« Les saisons de maia flore » by quand les fleurs nous sauvent,  présente jusqu’au 28 mars plusieurs photographies qui amènent à la frontière entre le rêve et la réalité. Au seuil du terrier du lapin blanc, nous attend l’artiste, en funambule, dévoilant l’autre côté du miroir, l’autre côté des tableaux, grâce à ses clichés et dessins préparatoires qui viennent en complément des œuvres.

Maia Flore et…

Voici une exposition flottante hors du temps. Une exposition qui égrène les saisons et, pourtant, les présentes toutes à la fois, suspendues dans le temps tout comme le corps de Maia Flore. Centré dans ses photographies, il est semble en flottaison, dans de surprenantes propositions, comme s’il hésitait à se laisser aller au sommeil ou au mouvement, entre rêve et réalité.

vues de l’exposition « les saisons de maia flore » by quand les fleurs nous sauvent, 2021.

Dès le début de sa carrière, l’artiste abordait cette thématique du rêve éveillé avec sa série « sleep elevation » dont on retrouve des fragments dans l’exposition. Cette série avait été inspirée par la citation « Those who dream by day are cognizant of many things which escape those who dream only by night » d’Edgar Allan Poe. Ainsi, le travail de Maia Flora a toujours été une ode à l’esprit, à l’évasion de l’esprit.

Les postures surprenantes dans lesquels elle illustre son corps représentent cet esprit insaisissable, noyé dans les voiles de ses vêtements, dans ses cheveux, dans l’herbe, les fleurs ou la neige, le visage invisible. Si bien, que le public peut se projeter dans cette étrange silhouette qui compose avec la nature, comme une ponctuation au paysage. Dans ce non-temps, ce presque non-lieu, la nature est sublimée sans être fantasmée.

Maia Flore, Bretagne, 80x100cm, édition de 7© Maia Flore:VU’

…les quatre saisons

Rêverie et flore se mêlent alors tout au long de l’exposition, répondant au jeu des quatre saisons.
Pourtant, malgré cette temporalité affirmée par le titre de l’exposition, les frontières du temps sont encore flouées : sont proposées en regard des œuvres de Maia Flore des reproductions de Pieter Casteels (artiste), Henry Fletcher (graveur) et Robert Furber (pépiniériste). En effet, ces gravures ont été créées en 1731 puis rééditées vers 1930 – alors dédiées à des magazines de vente par correspondance qui permettaient d’acheter les graines des fleurs présentées dans les bouquets gravés – et enfin, exposées aujourd’hui. Les passés des œuvres se mêlent à leur réutilisation contemporaine.
Les mois sont comptés, chaque mois possédant sa gravure dédiée, mais le temps dérive à nouveau : Pierre Banchereau imagine une composition florale colorée, un « treizième mois », juxtaposant et encrant des fleurs non pas issues des mêmes saisons.

Maia Flore, Jardin jaune, 80x120cm, édition de 5 © Maia Flore:VU’

Maia Flore écrit un poème, inspiré par la thématique de l’exposition qui berçait déjà les dessins qu’elle faisait dans son enfance :

« Qui a fait les saisons ? Qui a fait l’hiver, l’été, l’automne et le printemps ?
La saison des amours, les saisons de Vivaldi, une saison en Enfer […]« 


Les saisons de maia flore
quand les fleurs nous sauvent
sur rendez-vous 
uniquement : https://www.quandlesfleursnoussauvent.com/
Jusqu’au 25 avril 2021
galerie 5 rue jacques callot
Paris VI

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