Lyves a assuré les premières parties de la tournée européenne de Coldplay. La jeune chanteuse londonienne n’en revient toujours pas : après la sortie de son EP Like Water, tout s’est accéléré pour elle. Rencontre avec une artiste simple et douce, débordante de talent.

Les 15, 16 et 18 juillet, elle était en première partie de Coldplay au Stade de France, l’apogée d’une tournée européenne flamboyante. Lyves, alias Francesca Bergami, a des origines italo-australiennes mais vit et travaille à Londres. Artiste secrète, un brin introvertie, bercée par le hip-hop, la soul et la musique électronique, Lyves revendique les influences de Tupac, Seal, Moby ou encore Enya. Sa musique est un mélange subtil et inqualifiable. La voix est puissante, colorée, parfois lyrique, les arrangements aériens et raffinés. Nous avons eu la chance de la rencontrer à Paris entre deux concerts pour parler de sa carrière naissante.

De Soundcloud au Stade de France

Lyves ne vous sert pas la main pour vous saluer, non, elle vous prend dans ses bras. Tout de suite, le courant passe et les barrières sont abolies. Le sourire accroché aux lèvres, Lyves répond aux questions avec justesse et bienveillance. Elle dégage une douceur troublante, une humilité sincère. Pourtant, elle peut se vanter d’avoir charmé Coldplay, le groupe de son adolescence, avec seulement quelques chansons : « Je n’arrive toujours pas à y croire ! Ils ont écouté ma musique, en particulier Darkest Hour et Shelter, et ils ont aimé. Ils ont demandé à mon manager si je voulais faire leur première partie ! Ca m’a profondément touchée car j’écoute Coldplay depuis l’âge de 14 ans ! »

Et voici Lyves avec ses trois musiciens, chantant devant près de 80 000 spectateurs au Stade de France. Une « expérience incroyable » pour celle qui vient de sortir en janvier son premier EP, Like Water.

Des collaborations précieuses

Tout a commencé en 2014, lorsque Lyves met en ligne sa chanson Visions. Remarquée par la presse musicale, la jeune femme qui écrit et produit elle-même ses titres échange alors avec d’autres musiciens sur le réseau Soundcloud. De ces rencontres 2.0 vont naitre plusieurs collaborations, dont cet EP : «  Après Visions j’ai rencontré plusieurs musiciens qui sont devenus aujourd’hui mes amis. Internet est génial pour ça, ça nous permet de nouer des liens avec des personnes que l’on n’aurait jamais pu rencontrer dans la vraie vie. Pour Like Water j’ai fait le plus gros du travail seule, dans un petit home studio en Italie, avec mon ordinateur. Mais j’aime bien leur envoyer les chansons en fin de production et leur demander des conseils. On voit ensemble ce qu’on peut améliorer : telles batteries ou telle partie de basse par exemple. Et on finit le tout ensemble. J’ai de la chance de connaitre des gens aussi merveilleux, je leur fais vraiment confiance. »

Les chansons The Weather et Free ont ainsi été co-produites avec Will Night, Darkest Hour avec Crada et No Love avec Atu. Autre personne importante pour Lyves : sa meilleure amie Nathanael Wiliams, photographe qui a aussi réalisé le vidéoclip de Darkest Hour.

Des émotions universelles

Dans ce clip en noir et blanc, plusieurs visages de femmes se succèdent. Une vidéo réalisée en une journée près de là où vit Francesca à Londres : « On est allées dans la rue avec Nathanael et on a demandé aux femmes qu’on croisait si elles voulaient participer à une vidéo qui parle de la force des femmes, du fait qu’on soit à la fois vulnérables mais aussi très fortes… Elles étaient d’accord avec ce message, elles voulaient le soutenir. Donc ce ne sont pas des actrices, juste des femmes rencontrées par hasard et que je ne connaissais pas. » Ces « autres » ont une importance particulière pour Lyves, et notamment dans cette chanson au message universel : «  Ce que j’écris vient du plus profond de moi, de mon cœur, de mes émotions, mais ce que je ressens, tout le monde peut le ressentir. Je veux montrer que l’on a tous quelque chose en commun, que nous traversons les mêmes épreuves, les mêmes émotions. »

Cette obsession du lien, de cette connexion avec les autres, Francesca la porte jusque dans son nom de scène, Lyves : « Ca m’est venu comme ça un matin, je pensais à ce projet et je ne voulais pas qu’il parle seulement de moi, Francesca, je voulais parler de plusieurs personnes, de plusieurs vies ». (« Vies » se traduit « lives » en anglais, ndlr). Témoignage de cet effacement, le visage de Francesca n’apparaît pas sur la pochette de son EP : « Là encore c’est une image qui a surgi de mon esprit comme ça, j’étais particulièrement déprimée à ce moment-là et traversée par pleins d’émotions. Je voulais capturer cet état mais aussi montrer que l’on peut être soutenu par quelqu’un. C’est vraiment un disque sur les relations entre les personnes, et la complexité de ces relations.»

(c) Nathanael Williams

Une tournée qui a changé sa vie

Sortie de la phase d’écriture et d’enregistrement en studio, Lyves est donc allée à la rencontre de ces « autres » sur scène avec Coldplay. Une « mer de monde » à laquelle elle n’était pas préparée, et qui a radicalement changé son état d’esprit : « Jusqu’ici, pour être honnête, je préférais être en studio que sur scène. Mais ces premières parties avec Coldplay ont tout changé. J’ai découvert que j’aimais me produire sur scène bien plus que ce que j’aurais imaginé. Plus jeune à l’école j’adorais jouer en live, puis je suis devenue plus introvertie, j’ai passé beaucoup d’années en studio à écrire. Depuis ces concerts maintenant j’ai tout le temps envie d’être sur scène ! C’est magnifique parce que, quand tu es en studio, tu espères que ce que tu fais va plaire les gens, les toucher, et là tu peux directement les voir, être avec eux, voir leurs regards. J’adore ce sentiment de connexion avec le public. »

De retour à Londres après sept semaines de tournée, Lyves va commencer à travailler sur son premier album, un album pour lequel elle compte bien donner le meilleur d’elle-même: « C’est un vrai challenge, je veux tout donner. Cette tournée avec Coldplay a ouvert mon esprit, m’a fait grandir. Et je veux emporter cette incroyable expérience en studio avec moi! » Après chaque concert, Lyves assiste avec toujours la même ferveur au show du groupe anglais qu’elle adore : « Chaque soir je retombe amoureuse de leurs chansons ! »

Pour finir, nous lui avons demandé qui était l’artiste qu’elle écoutait le plus en ce moment, à part Coldplay bien-sûr : « J’écoute beaucoup Sampha, son dernier album Process est super, je l’adore. Il y a beaucoup de piano, mais aussi des influences électro… » Enfin, lorsqu’on lui demande avec quel artiste elle aimerait ou aurait aimé collaboré, elle nous répond sans hésiter : « Tupac ! J’adore tout dans sa musique, même si c’est très différent de ce que je fais. Son message d’espoir au monde, sa production… Ca m’inspire beaucoup pour créer ! »

En quittant la salle d’interview, nous avons droit à une dernière étreinte et quelques photos en souvenir de cette belle rencontre avec une artiste chaleureuse et sensible, à qui l’on souhaite une belle et longue carrière !

Like Water de Lyves est disponible depuis janvier 2017.

Retrouvez l’actualité de Lyves sur sa page Facebook et son site officiel.

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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.