Pour ce deuxième jour au Mama Festival, nous avons vagabondé entre les shows de Louis-Jean Cormier, Art of Shades, Fyfe, Rocky, Les Gordon et The Academic… Encore une belle soirée proposée par le festival parisien, malgré quelques concerts qui nous laissent une impression mitigée. 

L’accent charmant et la poésie facile, Louis-Jean Cormier est un produit tout droit venu du pays de l’érable. Très connu au Québec (il y est même animateur de l’équivalent de The Voice) il vient pour la première fois de sa carrière défendre un album en France : Les Grandes Artères. On le retrouve donc aux « Trois bidets » (grand amateur d’humour..) pour un concert fédérateur. Entre deux incartades blagueuses, il interprète le sourire aux lèvres les plus beaux titres de l’album, de la romantique Si tu reviens à la plus politique La Fanfare. Le public, ravi de faire partie des Happy few n’ayant pas été recalés à l’entrée d’une salle déjà bondée, l’ovationne et l’acclame avec joie. Un concert plein de bonne humeur et de poésie, porté par la personnalité rayonnante d’un artiste à suivre.

Direction la Machine du Moulin Rouge, pour bouger sous le rythme endiablé de Art of Shades. Agé de seulement 21 ans, le jeune DJ et producteur franco-italien fait déjà partis de toutes les folles soirées parisiennes. Grand adepte d’une électro synthétique et aérienne, le jeune producteur de chez Art of Shades nous fait voyager à travers chacune de ses compositions. Jazz, trap, Hip-Hop, il aime mélanger toutes les musiques dans ces compositions.

Derrière Fyfe se cache le musicien anglais Paul Dixon, 25 ans. D’abord connu sous le nom de David’s Lyre, ses premiers morceaux lui valent les louanges de la presse anglaise mais déplait fortement à son label (Mercury Records) dont il est gentiment évincé. Seul, il décide alors de mettre en ligne ses morceaux –notamment le remarqué Solace– sous son nouveau nom : Fyfe. Un bouche à oreille et l’aventure commence. Une musique piochée dans l’électronique, le rap, la pop ou la soul dont nait des ballades tendres, langoureuses et modernes. Un mélange savoureux et créatif entre beats électroniques et voix. Sur la scène du MaMA le groupe est efficace mais pas transcendant. La salle de la Cigale pourtant quasi comble, il reste dans la retenue. L’énergie se disperse pour laisser place à la douceur pure des mélodies et des instruments (guitare, batterie) sans décoller réellement.

 

Oubliez le nom de ce boxeur américain joué par Sylvester Stalone. Rocky c’est avant tout un groupe. Un groupe français (trois garçons, une fille) possédé par la musique et distributeur de good vibes. Sur des sons disco, pop/funk, la chanteuse Ines Kokou pose sa voix majestueuse et propulse dans l’univers enchanté des eighties. Leur album « Soft Machines » -co-produit par la moitié de The Shoes (Guillaume Brière)– sonne véritablement pop avec une place importante laissée aux instruments, tel que le saxophone, et des rythmiques proches de celles de LCD Soundsystem ou New Order. Leur force ? Mettre littéralement le feu sur scène. Grâce à la présence charismatique de sa chanteuse à la voix de velours, la troupe enivre de sa musique. Un véritable groupe de scène, à l’aise et énergique. À voir et revoir.

Ensuite, direction le Backstage by the mill pour retrouver un groupe de jeunes Irlandais. The Academic est un groupe adorable, avec une folle énergie sur scène et des looks 100% rock british (Jean slim, converse et veste en velours). Pourtant, leur musique manque cruellement de maturité. Ils enchaînent du remâché, et, si toutes leurs compositions sont originales, nous ne découvrons pas grand chose de nouveau. Avec des morceaux comme Different ou Northern Boy, le show est assuré mais la qualité musicale n’est pas vraiment de mise. Un moment agréable, mais pas mémorable !

 

Souvent rapproché de Superpoze ou Fakear, il n’a pourtant rien à envier à ces deux artistes. Le rennais Les Gordon possède en effet un univers singulier où performance électronique se marie avec goût du voyage. Des accords harmonieux et mélancoliques que l’amoureux des cordes transcrit avec brio par l’utilisation de sampling de ukelélé, violoncelle ou autoharpe. Signé sous le label Nowadays Records (La Fine Equipe, Douchka), le beatmaker livre un son envoûtant et électrique. Dans la salle du Carmen, l’ambiance est plutôt guindée. Cocktails hors de prix, public de trentenaires branchés. Heureusement, Les Gordon développe un flow chill détendu qui fait très vite oublier le décor. Pour la première de son nouveau live et malgré son stress, Marc emporte facilement son public dans son voyage mélodieux.

Jordie Boillereau, Julie Elisabeth Albesa & Marie Heckenbenner. 

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