Maisons du Monde ambiance Coquillage
En 1967, Pierre Guariche prend la direction artistique de Meurop. Il crée la chaise Coquillage en plastique moulé, matière colorée qui présente l’avantage d’être résistante et légère. L’idée est de produire massivement avec comme exigence principale : être en phase avec le développement de la société de consommation. La chaise Coquillage est disponible en 7 coloris, 129 €.
©DR

Pierre Guariche est un designer français des années 50, issu de la « jeune génération » émergeante d’après la seconde guerre mondiale. D’abord designer et ensemblier, il s’oriente vers son rêve de toujours : la décoration d’intérieur. Maison du Monde réédite, aujourd’hui, 13 meubles de ce talentueux designer français.

Après la seconde guerre mondiale, soucieux des besoins des sinistrés, Pierre Guariche conçoit des meubles modernes pour les produire en série, à des prix accessibles, et destinés au plus grand nombre. Une démarche intellectuelle qu’il suit tout au long de sa carrière. Il édite seul ses premiers modèles, mais son succès auprès du public suscite rapidement l’intérêt des éditeurs.

C’est la Galerie Mai qui, en premier, édite et diffuse ses premiers meubles, suivie par les éditions Airborne (meubles TV), Minvielle et Steiner (pour les sièges) et Disderot (pour les luminaires).

Pierre Guariche est le créateur de deux icônes du design, avec en 1951 les luminaires « Cerf-Volant » et en 1954 le premier siège en contreplaqué moulé édité en France, la chaise « Amsterdam » dite «  Tonneau ». Homme de recherche, il est le premier français à utiliser la technologie de l’assise-coque. Cette technologie de pointe fut développée aux Etats-Unis par le designer Charles Eames et au Danemark par Arne Jacobsen à partir des années 40. L’utilisation de contreplaqué moulé permet de fabriquer une assise ergonomique et confortable d’un seul tenant. La chaise Papyrus (1950) ou la chaise Tonneau (1951) de Guariche en seront les premiers modèles commercialisés en France. Apôtre de l’industrie, Pierre Guariche pense ses modèles de la façon la plus rationnelle et économique possible.

Conçu en 1958, le fauteuil « club » Mandarine, s’intègre parfaitement dans les appartements exigus de la Reconstruction grâce à sa forme compacte. Le faible encombrement répond à de multiples fonctions, mais aussi pour s’insérer dans des espaces minimums comme la salle de séjour, lieu de vie principal de la famille. Fauteuil Mandarine, 299 €.
Conçu en 1958, le fauteuil « club » Mandarine, s’intègre parfaitement dans les appartements exigus de la Reconstruction grâce à sa forme compacte. Le faible encombrement répond à de multiples fonctions, mais aussi pour s’insérer dans des espaces minimums comme la salle de séjour, lieu de vie principal de la famille. Fauteuil Mandarine, 299 €.

Débordé de travail, il fait appel à Michel Mortier et Joseph-André Motte, avec qui il crée l’Atelier de Recherches Plastiques (A.R.P). Collectivement, ils imaginent un mobilier élégant qui demeure une référence du design français. Par la suite, chacun reprend son indépendance. Pierre Guariche collabore à plusieurs programmes architecturaux. En 1966, il intervient dans l’aménagement de la station de ski de la Plagne, puis continue à travailler pour des projets comme la Préfecture d’Ivry (1971) et le TGI de Créteil (1978).

Pour Airborne, il créera le programme « Prefacto », un système d’éléments emboîtables permettant la réalisation de différentes pièces de mobilier. C’est pour Steiner qu’il dessine la chaine «  Tonneau », facile à fabriquer et peu coûteuse ; elle remporta un énorme succès. En 1967, Pierre Guariche devient responsable du design du fabricant belge Meurop.

Depuis les années 2000, la multiplication des expositions autour des années 50, telles que «  Mobi Boom », permet de faire connaitre la production trop souvent oubliée de la « jeune génération ». Alors que le spectateur connait certainement Charlotte Perriand, Le Corbusier, l’accent est mis sur les jeunes designers de la reconstruction d’après-guerre. Pierre Guariche n’a jamais été oublié des galeristes et des collectionneurs, mais ces redécouvertes permettent une plus large diffusion de sa production.

 Les meubles d’origines, des années 1920 à 1960, devenues des pièces de collection cultes vont ensuite être rééditées dans les années 80 par de célèbres marques de mobilier.

Maison du Monde s’inscrit aujourd’hui dans cette démarche en rééditant les chaises, fauteuils, bureaux et buffets du designer français Pierre Guariche.

** Publié sur maison.com le 18 Janvier 2013

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Journaliste et fondatrice de untitledmag.fr Contact mail : m.heckenbenner@untitledmag.fr