Les salons du Quai d’Orsay étaient combles le mercredi 27 janvier 2016. Exceptionnellement ouverts au public ce soir-là, ils ont permis la rencontre entre intellectuels et citoyens pour débattre de thèmes sociétaux et penser le monde de demain.

« La base de notre diplomatie est notre culture » a déclaré Laurent Fabius dans son discours d’introduction. Cette nuit de débats a été initiée en France, mais le ministre des Affaires étrangères encourage son exportation à la plus grande échelle.

© Frederic de La Mure MAEDI
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Avec plus de 4000 personnes présentes, cette première « nuit des idées » a remporté un franc succès. Vu de l’extérieur, la file d’attente était sans fin. La patience des curieux étant récompensée par le départ au compte-goutte des visiteurs. Une foule très parisienne et majoritairement jeune a fait grincer le parquet en point du lieu non habitué à ce genre de réception.

Dans quel monde vivrons-nous ? Le sociologue Bruno Latour et l’architecte Rem Koolhaas ont ouvert les hostilités avec cette question très ouverte. Ils ont tenté d’apporter leur réponse à travers la « modernisation des cultures », l’anthropocène, l’environnement, les sciences ou encore l’exploration.

Délitement des démocraties

Le constat de l’historien Pierre Rosanvallon est clair : il y a une fragilisation des démocraties. La démocratie, telle qu’on la connait, se défait via plusieurs éléments qui isolément peuvent paraitre mineurs. Nous avons vécu des petits progrès dans la démocratie, et là ils se défont.

© Frederic de La Mure MAEDI
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La sociologue et économiste Saskia Sassen, a évoqué les écoutes de la NSA dans le cadre du Patriot Act aux Etats-Unis. Dans la liste, les écologistes, les sympathisants de Daesh et les vétérans de guerre. Un échos à l’état d’urgence prolongé en France. Pierre Rosenvallon a tenté lui, de redéfinir le rôle du citoyen : « c’est celui qui veille, qui est attentif à la société ». Il y a un déclin du sens du commun dont nous sommes parfois acteur. Et de conclure : « La lucidité est la première condition pour refaire citoyenneté ». On aurait aimé l’entendre plus sur ce thème si essentiel aujourd’hui dans le débat public.

Le futur : une république numérique

« Parlons d’après-demain, fait des technologies et des politiques qui vont avec » a déclaré avec entrain le journaliste Florent Latrive, pour le non moins ambitieux débat de clôture « Le monde d’après-demain ».

« Cela fait des années que je viens à Paris, et on dirait que ce sont les mêmes grèves qui sont en cours » déplore la hackeuse taïwanaise Audrey Tang en référence au conflit Uber-Taxis. Une même raison surgit d’après les deux acteurs de la grève : ils ne disposent pas des mêmes informations que l’état, les lobbys étant visés. Power Point sur les genoux, Audrey Tang nous a rappelé l’importance de l’open data, de la consultation virtuelle en cas de nouvelle législation pour une meilleure participation au débat public. Et de l’intérêt de la réalité virtuelle qui permet de rassembler les citoyens malgré la distance.

© Frederic de La Mure MAEDI
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L’Institut Français n’a pas pu honorer les 14 000 demandes de réservation, mais les conférences ont été diffusées en streaming. Cet élan d’intérêt démontre l’urgence du besoin d’idées et de débat dans notre société qui ne s’estime plus représentée.

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