Les Cahiers de l’Asphalte, collectif de jeunes éditeurs, cassent les codes de la révolte avec Mai 2018, Dernier inventaire avant révolution. 

Année en « huit » oblige, les œuvres commémoratives sur Mai 68 et leurs témoignages abondent cette année encore. Le choix est donc dur parmi tout cela, surtout au rayon des livres. Quid de l’originalité sur ce thème maintes fois exploité ? Les Cahiers de l’Asphalte, collectif de jeunes éditeurs, se sont attelés au problème. Avec Mai 2018, Dernier inventaire avant Révolution, ils abordent intelligemment la question de la révolte imprégnée de l’atmosphère de 1968 en actualisant le sujet.

© Manon Skotnicki

Les Cahiers de l’Asphalte, des éditeurs impliqués

Ce collectif rassemble 30 étudiants de Paris-Sorbonne, venus de tout horizon. La genèse de leur projet se fait autour d’un slogan de Mai 68 : « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ». Mais, avec eux, exit la nostalgie du Petit Livre rouge et du Flower Power.  Les Cahiers de l’Asphalte s’adressent au monde d’aujourd’hui, celui dans lequel ils ont grandit. Chez eux, la révolte n’est pas un mot d’ordre mais un questionnement. Cette question est exhumée, actualisée. On est pris à parti. Quelles seraient les causes d’un Mai 2018 ? Prendriez-vous part aux manifestations ? Seriez-vous réfractaire ? Un simple observateur, posté à votre fenêtre ? Les Cahiers de l’Asphalte rassemblent essais, nouvelles, poésies, pièces de théâtre, slogans, B.D. et bien d’autres contributions, publiées au sein d’un seul ouvrage grâce à l’aide de leur crowdfunding Ulule.

Mai 2018 : à chacun sa voix

Mai 2018 vu par Les Cahiers de l’Asphalte, c’est la diversité avant tout. Avec 50 auteurs et illustrateurs aux âges et parcours totalement hétérogènes, ces jeunes éditeurs ont mis en avant la pluralité des révoltes. Crises économiques et politiques, esclavage numérique, violences policières et revendications féministes sont de mise, mais aussi révolution culinaire et enfants rebelles. On retrouve autour de ces sujets des auteurs, illustrateurs  et photographes confirmés, tels Jean-Marie LaclavetineGuillaume Cayet et Serge Hambourg, ainsi que des contributeurs moins expérimentés, comme de très jeunes plumes issues d’une classe de sixième. Les Cahiers de l’Asphalte n’ont pas donné de voix qu’aux révoltés et nous livrent également des textes réfractaires à un nouveau Mai 68. Convictions, débats, questionnements et abattements : le livre ne pousse pas à la révolte, mais cherche à faire réagir. Révolte et contre-révolte passent par tous les tons, de l’humour à l’ironie, de la métaphore au cri du cœur.

© Ludivine Proisy

À nouvelle révolte, graphisme fort

Mai 2018 sera également graphique. Le livre réunit pléthore d’illustrateurs, de la B.D. au crayonné. Encore une fois, la diversité est de mise, qu’elle soit au bout du crayon ou dans l’opinion des créateurs. Au delà de ces contributions, l’ouvrage prend vie grâce à deux illustratrices de talent. Ludivine Proisy et Manon Stonicki, étudiantes de l’École de Condé, allient deux univers marqués par leurs propres personnalités pour créer un ensemble unique et fort, dans lequel elles n’hésitent pas à s’approprier certains codes de 68. Leurs visuels sont à la fois urbains, suggestifs, et font un beau pied de nez aux conventions. Avec ses illustrations en trichromie sur un format peu commun, le tout maintenu par une reliure apparente, Mai 2018, Dernier inventaire avant Révolution est donc également un très bel objet. Enveloppé par la jaquette des deux illustratrices, il ne passe pas inaperçu !

Illustration de couverture © Ludivine Proisy & Manon Skotnicki

À l’occasion de la sortie de Mai 2018, Dernier inventaire avant Révolution, Untitled Magazine et Les Cahiers de l’Asphalte vous offrent 2 x 2 places pour le Salon Livre Paris ! Pour participer, cliquez ici !

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