« L.R. Les silences d’un résistant », un livre biographique de François Rachline.

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 François Rachline est un économiste, universitaire, essayiste et romancier, à la production prolifique depuis le milieu des années 80. Aujourd’hui c’est sa plume d’écrivain qui s’exprime dans un récit biographique, inspiré par une enquête. Celle qu’il a faite sur son père, et sa formidable histoire.

L.R. pour les initiales de Lazare Rachline. Juif russe immigré en 1905 avec toute sa famille, et naturalisé en 1938, c’est parce qu’il se sent Français avant tout qu’il s’engage dans la Résistance, alors que celle-ci n’est composée que de petites résistances. Il est aussi fortement influencé par ses différentes expériences, la cofondation de la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme), son engagement volontaire en 1940, son évasion d’un camp de prisonnier, la vie sous Vichy et le statut des Juifs. C’est un homme aux multiples facettes qui côtoya les plus grands de la France Libre, de Jacques Chaban-Delmas à Charles de Gaulle. Mais c’est aussi un ingénieur qui se méfie de la politique, ce qui en fera un atout majeur dans la restructuration de différents services, et de la Résistance elle-même. Homme réservé, réfléchi et introspectif François Rachline dira de son père « sa mort ne fut pas la victoire d’un silence, comme je l’ai pensé un temps, mais la libération d’une histoire » .

Et c’est bien d’histoire dont on parle ici. L’Histoire avec un grand H, qui se déroule en arrière plan, mais aussi les histoires d’hommes, de femmes, qui ont résisté, qui ont collaboré, qui ont vécu. C’est l’histoire de l’Histoire française. Après la Seconde Guerre Mondiale suivant les préceptes du Général de Gaulle, la France, toute entière, a été résistante, c’est donc une histoire de la Résistance mythifiée qui se construit. Puis, autour des années 70, une nouvelle vague d’historien déconstruit le mythe, et montre la réalité sombre de la collaboration. Désormais, de « Un monstre à la française » (de Brunet) à « L.R. Les silences d’un résistant », en passant par « Le Corbusier un fascisme français » (de De Jarcy) et « Jean Zay, un républicain » (de Marlin), c’est l’histoire des Hommes qui priment. Une immersion dans leurs actions, leur passé, leur personnalité. D’hommes connus et moins connus, qui méritent, collabos ou résistants, que l’on apprennent leur histoire pour le futur. Aperçu qui permet aussi de transmettre, un peu, l’atmosphère de cette époque.

Grâce à de nombreux documents d’archives familiales, françaises et britanniques, François Rachline nous offre le portrait d’un homme intègre, résistant, non pas par devoir mais par croyance, dans l’humanité. Cependant il ne le fait pas en tant que fils d’un père prodigue, mais en tant qu’enfant de la nation. Afin de faire (re)découvrir, à la patrie que son père chérissait tant, quel homme extraordinaire il a été.

Pour finir laissons la parole à Lazare Rachline, en 1950, à l’occasion du procès d’Hardy (l’homme qui a fait tomber Jean Moulin), lorsque l’on parle de lui en tant que héros : « Tout ceux qui ont fait de la résistance ont fait, je crois, simplement leur devoir vis-à-vis de leur conscience et vis-à-vis de la France. On est pas un héros tant qu’on a pas été arrêté par la Gestapo, tant qu’on a pas été supplicié, tant qu’on a pas gardé le silence sous les tortures. […] Je voudrais qu’on laisse, tout de même, le titre de héros à ceux qui le méritent. »

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