Le Japan Connection Festival s’est posé à Paris du 9 au 11 mai cette année, et les musiques électroniques japonaises ont effectivement été mises à l’honneur. Untitled Magazine était sur place et vous raconte son expérience à la Gaîté Lyrique. 

Pendant 3 jours, la Gaîté Lyrique a été investie par l’ambiance particulière d’un festival atypique pour la capitale française: le Japan Connection Festival. Le premier soir, les spectateurs ont eu la chance de pouvoir assister à deux concerts bien différents mais à l’articulation logique. La soirée s’ouvre avec le trio live Soichi Terada, Kuniyuki Takahashi et Sauce81, trois styles alliés pour une improvisation, bel hommage à la house music et à toutes ses facettes. Le concert était suivi d’un set du Français Hugo LX, parrain de cette première édition, propose aux spectateurs une sélection inédite de ses disques japonais pour nous mettre dans l’ambiance de la dance culture nipponne.

La deuxième journée a été marquée par le set électro de Satoshi Tomiie, qui jouait pour la première fois à Paris (beaucoup de premières pendant le festival!). Le set a été suivi du concert attendu de Dip in the Pool, légende pop japonaise des années 80 qui jouait également pour la première fois en France. L’engouement pour le Japon permet de redécouvrir ce genre de groupes des décennies plus tard, et c’est vraiment un des grands mérites de ce festival.

Crédit: Le Viet Photography

Untitled Magazine a assisté au dernier jour du festival. Le premier constat est évidemment positif puisque le lieu de la Gaîté Lyrique est très agréable avec ces grandes salles et décors à la fois traditionnels mais aussi modernes. Le festival avait eu la bonne idée de proposer toute une série de stands avec des boissons et nourritures japonaises, un atelier pour peindre sur son propre éventail japonais, des boutiques indépendantes spécialisées dans les produits nippons ou encore une sélection de vinyles des meilleures pépites du pays à l’honneur.

La soirée s’est ouverte par le set de Toshio Matsuura, grand DJ japonais spécialiste de jazz et d’électro. A la manière d’un Flying Lotus, il a habilement su mélanger les deux genres et proposer un set parfait pour montrer ses influences musicales. Lui-même musicien de jazz, son concert a été un plaisir indéniable pour tout amateur de cette musique ouvert à ses nouvelles évolutions, notamment électroniques.

La soirée s’est poursuivie, et terminée, par le set de Kuniyuki Takahashi, Joe Claussell et Fumio Itabashi. Le trio se produisait pour une première mondiale au festival, et il ne fallait pas rater ça. Deux heures d’improvisions électroniques et jazz, avec un spécialiste de musique électronique/expérimentale comme Kuniyuki, une légende de la house new-yorkaise comme Joe Claussell et un pianiste de jazz virtuose comme Fumio Itabashi, on peut vous assurer que l’expérience était intense, parfois psychédélique, parfois dansante et parfois très émouvante (notamment le solo de piano d’une vingtaine de minutes de Itabashi qui a sans aucun doute été un grand moment).

Crédit: Le Viet Photography

Il faut aussi rendre hommage à Akiko Nakayama, artiste visuelle qui a illuminé tout le festival par ses créations artistiques pendant les concerts, appelées « live painting ». Grâce à un rétro-projecteur connecté à l’écran géant derrière les artistes, Akiko, discrète sur le côté de la scène, a complètement sublimé les performances à l’aide de différents matériaux: sable, eau, peinture, bière (!), etc. Vraiment un énorme plaisir d’observer l’évolution de ses créations éphémères, en noir et blanc ou tout en couleur. Magnifique !

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Le bémol que l’on pourrait ajouter par contre, c’est que ce genre de concerts improvisés et très ouverts musicalement fait que certaines parties de l’audience ont pu être désarçonnées, notamment par les parties plus jazz et ambiantes. On n’a pas pu s’empêcher de remarquer un peu d’exaspération et de frustration de la part de certains spectateurs étant visiblement venus pour danser, voir « clubber »…

Mise à part cela, le festival a été une vraie réussite et on a déjà hâte d’assister à la deuxième édition, en espérant que les organisateurs gardent l’ouverture musicale qui nous a parue si intéressante pour cette première édition. En attendant l’année prochaine, une playlist est disponible sur Spotify :