Lior Shoov. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais si vous la croisez un jour sur scène vous aurez sans doute beaucoup de mal à l’oublier. Je me souviens l’avoir découverte pour la première fois en 2015, en première partie de Ben Mazué à La Cigale. Jamais une première partie d’artiste ne m’aura autant marquée. Mais qui est donc Lior Shoov ?

Un clown philosophe

Lior Shoov vient du monde du cirque, elle a gardé de son ancienne vie de clown des mimiques hilarantes, des répliques absurdes et une certaine posture sur scène, masculine et timide à la fois. Un clown sans fard, à fleur de peau, entière et sincère. Elle arrive sur scène en toute simplicité, affronte son public sans chercher à dissimuler son trac, marche pour se calmer et part dans une improvisation. Lior chante et aime les jeux de mots, elle joue avec le français qui n’est pas sa langue maternelle avec une spontanéité surréaliste. Pour la plupart des artistes, rien n’est plus écrit, préparé, calibré qu’un concert. Avec Lior Shoov, le récital prend des allures d’écriture automatique.

Au détour d’une chanson, elle a beau nous lancer un : « Bonsoir, je remets mon costume social, je suis normale en fait ! ». On sait déjà que ce n’est pas vrai, que Lior Shoov est à part et qu’elle cristallise là, devant nous, toutes nos émotions enfouies. Un spectacle-catharsis mais avant tout, un voyage musical inattendu.

Une musicalité rare

Sur scène, Lior Shoov joue du Ukulélé, des kalimbas, du Hang Drum, mais aussi des sonnettes, des récipients d’eau, du tuyau virevoltant et même…du sac plastique ! Chaque objet, sous les mains créatives de Lior Shoov, se transforme en instrument de musique. Une performance technique qu’accompagne sa voix grave, un peu cassée et gorgée d’émotions. L’interprétation est sensible et sincère. Elle lance un appel à la paix dans son pays Israël avec A Call for Light, un autre à la tendresse dans Caress My Skin. Chante de là où tu es est une invitation au lâcher-prise et au voyage. Mais Lior Shoov maîtrise aussi à la perfection l’humour et l’art du décalage, lorsqu’elle fait une improvisation de rap en anglais, en hébreu et en français sur la musique d’un jouet par exemple, ou reprend Big Big World d’Emilia, tube pop de la fin des nineties.

Lorsqu’à la fin du concert, une personne lui demande de chanter Voyages, Lior Shoov s’étonne : le public connaît désormais les titres de ses chansons grâce à ce très bel album réalisé avec le regretté Grégoire Gensse, compositeur et directeur musical du cirque Plume. Retranscrire sur bande la magie des concerts de Lior Shoov était un pari risqué. Pourtant, ce premier opus y parvient avec une douce majesté. Certains morceaux, étoffés d’une dizaine d’instruments, atteignent une nouvelle dimension. D’autres au contraire ont été maintenus dans l’épure. Le tout conserve cette beauté pudique, ce charme presque enfantin qui fait tout le sel de la musique de Lior Shoov.

Lior Shoov - © Nicolas Cytrynowicz
Lior Shoov – © Nicolas Cytrynowicz

Le premier album de Lior Shoov est disponible depuis le 28 avril 2017.

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Journaliste, curieuse et amoureuse des mots, j'aime partager mes découvertes musicales et artistiques sur la toile.