Pour ce troisième et dernier jour au Mama Festival, nous nous sommes rendus aux concerts de Samba de la Muerte, La Fine Equipe, Dantone et Jake Isaac.

Samba de la Muerte c’est le projet porté par Adrien Leprêtre. Hyperactif de la musique, il n’en est pas à son premier projet, Concrete Knives et Kuage, ayant déjà vu le jour depuis quelques années. Alors Samba c’est un peu son nouveau bébé. Un projet plus personnel, plus intime, dans lequel il s’inspire de ses itinérances autour du monde pour faire naitre une musique aux multiples facettes : coloré, riante mais aussi mélancolique parfois sombre. Dans son premier album Colors, totalement auto-produit il nous présente dix titres, dix pépites riches aux sonorités pop-indie et électronique. En live il est accompagné de trois musiciens (synthés, guitares). Arrangements riches, énergie folle et aisance scénique, la performance vaut le détour. Et qui ne connaît pas repart conquis par ces sons venus d’ailleurs. Sur les planches, la musique se veut plus tranchée, plus bousculante mais ce sont bel et bien les mélodies qui entrainent et terminent de nous emporter.

Direction la Cigale pour assister au show de La Fine Equipe. Le quatuor de DJ’s, composé de Blanka, Chomsk’, Mr Gib et Oogo, se sont faits connaître grâce à leurs compilations « La Boulangerie ». Signé sur le label de Fakear, Nowadays Records, ils ont multiplié les collaborations avec de prestigieux artistes dont Superpoze, 20 Syl et Everydayz. Reconnus pour leurs productions léchées et originales, savant mélange de hip-hop et d’électro, les quatre beatmakers nous offrent un très bon live lors de cette édition 2016. Une véritable énergie se dégage de ce show. Les quatre membres n’hésitent pas à inciter la foule à lever les bras et danser. La meilleure manière de poursuivre la soirée.

C’est Au Petit Moulin que nous retrouvons Dantone. Dantone, c’est Clément Humeau, son clavier, sa guitare et sa poésie. Lové sous les arches de cette toute petite salle, faiblement éclairé par deux ampoules et les yeux rivés au sol, Dantone nous prouve que son talent ne se cantonne pas aux enregistrements. Il est très touchant en live, petite chose fragile qui nous berce de sa voix profonde et nous entraîne dans un univers qui fait répondre aux mélodies à la Mac DeMarco une poésie simple mais efficace. L’atmosphère est cotonneuse et Dantone enchaine très sobrement les titres de son premier EP Rosemarine. Un concert plein de délicatesse, qui nous fait entrevoir le soleil sous les rideaux de pluie.

Nous finissons par le concert de Jake Isaac alors qu’il a déjà commencé à interpréter sa première chanson. Et l’énergie qui emplit la salle nous prend au cœur. Les gens se dandinent, chantonnent, clapent des mains et sourient à pleines dents… Une atmosphère vivante qui n’a pas été majoritaire pendant le festival, et cela fait un bien fou. Il faut bien reconnaître que Jake Isaac sait bien mener sa barque. Le chanteur/compositeur londonien a plus d’une corde à son arc : des sérénades mélancoliques aux ballades folk énergiques, on retrouve un peu de Ray Charles ou des Temptations dans la voix rugueuse de cet artiste à l’énergie communicative. Il emmène un public réceptif dans un folk qui se fait tour à tour nerveux puis déchirant, lorsqu’il se donne sur scène ou qu’il nous rejoint pour entamer une chanson dans la foule : un concert plein de bonnes vibes qui aura su réunir les plus réticents !

Julie Elisabeth Albesa, Jordie Boillereau & Cyril Coantiec