Du 1er au 3 juillet, une cinquantaine d’artistes pop, rock, hip-hop, rap, électro et musiques du monde se sont produits sur les scènes du site du lac du Malsaucy. Cette 28e édition a affiché complet pour la cinquième année consécutive avec 104 000 entrées écoulées. Untitled Mag vous raconte la première soirée des Eurockéennes de Belfort édition 2016. 

C’est un incontournable des festivals de l’été dans l’hexagone. Chaque année, la programmation est ambitieuse et l’enthousiasme contagieux. En plus, cette année, le beau temps était annoncé à l’Est du pays. C’est donc sourire aux lèvres que nous nous sommes rendus à la soirée d’ouverture des Eurocks 2016.

Depuis la gare de Lyon, nous avons embarqué à bord du TGV Live spécial Eurockéennes. La SNCF est un partenaire de longue date du festival. A cette occasion, comme l’année dernière, l’entreprise ferroviaire a programmé la venue d’un groupe annoncé dans le TGV. A 11h23 le train N°670 direction Belfort s’est mis en marche. Plusieurs dizaines de minutes plus tard, l’annonce est faite : rendez-vous en voiture bar en compagnie de Bagarre pour un concert en avant-première. Un groupe du label Entreprise, tout comme Grand Blanc, rencontrés l’année dernière. Le DJ set démarre avec le titre « Yeah » de Usher, histoire de réchauffer l’ambiance du wagon. S’en suit une reprise de « Hotline Bling » de Drake en Français : « Tu m’appelais sur mon téléphone… ». L’adaptation est drôle et réussie. Les cinq artistes, vêtus de leur veste Adidas, peuvent commencer à jouer les titres tirés de leur dernier EP « Musique de club ». Tour à tour, les membres du groupe viennent défendre leurs titres au sonorités techno, house et hip hop : « Bonsoir », « Claque-Le », « Le gouffre », « Ris pas ». Bagarre termine le show avec son vibrant morceau « Mourir au club » (dernières secondes visibles dans le tweet ci-dessous), avant de nous laisser avec trois musiques de club.

https://twitter.com/BarbierTess/status/748999440900521985

Un titre house avec des saxophones puis un classique de Snoop Dogg. La surprise est totale avec la dernière chanson qui n’est autre que « Kalash » de Booba aka B2oba en featuring avec Kaaris. Un climat incongru : on voit circuler des passagers âgés venus se restaurer au rythme du titre rap : « Ma question préférée qu’est-ce que j’vais faire de tout cet oseille ?! ».

Arrivée sur le site de Belfort

Retour au calme avec l’arrivée du train en gare de Belfort Montbeliard à 14h. A la sortie, on peut rejoindre les navettes locales en direction des Eurockéennes qui circulent toutes les 30 minutes. Une correspondance est à prévoir pour rejoindre le camping. Après 40 minutes de trajet, l’itinéraire se termine à pied. En prolongeant la frontière du camping, on voit des festivaliers avec la caravane déjà installée, système son en place, bières et chapeau de paille sortis. Il est 15h et l’apéro a déjà commencé pour la plupart. D’autres, transportent tant bien que mal glacières, pack d’eau, de bières et tentes sur le chemin. On croise même un canapé en cuir. Avec le pass jour, le camping est inclus. Un festivalier sur quatre dort au camping des Eurocks. Celui-ci peut accueillir jusqu’à 18 000 festivaliers. Pas de règles : premier arrivé, premier servi. Les retardataires doivent donc marcher plus longtemps pour installer leur campement. Exceptés ceux ayant réservé des tipis ou autres tentes plus confortables mises à la location par l’organisation.

Le soleil est au zénith, cette journée de festival a des airs de vacances. Direction les navettes pour atteindre le site du festival. L’attente est courte et le trajet rapide. Le site du lac du Malsaucy est un lieu bucolique. Une plage de sable fin borde l’étang de 55 hectares.

The LAST SHADOW PUPPETS POur OUVRIR le BAL

20h15, l’heure pour The Last Shadow Puppets de donner le premier concert sur la Grande Scène des Eurockéennes. Comme unique décor, un rideau orange en arrière plan. Comme à chaque début de concert, les cordes prennent place avant qu’une mystique mélodie -que l’on entend à la fin des titres « The Chamber » ou « The Black Pant »- introduise l’arrivée du groupe sur scène. La différence de style du duo est bien présente : Miles Kane, bad boy, apparait crâne rasé vêtu de son sweat Adidas blanc à trois bandes tandis qu’Alex, dandy, garde ses cheveux mi-longs tirés en arrière, chemise noire ouverte et pantalon gris coupé. Les musiciens, eux, sont habillés avec plus de classe. Les deux artistes ont joué les titres de leur dernier album Everything You’ve Come to Expect : « Bad Habits », « Aviation », « Miracle Aligner », »Dracula Teeth », »Sweet Dreams », « The Element Of Surprise »…  Ils n’ont pas pour autant oublié leur incontournable premier disque The Age of the Understatement avec « Only The Truth », « My Mistakes Were Made For You » ou encore l’entêtant « The Meeting Place ».

Le duo était ensuite déchainé sur la reprise de « Totally Wired » (The Fall). L’occasion d’entendre la puissante voix nasillarde de Miles Kane. Le leader des Articks Monkeys n’a pas été avare de déhanchés sur scène, dans une démarche hasardeuse, laissant douter sur sa sobriété. Il a d’ailleurs bien amusé le public lorsqu’il jouait avec la caméra officielle du festival, tête en premier plan, allongé sur scène. Il nous a aussi fait part de son vocabulaire en français : « Bonsoir », « Merci Belfort » et « Comment ça s’écrit ? », auquel le public répondait en chœur : « T-L-S-P !!! ». En quittant la scène Miles Kane s’est moqué de son acolyte. Alex est alors revenu sur scène pour un rappel : le titre « In My Room ».

Mais s’il fallait retenir un moment de ce concert, c’est sans hésitation la reprise de « Moonage Daydream », titre rock issu du répertoire du défunt David Bowie. Avec Alex Turner au micro et Miles Kane à la guitare, la symbiose est parfaite. Voyez par vous-mêmes les déhanchés d’Alex sur le solo assuré de Miles Kane. Mémorable.

https://www.youtube.com/watch?v=KGsgySnS0tc

Découverte des stands des partenaires

Le concert terminé, direction les stands. SNCF avait mis en place une roue de la fortune avec en premier lot : un billet de TGV. Un cadeau remporté par notre reporter Cyril, qui s’est vu remettre un bon de 45 euros pour tout achat de billet de train dans l’année. Deezer volait à la rescousse de nos batteries de portable avec un stand de recharge. Seule condition : être abonné premium ou bien laisser son adresse mail. Le stand Samsung proposait quant à lui une expérience de réalité virtuelle : vivre un moment live en simultané du Main Square Festival, autre gros festival français qui se tient à Arras chaque premier week-end de juillet. Nous avons testé l’expérience avec le show de Years & Years et l’effet 360° est très impressionnant.

© Cyril Coantiec
© Cyril Coantiec

Du côté des stands de nourriture, on avait le choix entre les crêpes bretonnes, du tex mex, des sandwich Daunat ou encore le classique hot dog sauce ketchup mayo.

Soirée Disco-House à La Plage

Il est 22h20, le show tant attendu de Breakbot ne va pas tarder à débuter. Direction La Plage et son cadre idéal pour un concert disco plein de couleurs. En costume blanc, cheveux longs, Breakbot nous joue les premières notes de « Back for more ». Il n’en faut pas plus au chanteur Irfane pour débarquer sur scène à travers une épaisse brume, vêtu de son fidèle costume bleu clair. En ligne de mire, le tout nouvel et second album « Still Waters » et les tubes du premier disque By your side. Pour les accompagner sur les nouveaux comme les anciens morceaux : la chanteuse Yasmin, séduisante dans son legging noir luisant, talons haut et crinière lissée. Les emplacements de la scène forment des blocs surélevés. De cette façon, chaque artiste, batteur comme guitariste, est mis en avant.

Les jeux de lumières sont superbes. En terme de scénographie, Breakbot a toujours su y faire. Le groove de la guitare se fond à merveille avec les boucles rythmiques. Le DJ nous rappelle qu’il a bien sa place au sein du label Ed Banger Records. Une heure durant, le public de La Plage se déhanche au rythme disco de « One of Two », « Fantasy », « Get lost », « My Toy », « Arrested » ou encore le culte « Baby I’m Yours ». Un vrai spectacle pour les yeux et les oreilles.

La transition est parfaite pour voir sur scène une autre pointure française de la musique électronique. Darius a pris place sur le scène La Plage à 23h45.

© Tess Barbier
© Tess Barbier

Le Bordelais de 26 ans a assuré le show pendant une heure, transformant le parterre de sable en véritable dancefloor électro. La prestation est également très visuelle : les rayons lumineux traversent la foule tels des lasers. Impossible de ne pas danser sur le sensuel « Hot Hands » ou le rythmique « Espoir », issus de son EP Romance. L’artiste termine avec son titre le plus connu, « Maliblue ». Une performance house à souhait.

Une fin en apothéose à la Grande scène 

Il est 1h30 du matin, Mr Oizo alias Quentin Dupieux est la dernière tête d’affiche a prendre place sur la Grande scène. Le public est au rendez-vous. Et certains arborent même le masque de la mascotte en peluche jaune. Le Dj ambiance la foule jusque l’averse tombée vers 2h du matin. Beaucoup de festivaliers troquent alors leur chapeau de paille pour un poncho ou un k-way. D’autres résistent à la courte pluie torrentielle. A force de transition tirées de son titre « Positif », « Vous êtes des animaux » résonne entre un remix des Daft Punk, de « Tetra » de Sebastian et de « Viol » de Gesaffelstein.

La soirée s’est donc terminée, l’heure pour nous de rejoindre les navettes et l’attente qu’elles engendrent, sous la pluie. Une première soirée géniale malgré l’apparition de la pluie en plein milieu de la soirée. Le festival a écoulé tous ses billets pour les trois jours du festival, pour la cinquième année consécutive. On comprend mieux pourquoi.

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Ici pour vous parler de culture (musique, ciné, théâtre...), mais aussi de mes rencontres avec les autres cultures.