En cette rentrée littéraire d’hiver 2022, Jérôme Attal signe avec “L’âge des amours égoïstes” un roman d’apprentissage doux et flamboyant sur les premiers amours et l’âge adulte.

Nico est un jeune étudiant en histoire de l’art dont la thèse porte sur l’art de Francis Bacon et Van Gogh. A ses heures perdues, il chante dans un groupe et joue dans quelques bars. Lors d’une soirée entre étudiants, il rencontre Laura, une jeune femme dont il tombe immédiatement amoureux. C’est le début des émois pour notre jeune étudiant.

Coup de foudre

L’amour frappe quand on s’y attend le moins. C’est ce que Nico s’apprête à vivre au cours d’une soirée étudiante comme il en a l’habitude. La captivante Laura le submerge :

La première fois que j’ai vu Laura, elle dérivait parmi les autres, riait à des blagues dont je ne saisissais ni la contenance ni l’humour – c’était vraiment de tout petits rires, plutôt pour signifier son existence, comme les marques qu’on trace à la craie sur un plateau de cinéma pour indiquer au comédien jusqu’où il peut se déplacer-, et j’ai tout de suite été attiré par son visage, sa silhouette, et par le fait qu’elle n’avait pratiquement pas de seins. Le peu qu’elle avait, il me le fallait. Je veux dire : je voulais les protéger.

Ce coup de foudre va le marquer. Le jeune étudiant en art va chercher à attirer l’attention de la belle Laura. Tous deux vont jouer au chat et à la souris. Se cherchant mutuellement pour mieux se quitter. Malgré les signaux de ses proches qui lui disent de laisser tomber, Nico, dans sa folie amoureuse, ne voit rien, sauf elle. D’espoirs en désillusions, l’amour blesse et la réalité des sentiments est tranchante. L’image de l’autre idéalisée et déformée ne correspond plus à la personne qui se tient en face de nous. A ses détriments, Nico va subir les peines qu’un amour impossible peut causer.

Adulescents

A 26 ans et étudiant, c’est toute une vie qui attend Nico. Entre son projet musical, son mémoire sur l’art de Francis Bacon et ses amours, Nico se heurte au système et à la vie de jeune adulte. Dans cet âge où l’on continue de se construire et où l’on glisse doucement vers la maturité, Nico titube. De soirées en soirées, de déclarations en baisés volés, d’études et de projets professionnels, notre jeune héros embarque le lecteur dans ses mésaventures et ses crises existentielles. A travers le personnage de Nico, c’est le reflet de la vie étudiante et de la transition douce-amère vers la maturité et l’âge adulte. Une quête de soi par laquelle on passe tous à un moment ou un autre de notre vie.

L’âge des amours égoïstes est un roman qui fait du bien et se savoure. On est emporté dans le quotidien frénétique et festif de Nico et de sa conquête de Laura. On a de l’empathie pour ce personnage touchant qui nous rappellerait un frère ou un ami.

« L’âge des amours égoïstes », Jérôme Attal, Robert Laffont, 19€