Week-end de transhumance habituelle pour tous les amoureux de musiques dites « indépendantes » – terme à prendre au sens large – La Route du Rock a une nouvelle fois tenu ses promesses, malgré une fréquentation en baisse.

Avant de prendre la direction du Fort Saint-Père le vendredi, la soirée du jeudi était marquée par trois concerts, dont celui des Londoniens exilés à Berlin, le duo The KVB. Une noirceur mêlée à une classe innée pour lancer cette 28e édition.

Le vendredi, nos coups de coeur attendus auront tenu leurs promesses. Shame, futurs très grands du punk ont livré une heure de live survitaminé, énervé à souhait, on en redemande. Les cinq jeunes anglais ont ensuite laissé la place, toujours sur la scène des remparts, à The Black Angels. Une scénographie magnifique accompagnée de guitares saturées pour un moment psychédélique comme on les aime. Entre temps, Étienne Daho, tête d’affiche de soirée, livrait un concert certainement apprécié par ses plus grands fans, les autres auront suivi de loin en chantonnant les – trop rares – tubes entonnés par le Rennais.

Samedi, place à la légende de cette 28e édition, Patti Smith. L’Américaine, artiste punk et rock aux multiples visages a rassemblé le temps d’un instant le public habituel de la Route du Rock et ses admirateurs depuis les années 70 pour un moment poétique aux accents toujours revendicatifs pour celle qui se qualifie d’éternelle heureuse et optimiste. Suivait Ariel Pink, qui dans une magnifique foutoir difficile à qualifier a ouvert la voie pour Nils Frahm. Ce dernier, entouré par ses machine, a livré un set magnifique, transportant le public pour un moment hors du temps. Seul bémol, un horaire peut-être inadapté qui a coupé les jambes de certains en pleine soirée après les premières prestations de la soirée.

Dimanche, Charlotte Gainsbourg a investi la scène du Fort avec sa scénographie hypnotique pour une prestation à la fois énergétique et délicate, à son image. Mais la palme du meilleur concert de cette dernière soirée revient probablement à Phoenix. Pas de surprise, les tubes étaient bien de sortis, mais Thomas Mars et ses trois potes ont affiché leur plaisir de jouer à « La Route » avec une sincérité non dissimulée, quatorze ans après leur dernier passage dans l’enceinte du fameux fort, rappelant à de nombreuses reprises leur attachement à ce festival. Difficile d’enchainer pour The Lemon Twigs sur la scène juste en face, mais les deux frères ont relevé le défi de belle manière avec leurs sonorités seventies rappelant parfois les Beatles. The Black Madonna concluait de belle manière avec sa house venue de Chicago cette édition de la Route du Rock, nous permettant de prolonger encore un peu cette ivresse musicale que constitue ce festival à nul autre pareil. À l’année prochaine !

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Musique / littérature