Avec L’Insoumis, le réalisateur de La Sociale et Les Jours heureux suit les trois derniers mois de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Avec une forme engagée sans aucune forme de spectaculaire, Gilles Perret ne parvient pas à nous passionner ni pour la personne ni pour le candidat. 

Un docu sans propagande

A l’heure ou L’Insoumis à dû faire face à quelques déboires à Marseille, dans la circonscription de Jean-Luc Mélenchon, où le directeur de la salle de cinéma Les Variétés  Jean Mizrahi a pris la décision de ne pas projeter le film car soit-disant un « panégyrique » à la gloire du leader de la FI. Il convient de rappeler que le cinéma est politique. Et qu’en tant qu’art politique, tout film est loin de constituer une propagande ou un tract quelconque, fussent-ils centrés autour d’un candidat présidentiel. La personne filmée n’influe pas la qualité cinématographique. Et quand bien même le ferait-elle, le jugement ne devrai en aucun revenir à une seule personne.

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Gilles Perret choisit bien évidemment de suivre le candidat avec lequel il a le plus d’affinités politiques. Et il ne s’en cache jamais, à sa façon d’interroger lui-même JLM sur son engagement, le réalisateur fait déjà aveu de ses opinions et de sa volonté de rentrer dans le cœur des motivations du personnage. A son orientation politique assumée se rajoute une forme de documentaire aussi historiquement très proche du cinéma militant de gauche. Sans musique, sans artifices capables de spectaculariser les images. Le documentaire contraste grandement avec celui de Yann L’Hénoret sur Emmanuel Macron. D’autant plus que l’Insoumis ne rentre ni dans les détails ni dans la vie privée de JLM.

Rien de nouveau à l’horizon

Pourtant l’accroche ne passe pas. On n’arrive pas bien à distinguer le personnage du candidat. On retrouve celui qui fut probablement le meilleur orateur de cette campagne, ses opinions tranchées et son caractère bouillant et râleur, ce qui ne manquera pas d’en exaspérer plus d’un. Et même si on perçoit les changements entre stress et sérénité du personnage, rien de nouveau ne transparaît. A trop se concentrer sur le charismatique leader, Gilles Perret en oublie de se concentrer sur son équipe. Pourtant bien présente, celle-ci semble si effacée qu’on ne la remarque même pas. Pourtant c’est à priori en grande partie elle seule responsable de la stratégie de communication sur Youtube, un grand succès du candidat. Ou encore de son apparence plus calme et posée.

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Intéressant dans sa forme, on fait grâce à L’Insoumis de la façon qu’il a de montrer son candidat sans fard. En montrant assez subtilement l’approche assez sournoise de certains médias, mais aussi le caractère qui perd JLM dans le piège de ces derniers. On le montre tel qu’il est, sans rentrer dans l’intime, avec ses qualités et ses défauts. Malheureusement pour peu qu’on connaisse un peu la personne et la campagne. Rien de nouveau n’est apporté et c’en est presque décevant. On voudrait plus d’informations, et arrêter de rester sur un personnage dont on sait déjà tout. Enfin, même si « à la guerre comme à la guerre », voir la déclaration devant la presse à la fin du premier tour plutôt que celle très enjoliveuse devant les militants aurait sûrement été plus enrichissante.

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