A la fois profond et planant, Meteor, nous fait voyager entre les profondeurs de la terre – par ces beats haletants, nerveux, par cette voix caverneuse – et l’immensité du ciel – par ces sonorités exotiques, ces échos, ces rythmes languissants. Difficile de savoir comment caractériser Meteor et pourtant, on reconnaît d’emblée la marque. Il y a cette voix rauque, rocailleuse qui s’enlace à des rythmes sensuels, presque psychédéliques, et toujours, toujours une lenteur caractéristique qui colle à la peau, qui agrippe les sens et qui met en pagaille.

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Dire qu’il s’agit de musique expérimentale serait approximatif et peut-être un peu top barré. Dire qu’il s’agit de musique électronique serait incomplet, et loin des influences trip-hop qui sont aussi bien saillantes. . On ne peut ranger Adastra sous aucune qualification parce que l’EP est nourri de tout, d’absolument tout et qu’il s’inscrit dans une constellation d’influences musicales immense. Dans Meteor, il y a de la musique électronique, bien sûr, mais aussi du trip-hop, de la dub, de la pop. Il y a de longues nuits à rechercher des sons, à traquer des mélodies et à les collectionner, à les trier minutieusement et à les absorber de façon presque organique. Il y a des instruments ramenés du bout du monde et des projets qui jaillissent dans tous les sens.

Pourtant, l’EP n’a rien d’un fourre-tout. Si les noms des titres parus sur Adastra sont aussi intrigants et disparates que les objets d’un cabinet de curiosité, il y a toujours cette extrême propreté du son, cette netteté particulière ; comme si Meteor ne tolérait pas l’écart, l’imprécision. Rien ne dépasse, rien n’est en trop. C’est que Kala et Jedeon sont des types méticuleux et ils soignent chaque note, chaque image. On le voit notamment avec l’esthétique ultra pointue de la pochette qu’ils ont eux-mêmes créée. Vendue chez Colette sous format vinyle et entièrement fabriqué main, Adastra se propose non seulement d’être un voyage sonore, mais aussi un objet d’art.

Deux tracks sont pour le moment accompagnés de vidéos. Narcose nous plonge dans un kaléidoscope pornographique et donne à voir une sulfureuse constellation de peau, de cul et de langue qui rend tout chose. Suggestive sans jamais être vulgaire, la vidéo a été censurée sur Youtube mais vous pouvez la retrouver en toute tranquillité sur Vimeo. Enfin, réalisé sous la direction de W. Mazaud, P. Chatelus et C.Vincent, le titre Platelet met en scène l’acteur Antonu-Maria Mela dans une lutte fébrile et agitée contre lui-même. Encore une fois, l’image épouse parfaitement le son. Que dire de plus, ça fait déjà beaucoup. Meteor, c’est à la fois explosif et complètement mystérieux. Sombre et attirant. Un ovni, une pépite. On attend la suite avec impatience. « Sic itur ad astra » a écrit Virgile : « c’est ainsi que l’on s’élève vers les étoiles ».

https://www.youtube.com/watch?v=tuqTnSIw4Gk

https://www.youtube.com/watch?v=4g-KVBR8hXI

Retrouvez Meteor sur FB // EP disponible sur Youtube 

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Entre Paris, Leipzig et Rouen, j'explore les territoires de la culture et de l'écriture. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.