A 19 ans, la New-Yorkaise King Princess, protégée de Mark Ronson, sort un premier EP intitulé Make My Bed. Portée par les singles 1950 et Talia, la jeune fille s’impose comme la nouvelle ambassadrice de la queer pop américaine. 

Elle n’a pas encore 20 ans et pourtant, King Princess a déjà tout d’une grande. Signée sur le label Zelig Records de Mark Ronson (Amy Winehouse, Lady Gaga, Bruno Mars…), la jeune New-Yorkaise vient de dévoiler un premier EP, Make My Bed, et ses premiers concerts outre-atlantique ont affichés complets en moins de dix minutes ! Ses deux premiers singles, 1950 et Talia ont dépassé le seuil symbolique des 100 millions d’écoutes et pourtant ici en France, on entend encore peu parler de King Princess. Qui est-elle ? 

King Princess © Columbia Records

Une anti pop star ?

Mikaela Straus avait tout pour devenir une pop star à la Taylor Swift ou à la Miley Cyrus : une famille de musiciens, une proposition de contrat d’enregistrement à l’âge de 11 ans, un visage d’ange, une silhouette frêle et juvénile, une voix remarquable… Sauf que celle qui deviendra King Princess n’a rien fait dans les clous. Exit la carrière musicale de l’enfant-star, Mikaela préfère continuer ses études, et au diable les poses de jeune fille in love d’un beau mec qui exacerbe sa féminité. Mikaela n’est pas une princesse, elle est un « Roi Princesse ». 

Avec la maturité d’une Lorde, l’assurance d’une Christine and the Queens et l’audace d’une Hailey Kiyoko, King Princess a choisi d’assumer son identité queer, en brouillant les pistes entre féminin et masculin et en s’adressant directement à ses amantes dans ses chansons. Une tendance qui s’affirme aujourd’hui dans la sphère pop, où les textes introspectifs et sincères font de plus en plus recette, au détriment des hits sur-markettés écrits à la chaine et interchangeables. Une bonne nouvelle pour les artistes qui souhaitent s’affranchir des stéréotypes radiophoniques, et changer doucement les manières d’écrire et de composer de la pop aujourd’hui. 

Un EP prometteur

Protégée de Mark Ronson, King Princess a pu s’engouffrer dans cette nouvelle veine de la queer pop et en devenir la nouvelle ambassadrice grâce à des titres comme 1950 ou Talia. Son premier EP, intitulé Make My Bed, s’ouvre sur une jolie introduction en forme de mise en abyme : « I am awake, making my bed » chante King Princess. Sortie d’un long sommeil, la voici qui s’avance vers son public avec ses fêlures et son sens de la musicalité peut-être inné, qui fonctionne à merveille sur Talia.

Sur Upper West Side, King Princess s’en prend justement aux « bitches » de ce quartier huppé de Manhattan, et en profite pour écorcher au passage le star system : « You’re so cute bet you really wanna be a star / To feel like gold when you’re dancing on broken hearts ». Bad girl sensuelle dans Holy, hommage à la communauté queer dans 1950… King Princess est proche dans son écriture d’une Lana Del Rey, sincère et décomplexée, le côté diva en moins. 

Musicalement, la pop de King Princess flirte avec des sonorités plus rock grâce aux guitares électriques, aux mélodies hachées et à l’interprétation, qui oscille habilement entre colère et nonchalance, entre force et fragilité. La voix, mûre et légèrement éraillée, rappelle un peu celle de la canadienne Alessia Cara.

Enfin, avec ce premier EP, la jeune King Princess peut tout à fait  s’imposer comme l’un des espoirs de la nouvelle pop américaine, bien ancrée dans son époque et ses combats pour une meilleure reconnaissance de la communauté LGBTQ. 

King Princess © Columbia Records

King Princess, EP Make My Bed disponible depuis le 15 juin 2018.
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