La chanteuse Mariama est de retour en 2018 avec son second album Love, Sweat and Tears. Nous la découvrons avec cet opus, et en live au Café de la Danse pour la première fois ce 21 novembre 2018. 

Mariama est née au Sierra Leone mais a grandi en Allemagne à Cologne. Avec un grand-père tchèque, un autre guinéen, des ancêtres norvégiens ou français, la personnalité de Mariama s’est forgée comme sa musique sur un mélange de cultures et de langues, d’influences et d’inspirations. Ce 21 novembre 2018, elle célébrait sur la scène du Café de la Danse à Paris la sortie de son deuxième album Love, Sweat and Tears. Un disque riche et bien produit, aux multiples facettes.

MARIAMA © akatre

Une voix d’or et de précieuses collaborations

Comme ses modèles Ella Fitzgerald, Billie Holiday ou Miriam Makeba, la voix de Mariama sait distiller avec force et simplicité une émotion charnelle et mélodieuse. C’est d’abord cette voix qui nous séduit dès les premières notes de Raindrops qui ouvre son nouveau disque, Love Sweat and Tears. Mais très vite, on est également charmés par la pureté des arrangements et la variété des titres qui s’enchainent. Co-réalisé avec Manuel Schlindwein (Selah Sue, Patrice, Akua Naru, Cody Chestnut…), le disque explore différentes sonorités, des cordes andalouses (Moments like These) aux rythmiques solaires (Summer in my heart again), en passant par le jazz (Stop) ou le reggae (Lovers dub).

Comme ces 14 chansons semblent avoir été écrites et composées avec un vrai désir d’ouverture, de mélange et de partage, Mariama a également invité quelques artistes à la rejoindre en studio. On entend ainsi la kora et le violoncelle de  Ballaké Sissoko et Vincent Segal sur I can’t Help Myself-Hard to Explain ; la voix chaude de Soufian Tsunami, le chanteur du groupe allemand Bukahara sur le duo Never Mind, ou encore les guitares du grand artiste guinéen Sékou Diabaté sur Summer in My Heart Again. Autre surprise, Nature Boy, le standard de jazz de 1947 d’Eden Ahbez auquel s’est déjà frotté de nombreux artistes, de James Brown à Aurora en passant par David Bowie, est  revisité ici avec charme et subtilité.

Un live en clair-obscur

Si en concert, la richesse musicale du disque se perd un peu, la voix de Mariama résonne quant à elle avec une force et une sensibilité décuplées. Dans sa robe bleue, debout face à son public, la chanteuse se meut avec grâce et légèreté. Or, si sa beauté et son charisme naturels aimantent tous les regards, ils n’empêchent pas une certaine lassitude de s’installer au fil du concert. Pourtant, entre chaque titre, Mariama, qui chante en anglais mais s’exprime dans un français parfait, cherche à nous faire entrer un peu plus dans ses histoires et son univers en nous explicitant ses textes. Ces derniers parlent pour la plupart d’amour, de douleurs, mais aussi d’espoir, de confiance en soi et de respect.

Des mots que l’on comprend, une voix que l’on adore, mais la magie met du temps à opérer. Elle s’installe progressivement sur Moments like these et Coffee and wine et bouscule véritablement le Café de la Danse lorsque Mariama lâche prise et se montre, pour la première fois, fragile lorsqu’elle évoque la disparition de son ami musicien Hilaire Penda.

Dès lors, une vanne s’ouvre et les moments forts s’enchainent : I can’t Help Myself-Hard to Explain, la reprise de J’ai deux amours de Joséphine Baker, le très « Sweat » Dancing Shoes, et les rappels, avec un guitare-voix bluffant et détonnant, un duo sur Nature Boy avec Yadam qui assurait ce soir-là sa première partie et enfin Lovers dub, pour finir sur une touche de « Love », oublier les « Tears » et danser au milieu d’un Café de la Danse ébloui…

Mariama, album Love, Sweat and Tears, disponible depuis le 19 octobre 2018.
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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.