Un peu plus d’un mois après la sortie de l’album « Petite Amie », la douce Juliette Armanet nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions entre deux répétitions. Une interview exclusive à lire sur Untitled Magazine !

Souvenez-vous, il y a un mois nous vous parlions de ce disque, Petite Amie, et de la poésie sensible de Juliette Armanet. Pour nous, elle ressuscite la variété française et nous lui promettons un bel avenir musical. Entre deux répétitions pour sa prochaine série de concerts, la jeune femme à la voix douce et rieuse nous a accordé une interview exclusive où elle se confie sur sa vie d’artiste, ses projets et ses inspirations. Entretien.

Bonjour Juliette ! On t’a beaucoup comparée à Véronique Sanson, William Sheller ou encore Michel Berger. Personnellement en écoutant « Petite Amie » j’ai eu l’impression d’écouter un disque inédit de Starmania, avec ses personnages, ses ballades et ses chansons plus « pop ». Est-ce que cette référence te parle ?
Juliette Armanet
 : Oui complètement ! J’aime bien l’idée d’avoir plusieurs personnages qui nous livrent leurs histoires… Dans ce disque il y a des hommes et des femmes de différents âges qui s’expriment. Et en même temps il y a quand même une unité, en tout cas je l’espère.

Est-ce que ça te plairait d’écrire une comédie musicale ?
C’est drôle, on m’en parle en ce moment justement ! J’ai l’impression que les comédies musicales en France ont beaucoup été faites de manière « populaire », mais au mauvais sens du terme. Donc oui, j’adorerais, ce serait super !

Comment est-ce que tu écris tes chansons ? Est-ce que ce sont plutôt des fulgurances ou le fruit d’un long travail ?
En fait j’ai l’impression qu’une bonne chanson ça s’écrit très vite, parce que le temps de l’inspiration est très court. Il faut s’y accrocher de manière passionnée pour ne pas la lâcher. Le mot fulgurance me paraît un poil pompeux par rapport à l’exercice mais oui, il y a un peu de ça. Fabriquer une chanson c’est un peu magique… En général je ne mets pas plus de 2 à 3 jours car je crois qu’il faut rester dans l’émotion pour ne pas que ça se dénature ou que ça se rouille.

Pourquoi ne pas avoir mis « Adieu Tchin Tchin » sur l’album ?
Oh ! Et bien parce qu’il était déjà sur l’EP et que je pensais qu’il avait déjà eu une première vie sur disque. Mais comme je vais sans doute le chanter en live, c’est un titre qui va continuer à vivre !

Ton travail avec le plasticien Théo Mercier sur tes visuels contribue à te donner une image de chanteuse « branchée ». Est-ce qu’il faut travailler son image, savoir « se marketer » pour vendre des disques aujourd’hui selon toi ?
Très bonne question ! Je suis en plein dans ce genre de considérations figure-toi… Pour moi le travail sur l’image, ce n’est pas un travail proprement marketing, c’est un vrai travail artistique qui est aussi important que celui du disque en terme de musique. Pour moi, c’est tout aussi excitant, tout aussi intéressant, tout aussi amusant et émouvant de travailler sur l’image. Donc ce n’est pas du marketing, c’est juste un truc qui m’amuse, qui me plait, qui fait autant partie de la création de la musique que du reste. J’y accorde énormément d’attention, pour que ça ait de la gueule, que ce soit étonnant… Après, le marketing d’un disque, je pense que tout dépend de son ambition. J’aime bien l’idée d’être « branchée » comme tu dis, mais en même temps on est « branché » pendant assez peu de temps, et je préfèrerais m’ancrer dans quelque chose d’un peu plus solide et d’un peu plus durable que d’être juste la chanteuse du moment. Il faut savoir être autre chose qu’un chanteur juste « branché » pour avoir une vraie carrière à la Sheller, ou à la Sanson… Des gens qui ont fait plusieurs disques, qui ont réussi à s’implanter dans le temps, à faire des choses toute leur vie.

Justement, quels sont les artistes qui t’inspirent dans la peinture, la littérature ou au cinéma ?
Récemment, j’ai été bouleversée par le film Divines d’Houda Benyamina. Je trouve que c’est un très grand film, vraiment. Il y a des maladresses mais en même temps une fougue, un tel tempérament… Ca a été un vrai choc esthétique ! Pour les arts plastiques, et bien je trouve que le travail de Théo Mercier est vraiment génial, et ce n’est pas parce que c’est mon ami ! C’est quelqu’un que j’adore parce que je le trouve insolent, drôle, et extrêmement déroutant. Et en littérature, je suis accrochée à Apollinaire depuis le début et je n’arrive pas trop à m’en défaire… Mais j’ai l’impression que ce n’est pas une mauvaise habitude !

Tu étais journaliste avant de faire de la chanson votre métier, comment s’est passée cette transition ?
J’ai toujours fait de la musique depuis mon adolescence. En 2014 j’ai enregistré une première version de L’Amour en Solitaire avec Yuksek, et grâce à cette production j’ai pu participer au concours des Inrocks Lab. Je ne m’attendais pas à aller jusqu’en finale mais ça a été cas. C’est là que j’ai été pêchée par une maison de disques et c’est tant mieux, parce que j’avais très envie d’avoir une équipe autour de moi.

Tu as rencontré Julien Doré par hasard et vous avez collaboré sur deux chansons : La Carte Postale sur scène et Corail sur le dernier album de Julien. Qu’est-ce qui te plait chez lui ? Envisagez-vous de tourner un clip ensemble ?
Hum… Ce que j’aime chez Julien Doré ? Et bien déjà sur scène je le trouve très drôle, très ambigu. Il a un truc très populaire et en même temps quelque chose de plus racé, de plus précis, de plus élégant. Il oscille entre plusieurs genres, plusieurs registres, plusieurs publics, et c’est un jeu d’équilibriste assez difficile ! Et puis c’est un vrai showman ! C’est un mec qui passe sa vie à travailler, il a une dévotion extrême pour son travail ! Récemment, on a joué La Carte Postale au Zénith, et justement on a enregistré une petite session live à deux de cette chanson. Ca va sortir prochainement !

Est-ce que tu accepterais de faire partie de la troupe des Enfoirés si on te le proposait ?
Quelle étrange question ! Moi j’ai l’impression que je n’aime pas trop le côté ostentatoire de l’engagement public… Après si ça peut vraiment aider, servir à quelque chose, oui. Mais pour le moment je pense que je suis extrêmement loin d’être une enfoirée !

Si tu devais emporter une chanson sur une île déserte, laquelle choisirais-tu ?
C’est difficile ! Déjà, j’essaierais d’en prendre deux. Une seule, je m’en lasserais. Je pense que je prendrais Kiss de Prince et Première Rencontre de Françoise Hardy et Michel Berger.

Pour finir, l’album Petite Amie est sorti depuis un peu plus d’un mois maintenant. Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Justement on est en train d’imaginer à quoi vont ressembler les concerts : la scénographie, les lumières… Pour le moment on a un live de groupe de 45 minutes, mais moi j’aimerais bien que ça en fasse 1h15. Il reste une bonne demi-heure de musique à monter, donc en fait il y a encore énormément de travail qui m’attend ! Du coup je pars en vacances la semaine prochaine et je compte bien en profiter car je sais que la suite va être intense !

(c) Erwan Fichou / Theo Mercier
(c) Erwan Fichou / Theo Mercier

Juliette Armanet sera en concert à Paris le 7 juillet au festival Fnac Live, le 10 juillet au Montreux Jazz Festival, le 16 juillet aux Francofolies de La Rochelle et le 31 juillet au festival de Carcassonne.
Plus de dates sur sa page Facebook.
L’album Petite Amie est disponible depuis le 7 avril.