« L’aigle à deux têtes » est une adaptation « imaginaire » et très libre de l’histoire de la mort mystérieuse du roi Louis II de Bavière. Le « roi perché », comme il fut surnommé, était à la tête de la Bavière de 1864 à 1886. Déclaré fou, à la limite de l’autisme, il eut beaucoup de mal à régner et fit construire de nombreux châteaux et palais extravagants dans lesquels il vécut reclus…

Le texte de Jean Cocteau, datant de 1944, raconte l’histoire d’une reine qui vit retirée du monde dans les divers châteaux qu’elle a elle-même fait construire. Depuis l’assassinat du roi dix années auparavant, le jour même de leurs noces, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même, refuse de se mêler aux affaires de la cour et se cache derrière un voile, n’acceptant de montrer son visage qu’à sa fidèle servante et lectrice Édith.

Le soir de l’anniversaire de la mort de son défunt époux, un jeune individu apparaît soudainement dans ses appartements. C’est un poète anarchiste venu pour la tuer… Mais il en sera autrement. Un amour très puissant va naître entre les deux êtres que tout, en apparence, oppose.

Cette pièce, qualifiée de  Les mots sublimes de Jean Cocteau nous transportent littéralement. Il est dommage que la mise en scène d’Issame Chayle, trop illustrative, prenne le pas sur le texte. Les effets de lumière, souvent trop sombres, et la musique bien trop présente confèrent à l’ensemble une atmosphère un peu trop lourde et trop appuyée.

Heureusement, les comédiens nous livrent une très belle performance. Delphine Depardieu (nièce du célèbre acteur du même nom) et Alexis Moncorgé (Molière 2016 de la révélation masculine), pour ne citer qu’eux, forment un très beau duo.


L’aigle à deux têtes
Théâtre le Ranelagh
5 rue des vignes 75016 Paris
Du mercredi au samedi, 20h45
Le dimanche à 17h
Jusqu’au 30 mars 2017
Entre 10 (-26 ans) et 35 euros

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