un accouchement. Ce n’est pas toujours facile, et on se demande vraiment comment les gens vont l’accueillir, comment ils vont l’apprécier et l’écouter. […] C’est plus facile de jouer un rôle, comme celui de Josepha Weber, que de présenter ses propres chansons ». Actuellement, c’est en première partie de Zazie qu’elle défend ses textes. Sa rencontre avec l’artiste est d’ailleurs on ne peut plus insolite, puisqu’elle fait sa connaissance lors du jeu du dictionnaire, organisé par Vincent Baguian. Par la suite, les deux femmes gardent contact. En juin dernier, Marjolaine lui dévoile ses chansons. Zazie lui propose alors de faire ses premières parties : « Le public de Zazie est un public très gentil, et surtout très enclin à découvrir des nouveaux artistes. De plus, sa bienveillance à mon égard capte l’attention du public, et déteint sur eux ».

Critiques positives ou négatives, notre artiste prend note de chaque opinion. Chose étonnante pour un EP féminin et féministe, Marjolaine a beaucoup de retours masculins, ce qui n’est pas pour lui déplaire. Comme Virginie Despentes, les hommes sont pour elles les premiers concernés par la question de la féminité. « Je trouve que c’est normal que les hommes se battent aussi pour la question de la femme. Les rapports homme-femme gagneraient à ce que les hommes travaillent main dans la main avec les femmes, pour qu’elles deviennent leurs paires ». Pourquoi se priver alors de leur faire remarquer ? Les titres « Je suis bonne » et « Femme mais pas d’un homme » sont lancés comme une pique à ces messieurs, quand beaucoup de femmes souriront à son écoute. Mais l’artiste montre également qu’elle sait manier l’humour avec « A quoi ça sert » et « C’est beau un homme à poils ». Le travail de parolière est excellent, ce qui n’est pas sans rappeler le talent d’artistes comme Zazie. Comme ses références Fréhel et Solidor, Marjolaine aiguise sa plume avec brio pour rappeler que la question de la femme est toujours d’actualité. 

Si l’EP est porteur d’un thème essentiellement féministe, l’auteur-compositeur nous livre quelques secrets des sujets de son premier disque, qui seront plus diversifiés. Afin de garder un peu de mystère, nous ne vous en dirons pas plus. Sachez en tout cas que c’est avec plaisir que nous retrouverons dans les futurs textes la plume de Marjolaine, qui n’hésite pas à appeler un chat un chat. Elle présentera ce premier album le 7 décembre prochain, à la Manufacture à Paris, ainsi que le 18 février à Bosset.

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Tracking list

01- A quoi ça sert
02- Je suis bonne
03- C’est beau un homme à poils
05- La sol do mi
06- Femme mais pas d’un homme

 

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