La fin de mois est difficile et vous ne pouvez pas vous offrir les livres de la dernière rentrée littéraire ? Pas d’inquiétude, la rédaction d’Untitled Magazine a pensé à vous et vous a concocté une sélection de livres à petit prix mais de grande qualité !

Miroir de nos peines, Pierre Lemaître

En 2013, Pierre Lemaitre dévoile Au revoir Là-haut, le premier tome de sa trilogie qui a remporté notamment un Goncourt. Dans ce nouvel opus de l’écrivain, on retrouve Louise, 30 ans (qu’on avait rencontrée à l’âge de ses 10 ans), institutrice qui travaille dans le restaurant de Jules, le week-end. Jules, c’est comme sa famille depuis que ses parents sont décédés et que ces fiançailles n’ont pas tenues. 

Tous les samedis midi, un vieux monsieur qui n’habite pas le quartier se présente au restaurant, à la même table avec son journal. Jusqu’au jour où il fait une étonnante proposition à la jeune fille. Pourquoi ce monsieur lui propose-t-il beaucoup d’argent pour la voir nue ? Quel passé souhaite-t-il caché au moment où il se tire une balle dans la tête ? Sonnée mais combative, la jeune fille part à la découverte de son secret, qui va s’avérer être aussi lié à celui de sa propre mère, récemment disparue.

Le dernier volume de la trilogie débute pendant la drôle de guerre et se termine avec l’exode, avant que l’occupation allemande ne se mette en place. Malgré un intrigue plus classique et un dénouement plus attendu que dans les deux précédents volumes, Pierre Lemaitre clôt – après y avoir passé 10 ans – une trilogie passionnante autour de la grande Histoire.

« Miroir de nos peines », Pierre Lemaître, Edition Livre de Poche, 576 pages, 8,90 euros

Babylone, Yasmina Reza

Un couple de sexagénaires, bien installés, un peu bourgeois, décident de fêter les 60 ans d’Elizabeth, la femme, et d’inviter leurs amis. Ils invitent également leurs voisins du dessus, les Manoscrivi, qu’ils ne connaissent pas si bien que ça. Voilà le cadre du début de ce roman de Yasmina Reza.

Pendant tout le premier tiers du roman, la narratrice Elizabeth raconte comment lui est venue l’idée de cette « fête du printemps », l’angoisse qu’elle lui crée, mais aussi le type d’amitié qu’elle a noué, un peu par hasard, avec Jean-Lino Manoscrivi, le voisin du dessus. On sent que quelque chose couve, qu’il arrivera quelque chose à Elizabeth et Jean-Lino, ou bien à leurs conjoint.es, Pierre et Lydie. Et ça ne manque pas : Jean-Lino tue sa femme, Lydie, et se confie à ses voisins du dessous.

La suite du roman est le récit d’Elizabeth, aux prises avec l’acte terrible de son voisin, ce féminicide – même si le titre n’est jamais employé dans ce roman, qui a reçu le Prix Renaudot 2016 – qu’elle ne l’aurait jamais imaginé commettre. Le crime est-il lié à quelque chose qui se serait déroulé au cours de sa fête ? Aurait-elle pu voir les signes annonciateurs ? Jean-Lino va-t-il accepter de se dénoncer à la police ?

« Babylone », Yasmina Reza, Editions Folio, 224 pages, 7,50 euros

Le Grand Jeu, Céline Minard

Installée dans un refuge high-tech, accroché à une paroi de long d’un massif montagneux, une femme décide de s’isoler des autres pour répondre à une question : peut-on vivre hors jeu ? Outre la solitude à laquelle elle va devoir faire face, elle s’impose un entraînement physique intense, de longues marches et des activités de survie, le tout retranscrit dans un journal de bord. C’est pour répondre à cette unique question, qu’elle s’est préparée, qu’elle a tout prévu pour vivre dans ces conditions extrêmes. Mais, dans ces montagnes isolées, elle découvre la présence d’un ermite, qui bouleverse ses plans et changera toutes ses résolutions.

Face à cette rencontre imprévue, va s’en suivre entre la narratrice et ce personnage – un mélange entre une vieille bergère abandonnée et un yogini – une étonnante querelle de territoire : rituels d’intimidation, d’agression ou de bienvenue. A chacun de ces passages, Céline Minard fait preuve d’humour et nous entraîne dans chaque péripétie. L’autrice signe un livre dense qui interroge l’être humain dans son rapport au monde et aux autres.

« Le Grand Jeu », Céline Minard, Editions Payot Rivages, 220 pages, 7,80 euros

Les fureurs invisibles du cœur, John Boyle

Adolescente bannie de son village en 1940, Catherine Goggins abandonne son fils à une famille de riches Dublinois. L’enfant grandit dans une atmosphère ambiguë entre amour, bienveillance et mépris. En effet, il n’est pas un vrai Avery. Il n’appartient pas à ce monde de riches aristocrates où les apparences et le statut dominent. C’est une différence qu’on ne cessera de lui rappeler. En grandissant, il développe des sentiments amoureux à l’égard de son meilleur ami, Julian. L’homosexualité est inacceptable à l’époque et punie. Son attirance pour les hommes lui coûte alors l’exil aux Pays-Bas où il fait la rencontre de Bastiaan et d’Igor. Des compagnons qui le suivront, dans les années 70, aux Etats-Unis où un drame le marquera à vie.

Le lecteur prend conscience, à travers ces personnages, de ce qu’est d’être homosexuel à cette époque où le VIH fait des ravages. L’intolérance, les menaces, la persécution, Cyril et Bastiaan vont en subir les conséquences…

Ce texte de John Boyne est bien plus qu’un livre sur la résilience et l’homosexualité. C’est un roman d’apprentissage bouleversant et drôle, un puzzle très bien ficelé sur fond d’histoire contemporaine et une quête d’identité touchante.

« Les fureurs invisibles du coeur », John Boyle, traduit par Sophie Aslanides, Edition Livre de Poche 864 pages, 9,90 euros

Floride, Lauren Groff

Plonger au cœur de l’Etat sauvage de Floride avec ces 11 nouvelles. Sous le soleil de Floride, tout n’est pas si facile, la vie n’est pas aussi douce qu’on pourrait le croire dans cet état qu’on peut associer aux vacances. Des petites filles abandonnées au père et son fils vivant dans un marécage en passant par les fantômes du passé qui hantent une tempête, rien ne semble amical dans cette contrée.

Les 11 nouvelles de Lauren Groff sont empreintes de magie et de mystères. A la lecture de chacune d’entre elles, on a l’impression d’entrer avec les personnages dans la mangrove, qu’on pourrait nous même croiser un crocodile près de nous au détour d’une page. Chaque personnage est plus étrange l’un que l’autre, chaque situation parait plus improbable les une que les autres mais c’est ce qui fait la force de ce receuil. Un univers mystique qu’on a envie de découvrir, des histoires différentes mais avec ce cadre de la Floride. Ce receuil change notre perception de l’état ensoleillé qu’on a l’habitude de dépeindre.

11 nouvelles pour découvrir un nouveau visage de la Floride et ses marécages envoutants.

« Floride », Lauren Groff, traduit par Carine Chichereau, Editions Points, 312 pages, 7,50 euros

Les optimistes, Rebecca Makkai

Dans les années 80, le sida fait sa grande apparition et décime la communauté gay. La terrible maladie tue rapidement ceux atteints par le virus. La peur d’une nouvelle maladie conduit à un rejet des homosexuels, déjà victimes de racisme. Première ville à offrir un quartier dédié au LGBT, à Chicago on guette les taches violacées sur les visages. A un époque où les traitements sont encore trop peu efficaces, les personnes gays luttent contre les préjugés mais aussi pour bénéficier d’un système de soins dignes et combattre la maladie.

En parallèle, en 2015 on suit l’aventure de Fiona qui part sur les traces de sa fille, aperçue pour la dernière fois à Paris, sur le pont de l’Archevêché. Les références au passé de Fiona, petite sœur de Nicolas, apportent un éclairage supplémentaire et contemporain sur les épreuves traversées par ses amis quelques années auparavant.

Alternant entre le deuil et l’espoir, le chagrin et l’envie de croire à des jours meilleurs, Rebecca Makkai raconte une époque marquée par le sida. Entre Chicago et Paris, elle montre comment une vie peut s’effondrer et changer du jour au lendemain, mais aussi comment certains peuvent faire preuve de résilience pour s’en sortir.

« Les optimistes », Rebecca Makkai, traduit par Caroline Bouet, 672 pages, 9,60 euros

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