Jonglant entre tournée, long mois de studio et festivals, les Strasbourgeois du groupe « Lyre le temps » semblent infatigables. Avec leur musique, vibrant au rythme de l’électro swing, du rap et du jazz, le quatuor nous transporte en plein cœur des années 30. Présents à Solidays, nous avons pu leur poser quelques questions. Rencontre avec ce groupe qui se revendique pour une musique toujours plus éclectique.

Pouvez-vous nous parler de votre groupe ?
On s’appelle Lyre Le Temps, on vient de Strasbourg, on est un groupe principalement d’electro swing et notre concept à nous c’est de mélanger les époques, les styles de musiques. Sur ce troisième album qui s’appelle « Prohibition Swing », les années 30 c’est la thématique, l’inspiration du dernier album : donc la prohibition aux États-Unis dans les années 20, dans les années 30.

Et, pourquoi les années 30 ?
Parce que je trouve ça assez élégant dans un premier temps, et le style de musique… Nous ce qu’on aime faire c’est vraiment provoquer des émotions, avoir une énergie, et ce qui est génial dans le swing c’est que ce n’est pas qu’un style de musique, c’est vraiment une danse… vraiment.. même une manière de vivre.. Je trouve ça génial, et ça se transmet peu importe la ligne de chant qui peut être reggae, jazz, hip hop, blues, c’est super fédérateur ! On fait pas quelque chose de très revendicateur, on défend pas une cause en particulier, nous on est vraiment présents parce qu’on a envie d’échanger avec les gens, et de faire la fête en fait ! Les années 30, c’est un peu ça en fait, ils n’avaient pas le droit de faire la fête, de boire de l’alcool, nous on a envie de faire ça hein (rires).

https://www.youtube.com/watch?v=EdGBnq5M_GY

Comment est né votre groupe ?
A la base, il y a neuf ans, on était  trois producteurs, un qui faisait du hip hop, un de l’électro, et moi principalement du piano-voix en jazz, en gospel, en blues, et on s’est juste mélangé, on a commencé à mélanger les influences et on a commencé à faire un style qui ressemblait à de l’électro swing qui était en train d’émerger au même moment sur internet. Puis sur My Space, on s’est retrouvés un matin avec des centaines de milliers de vues, avec beaucoup de gens qui nous parlaient, qui avaient envie de télécharger, d’acheter le single, alors qu’on n’avait pas du tout prévu ça… et surtout qu’ils voulaient nous voir en concert ! Alors que ce n’était pas du tout la prétention d’aller en concert, on a fait ça entre potes, dans une cave quoi… (rires). C’est parti de là, c’est parti des gens qui ont écouté notre « zic » sur My Space, et qui ont dit, « les gars, viens on fait la teuf ».

Vous vivez encore à Strasbourg ? Vous comptez y rester ?
On a un mode de vie où on est à Strasbourg cent jours par an, c’est à dire nous, notre vraie maison c’est un camion de tournée, on tourne beaucoup, on a la chance d’être sollicités, en dehors de France aussi, ça occupe pas mal les plannings. On va aussi pas mal en studios, comme on produit en permanence de la musique, on est rarement à Strasbourg à aller boire des coups.(rires)

C’est clair, et aujourd’hui avec internet, t’as plus besoin de dire je vais aller habiter à Paris, Londres, NY, pour vivre mon rêve, ça peut encore être un tremplin, c’est pas une nécessité absolue.

Quelle est l’évolution qui vous a marqué, depuis ces 8 ans ?
Musicalement, je pense qu’on a réussi à trouver une formule qui nous convient, c’est à dire que ces dernières années ont quand même servi à ça : t’écoutes le premier album c’est une certaine sauce, t’écoutes le deuxième album, c’est une autre sauce, t’écoutes le troisième c’est comme si c’était le meilleur des deux mondes… On pense enfin avoir trouvé une formule qui nous convient bien, et qui a l’air de fonctionner aussi sur les gens, on va essayer de continuer là dessus et essayer « d’upgrader » ça quoi !

C’était votre 1ere fois à Solidays ?
Deuxième ….

Et, alors ? ça fait quoi de revenir ?
C’est absolument génial, c’est comme la première fois, mais en mieux…. Disons que la première fois tu le prends en pleine tête, tu comprends pas ce qui t’arrive, la deuxième fois tu sais un peu ce qui va t’arriver, et du coup, tu flippes un peu, mais t’es aussi franchement plus prêt à envoyer de l’énergie, t’es un peu moins naïf quoi… C’est très intéressant !

Est-ce qu’il y a une évolution de public ?
Moi j’ai trouvé que c’était deux choses différentes, tout simplement parce que déjà les premiers c’était sous la pluie … (rires), là c’était sous un chapiteau.. C’était pas exactement la même heure, le même jour… Je saurais pas dire lequel était plus sauvage….

© Bartosch Salmanski x Léna Zink
© Bartosch Salmanski x Léna Zink

Pourquoi avoir vraiment voulu mettre en avant cette éclectisme ? Quand on se renseigne sur votre groupe, c’est vraiment le mot qui revient à chaque fois…
Pour moi, c’est culturel, j’ai été éduqué comme ça, c’est très important de savoir ce qui s’est fait avant pour faire des choses d’aujourd’hui… et je suis fan des choses qui se sont fait il y a 20 ans, mais en même temps je suis aussi fan des choses modernes. C’est-à-dire que pour moi, les deux sont complètements liées, mais comme les générations. Pourquoi est ce qu’on a envie de faire un festival comme les Solidays où on réunit des gens qui ont 60 ans et des gens qui ont 15 ans, et de les faire sauter, danser, au même spectacle ? C’est pour cette raison que pour moi l’éclectisme c’est fédérateur, et parce qu’au final ça te permet de discuter avec beaucoup plus de monde que si je faisais juste du swing, juste de l’électro, ou juste du hip hop !

Il y a aussi le fait qu’on a chacun des influences différentes, du coup, on a chacun envie de représenter un petit peu notre musique de prédilection, c’est super intéressant dans la vie d’un groupe d’arriver à mélanger ça. Et que chacun soit représenté, c’est une synergie.. C’est comme ça qu’on aime travailler, que personne ne soit lésé, que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice, je trouve ça intéressant !

Vous avez fait joué à l’international, en France, c’est quoi la suite ? Vous visez quoi ?
La planète Mars… (rires) Après, la Mecque, il faut qu’on aille sur la Mecque (rires). Franchement, on est reconnaissants de pouvoir vivre de ça, depuis 8 ans, depuis que ça a commencé. On est maintenant 8 à pouvoir vivre de ça en tournée, et ça représente beaucoup, c’est déjà énorme d’avoir ça… Ensuite, rien que le fait que ça puisse continuer c’est déjà la fête ultime. Après, qu’il y ait encore plus de gens, qu’on découvre encore plus d’endroits sur la planète, ce serait un plus! On a encore pleins de choses à faire encore!

Qu’est ce que vous préférez entre la scène française et la scène internationale ?
Je pense que la scène française, elle s’attend que tu chantes en français, comme nous on est un groupe qui chante en anglais, c’est plus facile pour un Japonais de s’approprier un groupe français qui chante en anglais que pour un Français de s’approprier un groupe français qui chante en anglais… Après le public est fantastique, les gens viennent nous voir dans les salles, écoutent nos disques ou voient nos clips… MERCI (rires)

https://www.youtube.com/watch?v=WObZbHQEO3I

 

Propos recueillis par Mathilde Ciulla et Marie Heckenbenner

 

 

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Journaliste et fondatrice de untitledmag.fr Contact mail : m.heckenbenner@untitledmag.fr