Alors que la Fashion Week de New York a tiré sa révérence depuis quelques semaines, retour sur les défilés qui ont fait palpiter notre rétine.

New York ressuscitait. Du 6 au 12 septembre dernier, la fashion week new-yorkaise, première en liste, dédiait ses collections au printemps-été 2019. Et le berceau des revendications liées à la sexualité, semble avoir une fois de plus joué la carte de la création et du militantisme. Serait-il ironique de constater que le thème majeur était Wanderlust ? Aude à la culture Queer, retour de l’extravagance et positionnement politique au menu.

Tom Ford ouvrait le bal. Malgré les tendances actuelles, il nous a offert un printemps-été 2019 authentique, luxueux et objectivement divin. Longues robes en soie, richement ornés de franges, savamment animalier. Tandis que la marque Escada effectuait ses premiers pas sur les podiums américains. Une belle occasion de fêter les quarante ans de la maison, et de présenter une collection savamment nostalgique des eighties, décennie magique pour le groupe. Epaulettes, couleurs vives et boutons dorés étaient de sortie.
Hugo Boss a pris le parti d’une utilisation minimaliste des couleurs, avec beaucoup de noir, de blanc, de beige et de vieux rose pour sa collection BOSS intitulée « California Breeze ». L’un des costumes, immaculé, rappelait la tenue portée par Michael Jackson sur la photo de l’album « Thriller », dont Hugo Boss a réinterprété une version pour les 60 ans de la naissance du roi de la pop.

La créatrice américaine Tory Burch présentait une collection enjouée, empreinte du souvenir de son enfance. Ses nombreuses croisières en Méditerranée ont inspiré ce dialogue entre les rives nord et sud de la mer, de la dentelle de Chypre aux djellabas d’Afrique du Nord, en passant par les volants de la robe flamenca. Certains aspects évoquaient l’esprit d’Yves Saint Laurent, notamment des déclinaisons de la fameuse saharienne, réinterprétée il y a plus de cinquante ans déjà par le couturier français.

Une flopée d’anniversaire

Dans un registre totalement différent, le cinquantenaire Ralph Lauren, qui présente désormais ses collections en saison, est revenu aux deux grands axes qui ont défini son style. D’un côté le « preppy », qui rappelle la grande bourgeoisie de Nouvelle-Angleterre et les campus d’universités façon 50’s, de l’autre les grands espaces et le country traditionnel. Au rendez-vous des tendances.
Longchamp célébrait également l’événement. La maison septuagénaire s’est offert les podiums New Yorkais pour l’occasion, témoignant de la volonté de se renforcer aux Etats-Unis. La directrice artistique, Sophie Delafontaine, petite-fille du fondateur, entendait allier « esprit californien et sens de l’élégance parisienne », s’appuyant sur le coeur de métier de la marque. Les tenues faisaient la part belle au cuir et au daim, égayés de franges dans des coupes fines et épurées.

Une vague d’hommage s’est également épandue sur New York. Notamment Kate Spade, qui présentait sa première collection depuis la mort tragique de sa fondatrice en juin dernier. Le défilé, organisé au sein de la New York Public Library, marquait également les débuts de la nouvelle directrice de création, Nicola Glass. « Elle laissait une petite étincelle partout où elle allait », disait un carton distribué aux invités… Composé d’une série d’imprimés charmants aux couleurs bonbon et de silhouettes à la fois cohérentes et flatteuses, la collection d’inspiration bohème chic, était illuminée avec douceur par des ballons d’éclairage de cinéma.

Virée à Brooklyn

Si la plupart des défilés se déroulent à Manhattan, Brooklyn a été investit pour les collections printemps-été 2019. Pyer Moss, ardent défenseur de l’héritage noir et du lack power, le duo de créateurs d’Eckhaus Latta, qui font valoir le droit à l’expérimentation au détriment du commercial, imposant leur carte « tender fluid », ou encore Rihanna et sa lingerie ont entraîné leurs invités dans les quartiers les plus « hipster » de la métropole américaine.

Retour à New York

La Fashion Week new-yorkaise avait subi plusieurs défections cinglantes ces derniers mois. Mais cette saison, quelques grands noms américains partis défiler pour d’autres capitales, comme Proenza Schouler ou encore Rodarte font preuve de retours majestueux. Rodarte, choisissant le Marble Cemetery de New York, un espace verdoyant méconnu et pourtant splendide, avec des sépultures du XIXe siècle, des pierres tombales, des caveaux et des piédestaux. Un parterre de mannequins défilaient solennellement dans des robes de rêve à demi-transparentes et pleines de superpositions, des fourreaux en cuir métallique défiant la gravité ou encore des kilomètres de mousseline de soie froncée.

Ode à l’Amérique

Coach présentait une ode à l’Amérique sauvage, alliant matières brutes et pièces traditionnelles telles que des blouses bouffantes, des « jupes prairies », des trainers en daim, ou encore des vestes à caractère. Bienvenu à Santa Fe.
Cap sur l’ouest chez Michael Kors, avec des couleurs vives, des imprimés floraux voire tropicaux, ceintures et colliers coquillages.
Oscar de la Renta présentait sa collection sur le toit des Spring Street Studios. La nouvelle équipe créative a montré qu’elle savait renouveler la ligne sans trahir l’esprit du fondateur. Minirobes couvertes de franges, pareo frangé porté en jupe, tuniques aux immenses franges (décidément, une des tendances de la prochaine saison), des pantalons et vestes ou très longs manteaux à motifs ikat et des robes patchwork fleuries, marquent ce tournant.

Nostalgie des époques

Jeremy Scott, lui, s’inspire des 90’s, de l’esprit pop et coloré des dessins animés. Cette saison, ilumière sur un plaid grunge-nostalgique parsemé de logos sous licence ou de personnages de dessins animés tels que Pikachu de la série Pokémon qui est apparu comme un imprimé intégral sur des pulls roses, des sweatshirts et des jupes.
Tandis que Marc Jacobs célébrait une femme stylistiquement appuyée des designers qui l’inspirent. Yves Saint Laurent, Roberto Capucci, Coco et le Chanel de Lagerfeld, Stephen Sprouse, Vivienne Westwood… La collection mêlait avec adresse les codes d’une mode plus baroque qu’utilitaire à ceux d’un Marc Jacobs au sommet de son art. Le col Pierrot, métonymie Jacobienne, mais aussi les matières flottantes et aériennes coupées façon jabot géant épousant le tricot typiquement grunge…
A l’image de Raf Simons, la collection Calvin Klein a également suscité les commentaires. Inspiré par deux films cultes : “Le Lauréat” et “Les Dents de la mer”, il imagine une collection qui joue sur les notions de transgression et rebellion en melangeant les genres, les styles mais également les matières et les époques. Une collection riche en reférences avec toujours présentes, les références à l’univers de Warhol.

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Rédactrice Actualité Mode