Jupiter & Okwess est un groupe de d’afro-funk congolais, découvert en 2006 grâce à Jupiter’s Dance, documentaire consacré à la nouvelle scène musicale de Kinshasa. Il plonge la musique traditionnelle dans un univers plus actuel. Jupiter, le chanteur, a pourtant grandi dans l’Allemagne divisée. Il vivait à l’est, et traversait à l’ouest tous les jours pour aller dans une école française. C’est cette enfance et les leçons qu’il en retire, qu’il chante dans The World is My Land, présent sur l’album Hotel Univers de 2013.

Nous étions présents au FGO-Barbara à Barbès ce 22 avril, où jouait le groupe, au milieu de la tournée pour leur dernier album, Kin Sonic, sorti le 3 mars dernier. Le son était de très bonne qualité et surtout, les techniciens lumière étaient très au point, s’alliant à la musique avec précision. La soirée était en fait une suite de deux concerts. D’abord les Frères Smith, puis Jupiter & Okwess. Les Frères Smith jonglaient entre afrobeat et funk, entre percussions africaines, cuivres, guitares et voix ensoleillées. De quoi nous mettre l’eau à la bouche.

Aller à un concert de Jupiter & Okwess, c’est une escapade, une ambiance à part. On est complètement accaparé par leur joie de vivre, par la chaleur de l’Afrique. Entre leur enthousiasme et leurs danses communicatrices, on ne peut qu’être heureux en leur présence. Une joie qui transparaît tout autant en live que dans leurs albums.

Des invités réputés

La pochette de Kin Sonic a été dessinée par Robert Del Naja (3D de Massive Attack). Sur cet album, on retrouve Warren Ellis, qui a fait irruption pendant le concert pour partager deux chansons avec le groupe. Le violoniste australien a obtenu en 2016 le césar de la meilleure musique pour la bande originale de Mustang. Vêtu d’un costard gris et de sa barbe immense, il tranchait avec le style coloré des Congolais. Son violon semble avoir des siècles, et pourtant le titre Pondjo Pondjo est d’une intense douceur.

Un mystère demeure : Warren Ellis a joué ses deux titres de dos… Par soucis technique, par humilité ? Face à lui, le batteur portait un masque de catch. Autre invité lors de leur concert à Paris, Yarol Poupaud, guitariste de FFF et récemment jury à la Nouvelle Star. Il s’est complètement intégré au groupe, avec un dynamisme et une complicité naturelle.

Une ode à la femme

Vient le moment d’interpréter Nzele Momi, une chanson en hommage aux femmes. Celles présentes dans la salle sont d’ailleurs invitées à monter sur scène. Une dizaine s’exécute, dansant avec engouement pendant presque cinq minutes. 

Ils finissent sur un rythme dansant interminable. Quand ils nous font croire que c’est la fin, ils relancent pour notre plus grand plaisir. Encore une fois, une partie du public a pu monter sur la scène pour partager cet enthousiasme. À coup sûr chacun a fait son sport de la journée. Personne ne veut, et même ne peut, rester immobile. Les pieds bougent tout seuls, et le reste suit.

Retrouvez leur album Kin Sonic en écoute sur Deezer.