Récent lauréat du dispositif Give Me Five, le jeune groupe Twirrl nous charme avec ses sonorités pop réinventées. Avant un prochain concert sur la scène de la plage au Glazart, le groupe s’est confié sur ses influences, son parcours et sa carrière naissante.

Ty Segall, Ariel Pink, Mac Demarco… Mélangez ces artistes et vous tomberez sur le groupe Twirrl. Maxime Sirbu est dans la musique depuis tout petit. Après quelques passages brefs dans plusieurs groupes, il décide de se lancer solo et de créer son propre projet. Accompagné de son lecteur K7, en studio comme sur scène, il nous fait voyager dans son univers pop et coloré. Rencontre.

Comment es-tu entré dans le milieu de la musique ?
J’ai eu une révélation (rires). J’ai commencé par la batterie, quand j’étais jeune et avant de faire ce projet, j’étais exclusivement batteur pour divers groupes. Dans un groupe avant, c’était plus rock-garage, et puis j’ai toujours eu envie d’avoir un groupe… mais c’est moi ! Je ne suis pas mégalo, mais j’avais envie d’avoir la main sur tout, y aller à fond et laisser aller tous mes délires.

J’ai récupéré du matériel d’enregistrement à droite, à gauche, j’ai enregistré mes morceaux, et une fois que c’était fait, j’ai monté mon groupe. Pour moi, c’était plus d’essayer de créer quelque chose et ensuite de le refaire sur scène, plutôt que répéter avec un groupe et essayer de recréer une éventuelle symbiose.

Peux-tu nous parler de ton processus de création ? Quelle est la particularité de tes enregistrements ?
Je fais des démos sur mon ordi, j’enregistre plusieurs sons, ou parfois j’enregistre le morceau intégralement, pas forcément bien enregistré. Quand tu réalises un morceau avec d’autres gens, tu crée un morceau puis après chacun rajoute sa couche dessus. Moi je fais pareil, tout seul, mais piste par piste. Je compose par couches. Je fais le travail d’un groupe, mais tout seul, partie par partie.

Les opés qui sont sortis, je les ai enregistrés sur un vieux magnéto à bandes parce que j’avais envie de tester quelque chose de différent. L’analogique est plus fidèle, ça retranscrit mieux ce que tu veux, alors que le numérique ce n’est pas forcément un son correct. Dans mon expérience, et dans ma tête, c’est l’inverse, le numérique c’est de ce que tu enregistres, c’est un peu froid, c’est la même chose. L’analogique, tu as un côté où tu touches les choses.

Quand je joue en solo, j’apprécie pas vraiment d’avoir un ordinateur sur scène. Pour moi, ça fait un peu David Guetta, il y a ce petit côté boite noire… A la place sur scène, mon synthé, c’est un ordi « un raspberry Pi », c’est un petit ordi mais tu n’as pas le côté avec la machine qui fait le son. Avec les cassettes, c’est la même chose, c’est un lecteur cassette qui est synchronisé avec mes synthés.

Est-ce que c’est une façon de faire que tu as vu chez d’autres artistes ?
Non, non non non ! J’ai réfléchis, je me suis demandé si j’allais essayer avec une guitare seule, mais ça me plaisait pas, et puis avec un ordi non plus, donc j’ai testé avec les cassettes. Avant, on n’avait pas le choix, on avait que des cassettes. Des lecteurs comme ça, tu en as plein en ligne sur le bon coin. Et c’est sympa, les gens ils me voient avec mes cassettes sur scène, c’est palpable.

Et donc tu vends tes synthés programmés ?
Et… non, ça c’est un projet que j’ai encore en cours ! Ce sont des synthés que j’ai déjà programmé pour ma musique, ensuite j’essaye d’en faire un VST pour que les gens puissent ensuite s’en servir. L’idée c’est que les gens puissent utiliser le programme de mon synthé sur le leur. J’ai pas encore fini, il me manque l’interface. L’idée c’est qu’ils essayent de refaire les mêmes sons que sur l’EP, c’est possible.

Quelles sont tes influences musicales ?
On m’a souvent dit que ça ressemblait à Mac Demarco, qui est une influence effectivement parmi tant d’autres. Moi, j’ai toujours été attiré par les sons un peu do it yourself, j’aime pas les sons studios très propres. J’aime vraiment bien, c’est plus organique, si c’est pas parfait, avec du bruit, ça rend un côté plus réel qu’un son produit en studio. Moi ça me déconnecte du morceau. Sur les influences, je peux parler les Smith, les Cure, les Beatles… des influences assez connues. Mais j’aime bien la scène américaine, plutôt garage.

Quels sont tes projets à venir ?
Pour l’instant, il y a l’EP, qui est enregistré, qui j’espère sortira bientôt. J’aimerais bien développer mon projet sur scène avec le groupe. Je suis continuellement en train d’écrire de nouveaux morceaux, j’ai une approche différente par rapport à ce que j’ai pu enregistrer avant. Le son a un peu évolué, même si la base reste similaire, j’essaye de trouver un son un peu plus aérien.

Tu es multi-instrumentaliste… tu as joué de la flûte traversière à la Java, tu joues de quel instrument alors ?
Batterie, basse, guitare, flûte depuis un an. J’adore le son de flûte traversière. Par exemple, j’ai écouté Herbie Mann, c’est un flûtiste de jazz qui a fait des dizaines et des dizaines d’albums, et je voulais pouvoir faire la même chose. Puis ensuite, j’intègre ça dans ce que j’ai déjà. La flûte traversière est assez dévaluée, on la connait dans un orchestre. J’ai pas un niveau exceptionnel dans tous ces instruments, mais je trouve ça bien de diversifier les sons.

Tu fais partie des cinq lauréats Give Me Five, en quoi cela peut être un tremplin pour toi ?
Pouvoir développer sur la scène parisienne le projet, pouvoir rencontrer des gens, pour externaliser le projet car il est encore très, peut-être trop personnel. Même si j’aime bien travailler seul, j’aime avoir des avis, prendre du recul. Je suis assez discret dans ma démarche, je suis un peu en retrait. J’ai du mal à me mettre en avant sur ce que je fais !

Le groupe se produira en concert à la plage du Glazart le 20 juin prochain à Paris et le 29 juin au Point Éphémère.

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Journaliste et fondatrice de untitledmag.fr Contact mail : m.heckenbenner@untitledmag.fr