Le festival américain itinérant Lollapalooza a posé pour la première fois ses bagages à Paris les 22 et 23 juillet 2017 à l’Hippodrome de Longchamp, avec entre autres les Red Hot Chili Peppers, The Weeknd, Lana Del Rey ou encore Imagine Dragons. Quel bilan tirer de cette édition prestigieuse et attendue ?

Si Live Nation France, les organisateurs du Lollapalooza Paris, espérait atteindre les 120 000 participants, ce sont finalement 110 000 festivaliers qui ont foulé ce week-end des 22 et 23 juillet la pelouse asséchée de l’Hippodrome de Longchamp. Retour sur ces deux jours placés sous le signe de la musique, mais pas seulement…

Un public jeune pour un festival ancien

Des myriades de fleurs dans les cheveux, des tenues excentriques, des torses imberbes, quelques signes distinctifs entre amis, une perruque rose fluo, un déguisement de licorne… L’ambiance était jeune (très jeune) et détendue au Lollapalooza en ce samedi après-midi.
On entend autour de nous énormément d’anglophones, les étrangers représentent en effet plus de la moitié du public de ce festival américain itinérant qui s’apprête à conquérir l’Europe: d’abord Berlin en 2015, puis cette année Paris.

Créé en 1991 par Perry Farrell pour faire la tournée des US avec son groupe de rock alternatif Jane’s Addiction, le Lollapalooza a bien évolué depuis, en s’ouvrant à de la musique pop, électro, hip-hop ou rap. On serait finalement bien en peine de classer la programmation musicale de cette première édition parisienne qui réunissait The Pixies, Lana Del Rey, La Femme, Liam Gallagher, Imagine Dragons, Dj Snake, London Grammar, Tess, Anna Kova, Charlie XCX ou encore I Am.

© Afterdepth / http://www.afterdepth.com

Un éclatement des publics / Jour 1

La diversité des artistes qui se disputaient la tête d’affiche a d’emblée imposé deux contraintes aux organisateurs : faire rentrer dans un planning extrêmement serré (12h30-23h30), sur quatre scènes, une cinquantaine de concerts, tout en espérant créer une émulation de groupe, une vraie communion du public face à un artiste qui, vraiment, ferait l’unanimité. Cela s’est finalement produit le dimanche soir, face aux mythiques Red Hot Chili Peppers, déjà programmés lors de la deuxième édition du Lollapalooza aux Etats-Unis en 1992.

Difficile en revanche, d’apprécier pleinement le live de London Grammar par exemple, entre les basses de la Perry’s Stage consacrée à l’électro-dance et les rires des jeunes s’amusant avec leurs bières. Pour les mélomanes et les fans inconditionnels, mieux valait être au plus près de l’Alternative Stage. Les bruits parasites ne nous ont pourtant pas empêché de vibrer au son de la voix d’Hannah Reid, d’une justesse éblouissante, et d’être bluffés par la musicalité du guitariste Dan Rothman et de Dot Major, aux claviers et à la batterie.

Hannah Reid de London Grammar – © Afterdepth / http://www.afterdepth.com

Autre coup de cœur de ce samedi, la stupéfiante LP, révélée en France avec son album Lost On You et son titre éponyme, une ballade pop-rock efficace qui met en avant sa voix écorchée. LP, très à l’aise sur scène, garde son tube pour la fin et nous embarque dans son univers, entre Bob Dylan et Cindy Lauper. Mais c’est surtout sa voix, puissante et maitrisée, qui nous surprend par sa force et ses vibrations, d’autant plus que l’artiste se donne entièrement.

On passera en revanche sur la performance de The Weeknd, entendue de loin, certes, mais qui ne semblait pas vraiment à la hauteur niveau justesse, et ce malgré l’autotune et les back-up vocals.

LP – © Nicko Guihal / http://www.nickoguihal.fr

 Rockeurs VS Diva / Jour 2

Le dimanche, les festivaliers étaient bien plus nombreux que la veille et cela peut se comprendre : on attendait en fin de journée les concerts de Liam Gallagher, Lana Del Rey, The Pixies, DJ Snake et des Red Hot Chili Peppers… Mais en milieu d’après-midi c’est autour de l’Alternative Stage où se produit le groupe I Am que la foule se presse. Si bien que certains regrettent que l’on n’ait pas placé le célèbre groupe de rappeurs marseillais sur l’une des deux grandes scènes.

Lorsque Liam Gallagher, ancien chanteur d’Oasis, entre quant à lui sur la Main Stage 2, il porte toujours son imperméable et son air boudeur, mais nous fait le cadeau d’interpréter, au dernier moment, Wonderwall en guitare-voix. Une heureuse surprise qui fait chanter la foule, rejointe par les voix des fans de The Pixies postés près de la scène voisine. Après le départ de Liam, ce sont cette fois les chansons de The Pixies qui résonnent dans cette partie de l’Hippodrome. Un set enflammé qui s’achève en beauté sur le tube Where Is My Mind. Et tandis que la scène s’éteint, une autre s’allume…

Liam Gallagher – © Nicko Guihal / http://www.nickoguihal.fr

Mieux valait venir en avance pour écouter la chanteuse New-Yorkaise Lana Del Rey. La foule est compacte, essentiellement féminine et anglophone. Les fleurs dans les cheveux, c’était peut-être pour elle. Lorsque Lana arrive sur scène, vêtue d’une robe bleue d’été et d’une coiffure à la Amy Winehouse, on croirait une pin-up sortie tout droit d’un calendrier des années 50. On avait peur de la trouver froide et distante, mais Lana sourit, visiblement touchée d’être ici, se permettant même d’aller signer des autographes et de prendre quelques selfies avec ses fans entre deux chansons. Mi-ange, mi-diva, Lana Del Rey fait la moue, impose ses désirs et son timing aux musiciens mais rayonne par son charisme et sa voix, langoureuse et envoûtante.
Le show est réussi, avec de superbes vidéos en fond de scène. On peut toutefois regretter la présence inutile des deux choristes qui chantent finalement peu mais se trémoussent beaucoup. La setlist quant à elle, n’a pas déçu les fans : Blue Jeans, Born To Die, Video Games mais aussi Ultraviolence, Ride, Summertime Sadness et, de son nouvel album, les très beaux Cherry, White Mustang et Love, joué pour l’occasion en acoustique. Si tout le monde espérait que The Weeknd rejoindrait la chanteuse pour Lust For Life, leur duo événement, c’est finalement sur Off to The Races que Lana choisit d’achever son show.

Lana Del Rey – © Nicko Guihal / http://www.nickoguihal.fr

A peine le temps de se remettre de cette prestation que les Red Hot Chili Peppers s’apprêtent déjà à mettre le feu à la Main Stage 1 sous une pluie joyeuse. Entre maitrise et énergie, les virtuoses du rock californien ont remporté tous les suffrages, excepté peut-être celui des fans de DJ Snake qui jouait en même temps à l’autre bout de l’Hippodrome. Une première édition qui s’achève donc en beauté, malgré quelques regrets.

© Nicko Guihal / http://www.nickoguihal.fr

Les points positifs :
– Une programmation de qualité et variée, même si l’on espère un peu plus de Français  à l’affiche de la prochaine édition.
– Un système de navettes efficace pour transporter les festivaliers depuis les principaux arrêts de métro voisins de l’Hippodrome.
– Une sécurité optimale, avec une grande fluidité aux points d’entrée du festival.
– Un décor soigné avec tour Eiffel miniature, des logos géants et des bulles de savon pour vous accueillir.
– Une offre de restauration variée et plusieurs activités et animations comme le Levi’s Store, le simulateur de chute libre, les jeux d’arcade ou encore la Greenroom et ses dancefloors.

Les points négatifs :
– Un festival qui coûte cher : 80€ le pass 1 jour et 150€ le pass 2 jours.
– A l’intérieur aussi, les prix s’envolent (12€ le burger, 4€ le Coca) et l’on est obligés de payer via le système Cashless, qui ponctionne 1€ lors de l’activation.
– Un timing très serré qui oblige les concerts à se chevaucher et le festivalier à faire des choix, tout en laissant peu de temps pour flâner.
– Des files d’attente infiniment longues pour se rendre aux toilettes ! Après avoir présenté  leurs excuses, les organisateurs ont corrigé le tir pour la deuxième journée en ajoutant des sanitaires : ouf !
– Un son pas toujours optimal, surtout sur l’Alternative Stage située au centre du festival.

Une nouvelle édition de Lollapalooza Paris est d’ores et déjà prévue pour 2018, avec peut-être un festival sur trois jours au lieu de deux. Histoire à suivre…

© Nicko Guihal / http://www.nickoguihal.fr

Retrouvez plus de photos de Lollapalooza Paris 2017 sur la page Facebook et le compte Instagram du festival.

Photo de couverture : © Afterdepth / http://www.afterdepth.com

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