L’artiste Ai Weiwei fait parler de lui en ce début d’année 2018 en proposant un documentaire sur les conditions de vie des réfugiés à travers le monde. Une grande rétrospective sur l’ensemble de son oeuvre se tient parallèlement en Belgique. 

L’artiste contestataire Chinois Ai Weiwei était présent début février à Anvers, pour sa première rétrospective proposée par le Foto musuem (Fomu). Au total, plus de 20 000 photos, dont 17 000 prises au smartphone et collées bout à bout, de l’artiste exilé à Berlin, sont exposées. Il relate, dans ce minutieux travail photographique, les conditions de vie dans plus de 40 camps de réfugiés repartis dans 23 pays dans le monde.

 

Ai Weiwei en documentaire

Ai Weiwei fait également parler de lui en ce début d’année 2018 par le biais de son documentaire « Human flow » : un travail cette fois-ci cinématographique, écrit et réalisé par l’artiste en personne, abordant la dimension dévastatrice de la crise migratoire actuelle. De Calais à la Grèce, de l’Irak à l’Allemagne, Ai Weiwei propose une approche ethnographique où de nombreux hommes et femmes réfugiés témoignent face caméra. Avec comme première volonté de vouloir créer une nouvelle passerelle entre le monde de l’art et le réel lié à l’actualité politique.

« Vous voyez chaque jour des reportages sur ces tragédies. Mais après avoir un peu travaillé la question, vous réalisez que ces reportages sont tous les mêmes. Ils disent ce qui est choquant, ils parlent de la violence, de la crise« , racontait Ai Weiwei à l’AFP en marge de la dernière Mostra de Venise. « Notre film est différent. Il cherche à remettre les réfugiés dans un contexte plus historique, à leur donner plus d’humanité et à raconter leur vie de tous les jours« .

AI Weiwei par © Alfred Weidinger

« Art is Life and Life is Art »

Né à Pékin en 1957, Ai Weiwei reste aujourd’hui encore l’un des principaux symboles d’opposition artistique au régime autoritaire chinois. Photographe, sculpteur, réalisateur mais aussi blogueur et architecte, Ai Weiwei entend se servir de différents outils pour mener à bien ses actions militantes. Condamné officiellement en 2011 pour fraude fiscale, officieusement pour son travail de dissident du pouvoir en place, il choisit de quitter la Chine en 2015 pour pouvoir continuer d’exercer librement son art. « Art is Life and Life is Art », telle est sa devise.

Rétrospective d’Ai Weiwei au Foto Musueum d’Anvers, du 27 octobre 2017 au 18 février 2018.

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Culture & Société