Du 15 janvier au 10 avril 2017, le théâtre de Trévise devient le cadre de l’un des passages les plus sanglants de notre histoire. Accrochez-vous à vos entrailles ! 

Londres, 1888. Loin des productions aux héros que l’on a adulé à travers l’histoire, le spectacle Jack, L’Éventreur de Whitechapel nous emmène sur les traces sanglantes d’un des plus grands meurtriers en série de l’histoire. Mis en scène par Samuel Sené, ce spectacle casse les codes actuels de la comédie musicale pour retranscrire au mieux le climat qui régnait alors dans ce quartier misérable, entre terreur et colère. Une mise en scène originale qui permet d’aborder l’histoire du Ripper à travers un nouveau prisme.

© Nathalie Robin

Mystère et fascination autour de L’Éventreur

Il n’est certainement pas le plus grand tueur en série de l’histoire, avec au compteur cinq victimes. Néanmoins, sa sauvagerie, son anonymat et le choix de ses proies ont, dès l’époque de ses crimes, fait de lui un personnage mythique. Pourtant, sait-on vraiment qui était Jack L’Éventreur ? Si le spectacle apporte sa propre version des faits, le mystère reste aujourd’hui entier. Au-delà de cette identité qui restera certainement inconnue à jamais, beaucoup de choses restent à ce jour inexplicable. Tout d’abord, le peu de sérieux de l’enquête alors même que, pour la première fois, le tout Londres s’inquiétait de ce qui avait lieu dans les bas quartiers. Ensuite, l’étrange silence des habitants du quartier. Mais ce qui renforce surtout la fascination morbide autour de Jack L’Éventreur est son attitude mystérieuse. Avec une sauvagerie croissante jusqu’à la mort de Mary Jane Kelly, il arrête ses crimes du jour au lendemain, chose rare pour un tueur en série. Après son cinquième meurtre, on n’entendra plus jamais parler de lui.

© Nathalie Robin

De l’histoire au spectacle : réécriture du mythe

Le mystère qui entoure ces meurtres explique en partie la multitude des adaptations autour de Jack L’Éventreur. En voici une de plus. La mise en scène de Samuel Sené ne met pas l’accent sur le meurtriers mais sur les victimes et les habitants de Whitechapel. C’est ce qui fait toute son originalité. Meurtres, prostitués et vies misérables obligent, cette comédie musicale diffère des canons que nous connaissons. On se rapproche inévitablement d’une ambiance de cabaret. Sur scène, onze comédiens se succèdent et multiplient les rôles, accompagnés de trois musiciens pour un spectacle en live. Les chorégraphies sont présentes mais de manière éparse, et restent timidement entreprenantes ; et c’est tant mieux ! Les touches d’humour, à travers les personnages Abberline et Morty, sont parsemées avec minutie et permettent d’alléger l’atmosphère aux moments les plus importuns. Seul deux petits bémols viennent noircir cette sombre histoire : l’intrusion d’une romance, liée à la volonté de nous souffler l’identité du Jack l’Éventreur de cette nouvelle version.


Du 15 janvier au 10 avril (lundis et mardis)
Théâtre de Trévise – 14, rue de Trévise 75009 Paris
De 20 à 32€
Déconseillé aux moins de dix ans.

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