Jusqu’au 21 janvier 2018, la cité de la Mode et du Design vous propose un voyage vers l’Estonie avec l’exposition « LOOV KULTUUR ». Lumière sur un petit pays que l’on connaît peu mais qui est à la pointe du numérique, du design et de l’art. Une intention originale et bien séduisante qui nous amène à découvrir des installations, des expositions, du street art et un riche programme autour de l’événement !

L’Estonie est peu étendue, sa surface est à peu près similaire à celle de la Suisse. Sorti du giron russe, il y a presque cent ans (1918), ce pays balte a connu les guerres, l’occupation, l’endoctrinement. D’abord longtemps dirigé par une élite politique allemande de moines soldats partis en croisade (les croisades baltes du XIIIème siècle), il connaît la domination suédoise dès la fin du XVIème siècle et sera placé sous domination russe dès 1710. Toujours donc, il y a eu en Estonie deux mondes : celui des classes dirigeantes (majoritairement allemandes) et celui des paysans et des bourgeois estoniens. Au début du XXème siècle, après un long chemin ardu, le peuple estonien commence à s’investir dans la vie politique. Des partis politiques se forment. Pendant la Première guerre mondiale, un vent d’indépendance souffle sur les pays baltes. Le 23 février 1918, l’Estonie se bat et devient autonome. Alors qu’un régime parlementaire s’installe, les terres détenues par la noblesse germanophone sont redistribuées. Forte de ces occupations multiples, l’Estonie est un pays à la culture multiple où de nombreux peuples se sont établis. La Cité de la Mode et du Design, nous emmène à sa rencontre…

Un grand projet pour un petit pays

Dès le début du XXIème siècle, l’Estonie se numérise. Un cataclysme technologique s’abat sur le pays et détruit tout ce qui pouvait rappeler les siècles de dominations passées : internet s’impose. Et avec lui, le monde des possibles. Tout peut y être envisagé, tout peut y être testé, la démocratie horizontale et ses structures à taille humaine le permettent. De ce constat naît l’exposition « Size doesn’t matter », une exposition de mode et de design ayant déjà traversé plusieurs pays européens (Stockholm, Bruxelles, Londres, Milan, Vienne…). On y retrouve, dans l’une des galeries de la cité de la Mode et du Design, une centaine d’œuvres où l’humour, la chaleur, la praticité et les innovations se croisent. 

La nature, première source d’inspiration

L’Estonie est peuplée de lacs et de forêts. Du bois, de l’eau et la manière dont l’homme s’y est adapté. Le climat y est assez dur, les étés sont doux mais courts quand les hivers, eux, sont froids et longs. Pourtant les Estoniens se sont approprié la nature. Ils ont trouvé comment palier aux rafales de vent glacées en s’abritant dans des saunas cozy, ou dans des cafés chauds. La proximité avec la nature, l’amour des paysages sont véritablement primordials dans le quotidien des Estoniens, et leur Engagement écologique est grand. 

Pour sensibiliser encore et toujours sur les menaces climatiques, la cité de la Mode et du Design accueille la Heat Wave (façonnée par les architectes Maarja Kask et Ralf Lõoke). Elle renvoie à l’urgence écologique et ouvre aux possibilités de partages qui s’offrent lorsque le travail se fait ensemble. L’installation Les vagabondes de Sophie Larger et de Stéphanie Buttier revient également sur cette alliance entre l’homme et la nature, dans d’imposants tressages de rotins et de cordes. Les formes renvoient à la notion de l’abri protecteur et reviennent sur l’essence même des matériaux : image et représentation des mousses des sous-bois, des nids d’oiseau… L’art estonien alerte comme il témoigne son admiration de l’environnement.

©Brigitte Baudesson

Raphaêl Gianelli-Meriano, photographe du réel

Raphaël Gianelli-Meriano est tombé amoureux de l’Estonie alors qu’il parcourait le monde. C’est il y a une dizaine d’années qu’il a découvert ce pays à la liberté folle. Une liberté de mœurs qui semble avoir éclos après des siècles d’emprise, une liberté qui démontre que le rapport à l’environnement et aux autres est simple. Un été, un lac, des passants se dévêtissent et plongent nus dans l’eau avant de repartir. La vie est simple. Simple car il y a peu de moyens et que les inégalités sont toujours creusées, mais simple également parce qu’il y a une véritable innocence, une véritable honnêteté dans le cœur des habitants. Cette bonté, cette sobriété, les photographies de Rapahaël Gianelli-Meriano, le retranscrivent. Elles offrent une ouverture sur un monde que l’on ne connaît pas véritablement, sur un monde à côté, mais qui rayonne de chaleur humaine.

Loov Kultuur est une manifestation qui permet d’ouvrir une lucarne sur un pays que l’on est peu habitué à mettre en lumière, un petit pays qui a pourtant des capacités incroyables. Un vrai bonheur !

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Loov Kultuur, jusqu’au 21 janvier 2018
Entrée de la Cité (34 Quai d’Austerlitz), Studio, Galerie d’actualité, Atrium, Quai
Tous les jours de 14h à 18h, fermé le mardi, les 25 décembre 2017 et 1er janvier 2018
Tarif : 5€, tarif réduit : 4€ (étudiants, groupes, moins de 18 ans, seniors), gratuit pour les moins de 12 ans

Programme autour de l’exposition à retrouver -> ici.

 

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.