L’avènement avait pour date le 2 mars 2018. Le très (très) attendu premier album de L’Impératrice est désormais disponible sur toutes les plateformes. Après avoir sorti les 4 premiers morceaux du disque un à un, l’heure était venue de découvrir la totalité de l’histoire que Charles, David, Flore, Hagni, Martin et Tom souhaitaient nous raconter. Identitaire et éclectique à la fois, « Matahari » risque bien d’apporter la bassline qui manquait inconsciemment à vos jours.

Après des débuts timides en 2012, L’Impératrice a appris à gagner en assurance à mesure que des membres s’ajoutaient au projet. Aujourd’hui, on peut dire que les 6 artistes ont réussi à créer cet univers sexy et retro qui leur est foncièrement propre. Pas étonnant que le succès les ait aussi rapidement gagnés, avec une Maroquinerie puis une Gaîté Lyrique sold-out, une victoire du Prix Deezer Adami en 2016, et une tournée de plus de quarante dates avec, entre autres, des performances en première partie de Breakbot ou London Grammar.

© Parker Day

Services secrets du groove

Entre envolées pop (Paris, Ma Starlight..) et exultations disco (Matahari2), l’album dégage tout de même une atmosphère globale plutôt douce et tendre. Le titre Vacances respire la fraîcheur et l’envie d’évasion lointaine, aux Amériques par exemple, nous rappelant le titre Transatlantique de Thérapie Taxi dont on vous parlait récemment. En poursuivant vous ne tarderez pas à tomber sur la petite perle qu’est Dreaming Of You, en featuring avec Isaac Delusion, autre joyau de leur label. Ce morceau, planant et breaké à la fois, nourrit naïvement l’espoir que cet amour à sens unique soit un jour réciproque « Stone angel ; You’re a born hard breaker ; And I’m a soft hearted lover ». Mais la véritable harmonie de l’album se trouve finalement au cœur de l’utilisation passionnelle de synthés moog et instruments analogiques, assaisonnant leur musique de celle des 70s et de l’influence de formations comme Cortex ou Air, à laquelle on parsèmerait allègrement la disco de Sister Sledge, ou de CHIC.

Une musique qui s’admire

Profondément cinématographique, la musique de l’Impératrice n’en est que plus habitée par ces images qu’elle véhicule, comme l’idée de « l’ignorance de l’univers » de Stanley Kubrick avec Balade Fantôme. Par ailleurs, le clip d’Erreur 404, créé en rotoscopie à partir de vieux romans-photos italiens des années 70, raconte lui aussi une histoire de rupture amoureuse, allant au-delà de la musique elle-même. Sans parler du nom donné à l’album, « Matahari », faisant référence à la danseuse et courtisane hollandaise fusillée pour espionnage pendant la 1ère guerre mondiale, magnifiquement retranscrit dans le clip du titre éponyme dont nous avions consacré un article la semaine dernière.

Savoir s’entourer

Cela fait désormais un an que le groupe travaille sur cet album, enregistré et mixé notamment chez Renaud Létang (Feist, Gonzales, Manu Chao… etc.). Tout en désirant rester sur un label indé (la petite famille répondant au doux nom de microqlima) ils ont su occasionner des collaborations impressionnantes, à commencer par Mat Maitland, le brillant artiste aux collages surréalistes, pour la pochette de l’album. Il en parle ainsi : « The character seen in the image can never be truly revealed and is there to service the viewer’s own fantasy and narrative. ». La contribution la plus prestigieuse fut cependant celle de Eumir Deodato, musicien et producteur brésilien de légende considéré comme le père du « jazz-funk » ayant travaillé avec Aretha Franklin, Kool & The Gang ou Frank Sinatra. Il explique dans une interview pour Brain que l’Impératrice a « un grand sens du beat. Leur son m’a ramené à ces années disco, mais avec une production moderne. J’ai tout de suite eu plein d’idées. […] Quand j’ai entendu le résultat, j’ai adoré. Je suis sûr qu’ils vont casser la baraque. De toute façon, je te l’ai dit, les Français sont les rois du disco ! ».

© Microqlima / Mat Maitland

La cour de Sa Majesté est désormais priée d’aller à sa rencontre lors de sa tournée 2018, débutant, ironiquement, à Versailles.

16.03 — Versailles, Théâtre Montansier
17.03 — Lille, Les Paradis Artificiels
21.03 — Rennes, Ubu
22.03 — Bordeaux, Krakatoa
23.03 — Niort, Festival Nouvelle(s) Scène(s)
24.03 — La Roche-sur-Yon – Fuzz’Yon
28.03 — Strasbourg, La Laiterie
03.04 — Casino de Paris
04.04 — Casino de paris (COMPLET)
05.04 — Nancy, L’Autre Canal
12.04 — Lyon, Transbordeur
13.04 — Montpellier, Rockstore
14.04 — Toulouse, Metronum
01.05 — Bruxelles, Les Nuits Botanique
17.05 — Rezé, Barakason
29.08 — C/O Pop Festival, Cologne

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