A la fin de chaque année, il est temps de revenir sur les albums les plus marquants de cette année 2020. Pour vous, Untitled Magazine a tenté de faire un classement. Evidemment toujours trop arbitraire de choisir entre de si nombreuses belles sorties, nous avons tout de même réussi à faire ce petit top qui se veut éclectique afin que chacun puisse trouver quelque chose de nouveau à se mettre entre les oreilles et peut-être découvrir un.e nouvel.le artiste favori.e. Bien sûr, comme chaque top, c’est très subjectif et reflète surtout les goûts de son auteur, mais chaque amateur.e de musique le sait déjà et pourra quand même confronter cette sélection à ses goûts personnels. Bonne écoute !

  1. Matthew Halsall – Salute To The Sun (Gondwana Records)

Jazz champêtre.

Très beau disque, certes jazz dans son essence, mais qui se révèle très onirique et bucolique, bien loin des centres villes et club dans lesquels cette musique est caractérisée classiquement. Accessible et touchant !

 

  1. Jonathan Fitoussi – Plein Soleil (Obliques/Transversales Disques)

Revival ambiant électro.

Jonathan Fitoussi livre ici un album avec de gros sons de synthés « old school », en restituant avant tout une ambiance sonore plutôt que de produire des instrumentaux seulement là pour envoyer du rythme. Un disque où il fait bon s’immerger.

 

  1. Green-House – Six Songs For Invisible Garden (Leaving Records)

Ambiant minimaliste dans les champs.

A la manière de disques classiques comme Plantasia de Mort Garson, Green-House sort un album plein d’appréciation pour les sons issus du field-recording, c’est-à-dire l’enregistrement de sons dans différents espaces comme des champs, la forêt, la plage etc. Un très joli album minimaliste qui vous accompagnera tant en musique de fond qu’en écoute attentive.

 

  1. Caribou – Suddenly (City Slang)

Le retour d’un maître de l’électro « pop ».

Après plusieurs albums en passe de devenir des disques incontournables de la musique électro des années 2010, Caribou revient ici avec Suddenly. Rien de véritablement surprenant dans ces chansons de la part de cet artiste, mais un album très solide qui devrait convaincre tout le monde.

 

  1. Yaeji – What We Drew (XL Recordings)

L’avant-garde de la musique électronique.

Première mixtape pour Yaeji, l’artiste koréenne-américaine, qui fait mouche. Après plusieurs écoutes, on se rend compte de la subtilité et de toute l’originalité de ce disque très impressionnant pour un premier essai. On attend la suite !

 

  1. Caleb Landry Jones – The Mother Stone (Sacred Bones Records)

Garage rock théâtral.

Caleb Landry Jones est d’habitude connu pour ses talents d’acteur (Get Out, Twin Peaks), mais ici c’est bien de musique dont il s’agit avec un premier album rocambolesque qui n’hésite pas à parfois exagérer le trait pour faire passer le message. Un super disque qu’on n’attendait pas mais qui nous ravit !

 

  1. Kelly Lee Owens – Inner Song (Smalltown Supersound)

Electro minimale et planante.

Entre dream pop et house, Kelly Lee Owens revient avec ce deuxième album à une formule qu’elle avait élaboré dans le passé mais qui ici prend plus d’ampleur et d’importance dans la musique électronique contemporaine. Pas grand-chose à enlever à ce super disque qui sert autant à la mélancolie qu’à l’envie de danser.

 

  1. Aksak Maboul – Figures (Crammed Discs)

Pop expérimental pour goûts particuliers.

Aksak Maboul est un groupe belge culte qui produit des albums depuis plusieurs décennies, et leur retour dans cet album est merveilleux pour quiconque n’a pas peur d’agrémenter sa musique « pop » d’éléments expérimentaux inattendus.

 

  1. Sault – (Untitled) Black Is (Forever Living Originals)

Soul modern hautement politisée.

Il fait du bien de voir des groupes comme Sault exister et s’affirmer, après plusieurs albums à la fois entrainants et juste musicalement mais aussi à forte teneur politique, dénonçant le racisme systémique des sociétés occidentales. Un album à écouter pour le fond et la forme.

 

  1. Laura Marling – Song For Our Daughter (Chrysalis Records/Partisan Records)

Folk raffinée.

Laura Marling sort un des plus beaux albums folk de l’année avec ce disque très intime mais aussi intimiste dans sa présentation sonore. A écouter chez soi dans un environnement calme pour un maximum d’effets.

 

  1. Matmos – The Consuming Flame : Open Exercices in Group Form (Thrill Jockey Records)

Musique électronique expérimentale pour un projet fou.

Matmos est un duo de musique expérimentale qui depuis des années sort des albums avec des concepts plus fous les uns que les autres (un album entièrement samplé d’une machine à laver, un autre uniquement produit par des instruments en plastique…), et ce n’est pas avec ce nouvel opus qu’ils dérogent à la règle. Matmos collabore ici avec 99 artistes différents pour des chansons d’une grande diversité qui ont en commun d’être au même rythme !  Un album très surprenant et intéressant.

 

  1. Destroyer – Have We Met (Dead Oceans)

Pop funky et distingué ambiance 80’s.

Dan Bejar (aka Destroyer) est un compositeur toujours précis et étonnant tant sa discographie est dense, variée, et presque sans faute. Ici, Dan revient avec un nouvel album inspiré de ses groupes de jeunesse, en première ligne New Order, tout en gardant son côté dandy poète qui fait son charme. Encore une réussite qui mérite le détour.

 

  1. Rob Mazurek and Exploding Star Orchestra – Dimensional Stardust (International Anthem)

Jazz psychédélique et futuriste.

Le grand musicien Rob Mazurek revient dans cet album avec plein de collaborateurs pour nous jouer une musique hors du temps, entre jazz « classique » et expérimentations sonores synthétiques. A écouter pour ceux qui ont l’impression de toujours écouter le même disque de jazz et qui veulent autre chose.

 

  1. This Is The Kit – Off Off On (Rough Trade Records)

Folk/rock dans l’air du temps.

Kate Stables et son groupe n’en sont pas à leur premier essai, mais ce nouveau disque est particulièrement juste et bien écrit, le tout assorti d’une très belle production et un très beau travail des guitares et des mélodies. Un disque folk/rock sophistiqué qui devrait plaire au plus grand nombre.

 

  1. Jeff Parker – Suite for Max Brown (International Anthem)

Jazz classe.

Deuxième album pour Jeff Parker, connu entre autre pour son travail dans Tortoise, qui s’affirme comme un des meilleurs albums jazz de l’année. Varié, groovy, lorgnant parfois vers le jazz vocal, cet album est tout simplement imparable.

 

  1. Nicolas Jaar – Cenizas (Other People)

Le roi de la musique électronique sans limite.

Nicolas Jaar est de retour, et comme à son habitude il n’a pas peur d’expérimenter et de dérouter ses fans. Probablement son album le plus calme et ambiant, Cenizas n’en demeure pas moins d’une très grande richesse qui ravira les amateurs de son côté plus expérimental (les autres pourront se délecter de son album sorti sous le nom de Against All Logic !).

 

  1. King Krule – MAN ALIVE! (XL Recordings)

Jazz rap de crooner désabusé.

Arshie Marshall (aka King Krule) n’en est pas à son coup d’essai et on sent qu’il évolue toujours vers des territoires plus uniques depuis son premier album en 2013. On ne sait pas trop si c’est du jazz, du hip hop, ou de la musique punk mais on est sûr que toutes ces influences se mélangent dans des compositions sombres et étriquées avec la voix très distinctive de Marshall qui rappelle les crooners du siècle dernier.

 

  1. Autechre – SIGN / PLUS (Warp Records)

Musique électronique désincarnée d’une beauté fatale.

Le groupe mythique anglais Autechre sort deux albums à la suite en 2020, et on en avait bien besoin ! Comme toujours le duo amène sa musique électronique unique, très désincarnée et « froide », mais revient ici à une ambiance plus mélancolique qui caractérisait certaines de leurs sorties des années 1990. Les deux albums sont magistraux, mais mention spéciale pour SIGN s’il ne fallait en garder qu’un. Un très grand cru !

 

  1. Bob Dylan – Rough And Rowdy Ways (Columbia Records)

Légende vivante prix Nobel de littérature.

Pas besoin d’introduction ici, mais on peut simplement dire que Bob Dylan signe l’un des meilleurs albums de sa période 21ème siècle. On ne peut pas résumer l’immensité d’une carrière ou d’un disque comme celui-ci en quelques lignes. L’album n’est cependant pas du genre à se laisser comprendre et dompter facilement, et il faudra de la patience pour y déceler la beauté profonde.

 

  1. Alabaster Deplume – Cy and Lee : Instrumentals Vol. 1 (International Anthem)

Jazz teinté d’influences diverses.

Ce disque est l’une des grandes surprises de cette année, tant l’artiste n’avait jamais atteint un tel niveau de beauté et d’originalité auparavant. Cet album regorge d’influences « world » diverses : de la musique japonaise à différentes contées africaines, Alabaster Deplume n’a pas peur d’expérimenter et sort l’un des albums les plus réconfortants de cette année. Un vrai trésor caché.

 

  1. Fleet Foxes – Shore (Anti-)

Folk pop solaire.

Robin Pecknold des Fleet Foxes sort en 2020, contre toute-attente, son album le plus optimiste, peut-être le plus réconfortant de sa carrière. Shore regorge de chansons qui vous permettront de vous échapper de cette période sombre vers un ailleurs musical. Un disque très beau qui fait beaucoup de bien au moral grâce à ces nombreuses chansons toutes plus réussies les unes que les autres.

 

  1. Fiona Apple – Fetch the Bolt Cutters (Epic Records)

Entre minimalisme des sons et maximalisme du message.

Pour beaucoup, sans doute l’album de l’année ! L’incontournable Fiona Apple revient avec un album très intense où se déploie toute sa passion, et aussi sa rage, sur des chansons toutes très marquantes. Sa capacité à créer à la fois des chansons qu’on n’oublie jamais, couplée avec son appréciation des instrumentales minimales mais travaillées, font de cet opus l’un des plus célébrés de sa carrière. Un grand disque.

 

  1. Adrianne Lenker – Songs and Instrumentals (4AD)

Beauté acoustique sans fin.

Adrianne Lenker, aussi chanteuse du groupe Big Thief, sort un nouvel album solo composé en très petit comité pendant son confinement. En résulte un album très intime et minimal à base de voix/guitare, qui est une vraie perle. Une première partie est composée de chansons structurées et une deuxième d’improvisations acoustiques. Un très bel album qui consacre Lenker comme l’une des meilleurs « singer-songwriters » de l’époque.

 

  1. Deerhoof – Future Teenage Cave Artists (Joyful Noise Recordings)

Noise rock enfantin post-apocalyptique.

Le groupe unique et indescriptible Deerhoof sort cette année un album conceptuel basé sur le mythe de la caverne de Platon mais réadapté à notre monde contemporain marqué par la crise écologique, et plus largement l’avenir sombre qui se dessine suite aux crises successives des sociétés industrielles. Un album avec une thématique assez sinistre donc, mais le talent de Deerhoof est justement de rendre cela stimulant et même amusant par moment. Encore un grand disque pour ce groupe incroyablement créatif.

 

  1. The Flaming Lips – American Head (Bella Union)

Rock psychédélique et mélancolique.

Les indescriptibles Flaming Lips sortent à nouveau un album, dans leur habitude prolifique, mais il ne faut pas s’y tromper puisqu’il s’agit de leur meilleur album depuis pas mal d’années. Chaque chanson est magnifiquement composée, la production sonore est vaste et colorée. Un album de plus très ambitieux qui ravira à la fois les fans et les nouveaux venus. Probablement le meilleur album « rock » de l’année.

 

  1. Run the Jewels – RT4 (Jewel Runners/BMG)

Rap hardcore qui défonce tout.

Le duo Run the Jewels ne change pas foncièrement sa formule sur ce 4ème opus, mais se perfectionne. Et que peut-on dire à part que cet album est sans doute le plus incisif et percutant que vous écouterez cette année. Les productions signées El-P sont parfaites pour lui et son acolyte Killer Mike. Un album très politisé, un aspect déjà présent avant mais qui se renforce ici, et qui s’inscrit plus largement dans le mouvement de contestation en cours aux États-Unis.

 

  1. Ichiko Aoba – Windswept Adan (Hermine)

Musique folk contemplative et merveilleuse.

Une sortie tardive pour 2020 qui s’est très rapidement frayé un chemin dans le haut de cette liste tant la musique que déploie Ichiko Aoba ici est époustouflante. Tout reflète une appréciation pour la musique et la beauté qui n’a pas son pareil dans beaucoup d’autres sorties. Une musique assez nue, tant elle semble reposer sur peu de choses, mais qui a un effet de puissance inversement proportionnel. Difficile de mettre des mots sur un tel disque : absolument magnifique.

 

 

  1. Charli XCX – how i’m feeling now (Atlantic/Asylum Records)

La BO idéale de vos soirées confinées.

Entièrement composé et enregistré durant son temps de confinement, le nouvel album de Charli XCX est la bande-son de cette année 2020, et aussi une échappatoire au quotidien angoissant qu’une grande partie de l’humanité connaît aujourd’hui. Pas une seule chanson à jeter dans ce mix et toujours des productions futuristes qui vous retournent la tête. Un album plus direct et simple que le Charli de l’année dernière, mais qui justement ne laisse pas la place à un moment faible. Encore une très grande réussite pour Charli XCX. A écouter à fond !

 

  1. Jessie Ware – What’s Your Pleasure ? (PMR/Virgin EMI Records)

Disco house luxuriante et orchestrale.

L’un des tous meilleurs albums de l’année est sans conteste celui de Jessie Ware, et ce fût une énorme surprise tant ses albums passés n’étaient pas dans la même veine ni au même niveau d’intensité et de fun. Ici, toutes les chansons (ou presque) sont parfaitement composées et maîtrisées. Dès la première écoute, l’addiction arrive immédiatement et chaque groove et chaque mélodie est un pur régal. Aucun autre album cette année ne nous a procuré autant de plaisir et de fun à l’écoute, et il est difficile de critiquer quoi que ce soit tant chaque particule de ce disque est méticuleusement arrangée et construite. Un disque exceptionnel qui bonifiera chaque instant où vous l’écouterez.

 

  1. Perfume Genius – Set My Heart On Fire Immediately (Matador Records)

« Pop » baroque indé.

Le meilleur album de l’année, qui aura nécessité un certain temps d’apprivoisement avant de révéler toutes ses subtilités. Mike Hadreas, aka Perfume Genius, délivre un des meilleurs albums de sa carrière (pourtant déjà très impressionnante), dans des chansons variées toutes plus puissantes et touchantes. Un disque qui marque par la sensibilité très forte qui s’en dégage, et qui parvient à atteindre des émotions qu’aucun autre ne nous aura procuré cette année. Une vraie merveille qu’on ne peut vous recommander plus chaudement.

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