Le meilleur et le pire du Festival Séries Mania

© Des Willie//The Ink Factory/AMC

On vous l’a annoncé, on vous en a fait des compte-rendus, votre timeline twitter s’en est sûrement retrouvée noyée… Le festival Séries Mania, qui s’est tenu du 15 au 24 avril au Forum des Images, au UGC les halles et au Grand Rex, a fait valser les attentes et se succéder les découvertes. Untitled a donc sélectionné pour vous ce qu’il faut garder, et ce qu’il faut jeter de cette septième édition. 

La crème de la crème

• « NSU, German History X », créée par Thomas Wendrich 5/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Une des claques du festival. En trois épisodes de quatre-vingt-dix minutes, le réalisateur Christian Schwochow dépeint la vague de crimes racistes qui a secoué l’Allemagne au début des années 2000, communément appelée « les meurtres kebab ». À travers le portrait d’une adolescente désabusée Beate Zschäpe (Gabriela Sperl) attirée par les idéaux de l’extrême droite, NSU (pour Nationalsozialistischer Untergrund) German History X revient sur ces tragiques événements. En trois épisodes aux points de vue complémentaires, puisque le premier suit trois adolescents qui vont se radicaliser et devenir les tueurs soupçonnés aujourd’hui, le deuxième s’attache au point vue d’une famille touchée par l’un de ces meurtres, et le dernier suivra les enquêteurs Allemands qui ont travaillé sur l’affaire.

Pourquoi on a aimé : Le seul 1er épisode était projeté au festival, et on en ressort assommé tel un boxeur qui se prend un uppercut. D’une intensité rare grâce à une réalisation parfaite et un trio d’acteurs incroyable, NSU frappe là où ça fait mal et ne cache rien. Troublant, déroutant, on a du mal à croire à cette descente aux enfers pourtant bien réelle et contemporaine, et surtout à la montée d’un mouvement aussi radical dans l’indifférence générale. Cette première partie est très intéressante dans sa capacité à décrire la décadence de toute une partie de la jeunesse post Guerre Froide. La série a bousculé l’Allemagne parce que le procès est toujours en cours et que le pays se refuse à croire qu’il y avait à l’époque des mouvements nazis à l’Est. Dans le courant des années 1990, les violences néonazies furent largement minimisées outre-Rhin, car à l’époque, l’Allemagne tout juste réunifiée se devait de présenter une image exemplaire pour ne pas inquiéter ses voisins ou pour se rassurer elle-même. Beate Zschäpe est accusée d’avoir participé à neuf meurtres à caractère xénophobe et à celui d’une policière entre 2000 et 2007, elle est également soupçonnée d’être impliquée dans deux attentats à l’explosif contre des communautés étrangères et quinze braquages. Elle nie avoir joué un rôle actif dans ces crimes alors que son procès dure depuis 2013. Sans jamais revenir dans le temps, la série retrace sur deux décennies la radicalisation d’une certaine jeunesse allemande après la chute du mur de Berlin, mais qui a une résonance bien particulière aujourd’hui avec la montée des extrêmes et du terrorisme en Europe. « NSU : German History X » n’est alors plus simplement une série mais devient un manifeste essentiel contre l’endoctrinement.

• « Crashing », créée par Phoebe Waller-Bridge 4,5/5
Crashing-S01-Home-Slide

Le pitch : 6 « adulescents », vingtenaires et trentenaires fauchés, décident de squatter ensemble dans un immense hôpital désaffecté. Une coloc à grande échelle qui prend vite des allures de « Friends » revisité à la sauce britannique.

Pourquoi on a aimé : Phoebe Waller-Bridge, à la fois réalisatrice et actrice (elle joue le rôle de Lulu), a brillamment su réutiliser les codes de la comédie de copains, tout en en dynamisant l’humour parfois fade. Les personnages sont détonnants et font tout l’intérêt de la série : les jeunes fiancés embourbés dans un amour qu’ils feignent, la jolie copine qui revient après 10 ans d’absence bousculer ce couple plan-plan, l’artiste frenchy et râleuse qui s’éprend pour un jeune divorcé cinquantenaire qui lui rappelle son père, le beau-gosse qui joue avec les limites de sa sexualité et le gentil copain discret et attachant qui se laisse marcher sur les pattes… Un joyeux fouillis parfaitement maîtrisé par la créatrice, qui cisèle le caractère de ses personnages avec précision et fait en sorte d’enchaîner les situations comiques (et cocasses !). Une série bonne humeur, pleine d’un humour réjouissant et de personnages attachiants.

• « The path », créée par Jessica Goldberg 4/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Eddie, un père de famille au passé trouble, vit dans une communauté religieuse qui a tout d’une secte. À sa tête, le charismatique leader Cal Roberts. Suite à un voyage initiatique prévu dans son ascension vers la lumière, Eddie commence cependant à douter… Produite par Jason Katims (Friday Night Lights, Angela 15 ans), cette fiction ambitieuse qui explore les dérives de la foi et du pouvoir voit s’affronter Aaron Paul (Breaking Bad) et Hugh Dancy (Hannibal).

Pourquoi on a aimé  : Difficile de voir Aaron Paul autrement qu’en dealer dans Breaking Bad. Il arrive pourtant à nous intriguer avec ce rôle de père de famille qui ne sait plus à qui se fier ou en quoi croire. Coincé entre sa famille, sa foi et son besoin de vérité, il est torturé mentalement aussi bien que physiquement. La série est assez bien écrite, elle tente de nous faire comprendre les procédés qui conduisent une personne à intégrer une secte, et ceux dont use cette dernière pour conditionner et retenir ses membres. Si les premiers contacts que nous avons avec la communauté sont plutôt avantageux (le 1er épisode s’ouvre sur des adeptes qui portent secours à des victimes d’une tornade), on se rend compte rapidement que tout n’est pas rose au sein du mouvement Meyeriste. Comme dans la plupart des sectes, ses membres vivent entre eux à l’abri du regard du monde. Mais ce qui est intéressant ici, c’est la volonté pour Cal Roberts, leader par intérim en l’absence du gourou le Docteur Meyers, parti écrire la fin de son livre prophétique, d’ouvrir la communauté au reste du monde, convaincu que le temps est venu pour la secte de convertir un maximum de gens. Le hic cependant c’est qu’on comprend assez bien avec les 2 premiers épisodes les enjeux de la série et la vérité sur le mensonge généralisé. Il aurait peut-être fallu garder un peu plus le suspens, même si la multiplicité des personnages et leurs différents troubles pourront aisément conduire la série vers différentes propositions intéressantes.

• « The night manager », créée par David Farr 4/5
© Des Willie//The Ink Factory/AMC
© Des Willie//The Ink Factory/AMC

Le pitch : Jonathan Pine (Tom Hiddleston), un soldat britannique devenu gardien de nuit dans un hôtel prestigieux du Caire, croise la route de Sophie, une proche de Richard Roper (Hugh Laury) qui opère sur le marché noir des armes. Il noue des liens très forts avec elle, et lorsqu’il la retrouve assassinée dans sa chambre d’hôtel, il décide pour la venger de rejoindre les services secrets pour faire tomber Roper.

Pourquoi on a aimé :  Cette adaptation de John Le Carré prend des airs de James Bond revisité à la sauce mini-série, avec un Tom Hiddleston d’une classe effarante et un Hugh Laury qui incarne un méchant très très méchant. Un peu carricaturale, pas très originale, la série est portée par le jeu incandescent de ses acteurs (on retrouve aussi la brillante Olivia Coleman qu’on avait adorée dans Broadchurch !), par une narration enlevée et rapide, mais aussi et surtout par un héritage « film d’espionnage » entièrement assumé et revendiqué avec force. Du drame, de l’amour, des trahisons, des alliances, des coups montés, des secrets et de belles scène d’action… On apprécie aussi le côté géo-politique, avec des enjeux liés à la vente d’armes entre grandes figures politiques et pays dangereux.

• « London Spy », créée par Tod Rod Smith  4/5
gallery-1446900796-ben-whishaw-london-spy

Le Pitch : Mini-série britannique, « London Spy » met en scène Danny (Ben Whishaw), un jeune homme romantique et tourmenté qui tombe amoureux du mystérieux et antisocial Ben (Edward Holcroft). A son contact, Danny va soulever un voile criblé des mystères les plus inattendus et se retrouver pris dans une spirale infernale de découvertes effarantes.

Pourquoi on a aimé : Le jeu des acteurs (Ben Whishaw est à son sommet en romantique torturé), la tension narrative, l’imbrication des secrets en poupées russes, le travail sur les relations entre les personnages… Tout est léché, recherché, travaillé. On sent que Tod Rod Smith a voulu brouiller les frontières entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le clair et l’obscur. Tout se mélange dans ce drame à l’ambiance lourde et pesante, qui nous rappelle sans équivoque « The fall » par ce qu’elle crée de mystère autour de ses personnages, de son intrigue et de son déroulement. Une série à ne surtout pas manquer si vous êtes adeptes de manipulation prestidigitatrice et de secrets qui pèsent le poids d’un âne mort sur les épaules de personnages à la recherche d’une vérité floue.  

• « Casual », créée par Zander Lehmann 4/5
491131.jpg-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le pitch : Alex Cole, célibataire endurci et créateur d’un site de rencontres à succès, héberge sa soeur récemment divorcée et sa nièce de seize ans. Les frères et soeurs vont alors s’entraider dans leurs déboires amoureux.

Pourquoi on a aimé : Apparemment très proche des séries romantiques qui mettent en scène des personnages qui galèrent en amour, Casual se distingue par sa grande modernité et par les deux angles qu’elle choisit de suivre : celui des sites de rencontres et celui de la délicate relation frère/soeur. La série est en partie centrée sur Alex, qui gère l’un de ses sites, et qui se trouve pourtant être un personnage très seul derrière sa casquette d’homme accompli et sûr de lui. La série pose les questions de la représentation de soi sur internet, de la direction que peuvent prendre les relations développées grâce à ces sites… Peut-on être heureux avec quelqu’un rencontré en ligne ? pour les personnages, la réponse est souvent non. Ils se rendent petit à petit compte que ce qui est important pour eux, c’est de passer du temps avec ceux qu’ils aiment, qu’ils connaissent, quitte à ce que des turbulences réelles viennent troubler la quiétude superficielle de leurs relations virtuelles. Une morale qui parait un peu simpliste, mais qui se voit vite rattrapée par des personnages très attachants et honnêtes, par le choix de centrer l’intrigue sur une fratrie et par une Michaela Watkins (qui joue le rôle de la soeur) qui brille autant dans le drame que dans la comédie ! 

• « Nobel », créée par Mette Marit Bolstad 4/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : En Afghanistan, les soldats des forces spéciales norvégiennes assurent au quotidien la sécurité des citoyens. De retour à Oslo, le « sniper » Erling Riiser retrouve sa famille et reprend ses marques. Mais sa mission n’est pas tout à fait terminée…

Pourquoi on a aimé :  1ère mondiale lors du festival, le pilote de la série « NOBEL » nous transporte par sa réalisation ciselée et son interprétation intense, au cœur des enjeux géopolitiques internationaux. Série en lien avec l’actualité des conflits internationaux à l’instar d’ « HOMELAND », « NOBEL » offre cependant une vision un peu différente, puisque l’action se déroule la plupart du temps en Norvège. Malgré certains défauts techniques liés au fait que le pilote n’était pas terminé (puisque la série est prévue pour septembre en Norvège), « NOBEL » affiche un potentiel visuel et émotionnel qui n’a rien à envier aux meilleures réalisations Américaines. La série mélange habillement guerre, terrorisme et politique intérieure. On se sait pas si l’action se déroulera exclusivement à domicile ou si le héros retournera sur les lieux de combats, en tout cas « NOBEL » dévoile un réalisme à toute épreuve, et s’annonce comme une série à suivre dans les années à venir.

Les mi-cuits

• « Vinyl », créée et scénarisée par Mick Jagger, Martin Scorcese, Terence Winter et Rich Cohen  3,5/5
© HBO
© HBO

Le pitch : Dans les années 70, un producteur de musique, Richie Finestra (Bobby Canavale), entreprend de relancer son label en dénichant de nouveaux sons et talents. Sur fonds de crise de la quarantaine, de sexe, de drogue, de punk, de disco et de rock’n’roll, son quotidien devient de plus en plus mouvementé.

Pourquoi on a moyennement aimé : On vous en parlait ici, série HBO distribuée par OCS en France, Vinyl a déjà tout d’une grande. 40 ans de musique à travers les yeux d’un personnage; une mise en scène virtuose à la Scorsese; une bande-son bien sentie et des visuels léchés… La série a tous les ingrédients réunis pour faire partie des plus gros mastodontes du petit écran, du casting aux créateurs en passant par le format (très dense, chaque épisode est un presque-film). Sur la longueur, la série a tendance à s’essouffler à cause de personnages qui se creusent, mais l’ensemble reste marquant.

• « The Five », créée par Harlan Coben et scénarisée par Danny Brocklehurst  3,5/5
© Ben Blackall/ITV
© Ben Blackall/ITV

Le pitch : Comment l’ADN du petit Jesse, disparu il y a vingt ans lors d’une balade en forêt, peut-il être retrouvé aujourd’hui sur une scène de crime  ? L’enquête ne présage rien de bon, exhumant souvenirs douloureux et secrets enterrés du passé.

Pourquoi on a moyennement aimé : Première création, écrite spécialement pour le petit écran, par l’écrivain de polars Harlan Coben, The Five nous entraîne et nous aspire sans efforts dans la spirale de sa recherche de vérité. Les deux premiers épisodes sont captivants, envoutants, et ce malgré une réalisation assez classique qui déçoit rapidement. Les gens sursautent dans la salle et l’on sort de la séance stressés, pressés de connaître le dénouement de cette intrigante affaire. La formule marche bien, en espérant que les ingrédients gardent de leur saveur sur la longueur.

• « The man in the high castle », créée par Frank Spotnitz 3,5/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Les Américains ont perdu la Seconde Guerre mondiale et l’Amérique est désormais partagée entre l’Empire du Japon et l’Allemagne Nazi. En 1962, un groupe de résistants cherche à envoyer de précieux vieux films dans la zone neutre, mais leur transport peut coûter la vie. Après près de deux décennies de cohabitation entre les deux grandes puissances, les rumeurs persistantes qui rapportent la santé déclinante du Führer laissent présager l’arrivée d’une période de troubles…

Pourquoi on a moyennement aimé Et si l’Allemagne et le Japon avaient gagné la Seconde Guerre mondiale ? Voilà le postulat de départ de cette uchronie où les forces de l’Axe ont remporté la Guerre. Si la série s’efforce de rester fidèle au roman, elle n’en est pas moins obligée d’en sortir afin d’élargir son sujet pour en faire une série. Même si le livre profanateur « le poids de la sauterelle » dans le roman est devenu une bobine de film à cacher dans la série, les personnages principaux sont là et l’intrigue de base est bien respectée. Seulement, dès la fin du deuxième épisode, beaucoup d’intrigues de l’œuvre de Philip K. Dick sont déjà traitées… Comment faire pour tenir les 8 épisodes restant ? C’est bien là le challenge que devront relever les créateurs de la série (dont Ridley Scott). Même si certaines scènes sont un peu faciles et mal jouées, « THE MAN IN THE HIGH CASTLE » reste une série intéressante, avec des décors somptueux et un travail sur l’histoire impressionnant. Elle intéressera aussi bien le fan du roman que le spectateur lambda. Reste à savoir si les scénaristes arriveront à prolonger l’univers pour que la série ne s’essouffle pas sur la longueur et puisse vivre plusieurs saisons.

• « War and peace », créée par Andrew Davies 3,5/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Au début du XIXe siècle, le quotidien de cinq familles aristocratiques russes, entre amitiés et rivalités sur fond de guerre napoléonienne.

Pourquoi on a moyennement aimé Dans cette version 2016, c’est Paul Dano (There Will Be Blood, Little Miss Sunshine ou encore 12 Years A Slave) qui incarne Pierre Bezukhov, le personnage principal de cette épopée russe à l’époque des conquêtes napoléoniennes, qui va découvrir les perfidies et les trahisons qui sévissent dans la haute société. « War and Peace » est une exceptionnelle observation de la société russe du XIXe siècle avec des personnages sublimes comme Natacha Rostova (Lily James) ou encore le Prince Nikolai Bolkonsky joué par un magnifique Jim Broadbent, déjà présent dans London Spy. Enfin, c’est avec bonheur et enthousiasme qu’on retrouve notre Mathieu Kassovitz national pour incarner l’empereur Napoléon Bonaparte ! La réalisation assurée par Tom Harper est superbe tant dans les scènes de guerre que dans celles des réceptions somptueuses de l’aristocratie ou simplement dans l’ambiance de l’ancienne capitale de l’empire russe. La série séduit et offre une belle alternative aux orphelins de Downton Abbey.

• « Show me a hero », créée par David Simon & William F. Zorzi 3,5/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Adaptation du livre éponyme de Lisa Belkin, cette mini-série suit le combat de Nick (Oscar Isaac), jeune maire de Yonkers, à la fin des années 80. Contraint par la justice, il doit faire construire des logements sociaux dans une banlieue où la population y est violemment opposée.  « Show me a hero » s’ouvre au début de l’année 1987.

Pourquoi on a moyennement aimé :  Après « The Wire » et « Treme », David Simon, ancien journaliste, propose de revenir aux origines de l’urbanisation des Etats-Unis, de décrire l’échec de ses systèmes politique, judiciaire et éducatif. La série se repose sur une histoire vraie pour expliquer la multiplication des ghettos, et le refus d’une minorité blanche de vivre avec les pauvres. La réalisation de Paul Haggis (Collision, Dans la vallée d’Elah) est comme toujours parfaite et offre une photo de haute qualité pour une série télévisée. La B.O. est aussi là pour rappeler les années 80, avec plusieurs titres de Bruce Springsteen notamment. « Show me a Hero » est aussi portée par un excellent casting : Oscar Isaac (Star Wars 7, Inside Llewyn Davis), magnifique sous les traits du plus jeune maire de l’histoire des États-Unis ; James Belushi, dans le rôle de l’ancien maire; Alfred Molina, Catherine Keener, ou encore la belle Winona RyderCette mini-série HBO est de grande qualité, intelligente, intéressante, même si sur les premiers épisodes elle manque un petit peu d’intensité et de sentiments réels.

• « The catch », créée par Jennifer Schuur 3/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Alice Vaughan (Mireille Enos, The Killing) est une criminologue spécialiste de la fraude à Los Angeles sur le point de se marier avec un riche homme d’affaires, Christopher Hall (Peter Krause, Six Feet Under). Quand il disparait subitement, elle comprend qu’il s’agit du mystérieux « Mister X », roi de l’arnaque qu’elle traque inlassablement. Et qu’il vient de se jouer d’elle, de sa boîte, de ses comptes en banque… et de son cœur. Un jeu du chat et de la souris débute entre eux. Il s’agit de la nouvelle création de la célèbre productrice Shonda Rhimes (« Scandal », « Murder »).

Pourquoi on a moyennement aimé : En cours de diffusion chez nous sur Canal + Séries, « The Catch » dispose de tous les éléments pour plaire au plus grand nombre : rythme infernal, musique omniprésente, dialogues qui tombent justes, tout y est. Les fans des autres séries de Shonda Rhimes ne seront pas dépaysés. Si certains choix de mise en scène prêtent au débat, (effets clipesques, montage furieux, scènes courtes) la confrontation entre les deux ex-amants promet, même si la série ne tournera pas autour d’eux. On comprend dès le deuxième épisode que le jeu « d’attrape-moi si tu peux » servira de toile de fond à la série, où chaque épisode traitera d’une nouvelle affaire pour le cabinet d’Alice VaughanProduit marketé mais très léché, The Catch reste une série divertissante qui donne envie de voir comment toute cette histoire va se terminer.

• « The Family law » , créée par Benjamin Law 3/5
Capture d’écran 2016-05-02 à 10.22.36

Le pitch : Benjamin, un ado de 14 ans qui rêve de devenir une star, voit son été perturbé par une série d’incidents qui bouleversent son quotidien. Bienvenue chez les Law, une famille sino-australienne dysfonctionnelle mais adorablement attachante.

Pourquoi on a moyennement aimé : Réalisée par Tony Ayres (The Slap) la série fait la part belle au jeu un peu débridé des acteurs. Une mère d’une franchise effarante, un père maladroit et papa-poule, un fils brillant et qui va tout faire pour éviter que ses parents se séparent, des frères et soeurs qui réservent leur lot de surprise… Une famille très attachante, un peu folle, un peu touchante, un peu comme nous, en fait. C’est mignon, mais sans réelle originalité, et la série véhicule quand même beaucoup de clichés déjà beaucoup vus. A voir si vous avez épuisé votre stock de comédies et que vous avez envie de passer un moment sympathique.

Le bas du panier

• « Jour polaire : Midnight sun » , créée par Mans Marlind et Björn Stein 2/5
Critique-Séries-Mania

Le pitch : Kahina Zadi, capitaine de police, est envoyée en mission en Suède où un citoyen français a été assassiné. Aidée par un procureur, elle découvre que ce meurtre est loin d’être isolé…Créé par le duo Måns Mårlind – Björn Stein (Bron, The Bridge), ce thriller nordique tourné aux confins de la Laponie, dans un jour sans fin, plonge Leïla Bekhti dans une descente aux enfers.

Pourquoi on a détesté : LA déception du festival ! Après avoir rempli son contrat avec la saison 2 de « Tunnel », mis un coup certain à Netflix en devançant « Marseille » avec sa superbe série politique « Baron Noir », et en attendant la suite du « Bureau des Légendes », on attendait beaucoup de la nouvelle création originale de Canal +. Et là c’est le drame… Passées la mise en place de l’intrigue et la découverte des personnages, tout s’écroule dès le deuxième épisode ! Les créateurs ont essayé de capter les spectateurs dès le début, ainsi Denis Lavant, attaché sur l’hélice d’un hélicoptère qui s’apprête à démarrer disparaît au bout de 10 secondes… On se dit alors que la cohabitation entre Leïla Bekhti et Peter Stormare (Armageddon, The Big Lebowski, Prison Break…) va permettre à cette série de valider ses promesses. Et de nouveau ce dernier disparaît à la fin du deuxième épisode… Dès lors la série patine, on se retrouve devant une image ultra éclairée censée souligner le fait qu’il n’y a pas de nuit en Laponie, avec un scénario flirtant sur la veine de True Detective sans jamais en atteindre l’intensité dramatique ni les images envoutantes, et des acteurs gauches. Canal + frôle l’accident industriel avec « Jour Polaire », et l’on espère qu’il ne s’agisse que d’une erreur de parcours pour le seul créateur de bonnes séries en France.

• « Angie Tribeca » , créée par Steve Carrell et Nancy Carrell 1/5
397005.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Le pitch : Angie Tribeca, détective solitaire, ne voit pas d’un bon oeil l’arrivée d’un nouveau partenaire. Ils doivent pourtant apprendre à travailler ensemble afin de résoudre des affaires fort sérieuses…

Pourquoi on a détesté : Au départ, on aimait bien le principe. Parodier les canons des séries policières, qui finissent par toutes se confondre à force de reprendre les même codes, c’est une bonne idée. Mais si vous vous attendez à un humour subtil, passez votre chemin. Les gags lourdingues s’enchaînent les uns après les autres, les acteurs ne sont pas convaincus de leur propre jeu et l’intelligence s’y échappe pour laisser place à une bêtise qu’on ne peut même pas qualifier d’hilarante. C’est pesant, répétitif, répétitif, répétitif… On finit par retomber dans les codes de la série policière, retournés par un humour mal senti : Angie Tribeca devient rapidement sa propre parodie. 

On espère qu’avec tout ça vous aurez de quoi remplir vos soirées avec les meilleures séries de ce cru 2016 !

Quentin Grossman & Julie Albesa

en.pdf24.org    Send article as PDF