Il y a un an, nous découvrions le groupe Inüit avec leur projet Tomboy. Depuis, ce groupe de six jeunes nantais a sorti un EP, Always Kévin, et prépare un album prévu pour début 2018 avant de repartir en tournée. Avec un style éclectique et toujours en évolution, ils apportent une fraîcheur bienvenue sur la scène électro-pop française. Entretien avec Pablo, Alexis et Coline, trois membres du groupe, après leur concert, dans les coulisses de Rock en Seine.

Est-ce que vous pouvez vous décrire en quelques mots ?
On est Inüit, un groupe de six nantais qui font de la musique ensemble depuis 2 ans maintenant et on poursuit notre petit bonhomme de chemin qui nous amène à Rock en Seine aujourd’hui et on est très content.

Pourquoi Inüit ?
Pourquoi Inüit….Parce qu’on cherchait un nom, et que comme tout le reste dans le projet, ça devait plaire à tout le monde. Et on a réussi à tomber d’accord sur Inüit parce qu’il y avait cet esprit un peu être humain, aventure humaine, qui résonnait dans le mot et qui nous parlait par rapport à notre projet en lui-même et comment il est à l’intérieur. C’est une bande de copains qui essaye de vivre ensemble pour faire de la musique et gagner leur vie avec ça. On n’habite pas ensemble mais vu qu’on se voit tous les jours on vit presque ensemble.

Comment vous décririez votre musique ?
Je décrirais la musique en disant que c’est six entités différentes, nourris de beaucoup de styles et d’époques différentes. Les points culminants de nos influences c’est plutôt la pop, l’électronique, le R&B, le jazz, mmmh, quelque aussi de très percussif – mais ça ce n’est pas un style de musique…

C’est ça aussi qui fait la qualité du groupe, c’est un gros mélange ! Est-ce que vous avez des artistes qui vous inspirent particulièrement ?
Pour le projet, je ne sais pas, on a tellement de styles différents qu’on se nourrit de plein de choses différentes et je pense que ça peut nous nourrir mais pas forcément directement pour le groupe. Mais il y a quand même des groupes qu’on aime tous bien, genre BadBadNotGood, Porches, David Bowie, Flying Lotus, Fourtet, John Wizard… Et surtout après ça, inconsciemment ce qu’on aime en tant qu’individus transparait dans ce qu’on va valider ou non des propositions artistiques qu’on va proposer, ce qu’on va apporter à notre pupitre, au pupitre des autres, c’est aussi nourri des influences individuelles qui pour le coup ne sont pas partagées.

Si j’ai bien compris, en gros vous produisez la musique tous ensemble, vous vous réunissez, vous composez…

C’est la composante essentielle du projet, tout est basé là-dessus – sur le fait que c’est à six que ça se passe, c’est à six qu’on crée, c’est à six qu’on joue en concert, et c’est à six qu’on se sent tous investis de manière égale sur les morceaux qui sont créés et c’est la base du projet c’est pour ça qu’il a tendance à se développer aujourd’hui, c’est rare.

Et du coup c’est pas trop compliqué parfois ?
Si mais ça vaut le coup ! On changerait pour rien au monde en fait, ce serait chiant.

On vous a découvert avec Tomboy, quelle évolution depuis, au niveau stylistique, dans votre état d’esprit… ?
Depuis Tomboy, on a créé des morceaux plus percussifs et violents même, on n’avait pas ça à cette époque-là, ou à l’extrême smooth quoi. Disons qu’on a étendu le panel de nuances. On a essayé vraiment, des choses qu’on essayait pas au début.

En juin vous avez sorti l’EP Always Kevin… C’est qui Kevin ?
Alors Kevin c’est euh, le côté un peu con, un peu enfant, un peu stupide, un peu… le débile que t’as dans ta classe, le côté un peu fêtard, le candide, le cancre …

Et, on vous a découvert au festival Transmusicales, ça a été votre tremplin ? La même année vous avez fait Bourges, quand est-ce que vous avez senti que ça décollait vraiment ?
C’est quand on a signé avec Benjamin Lebeau des the Shoes avec sa boite qui s’appelle Internet, et que dans la foulée, à peu près six mois après, on signait avec cinq 7 et Wagram et on commençait à avoir un encadrement professionnel qui donnait de la consistance au développement du projet. Et après, ce genre de nom là ça fait qu’on a accès à des scènes cools, ça ne sort pas de nulle part qu’on soit ici, je pense que c’est un peu lié.

Avec la chanson Circles, on a vraiment envie de faire la fête, pourtant c’est une chanson sur les violences conjugales, pouvez-vous nous parler un peu plus de ce morceau ? D’où ça vient, pourquoi ?
Alors pourquoi on a commencé à parler de ça … En fait, dans la composition, on procède souvent, on se demande de quoi on a envie de parler, qu’est-ce qui nous touche en ce moment, et qu’est-ce qui va avec la musique qu’on a pu préalablement composer et tout simplement, on est venus à se dire pourquoi pas parler des femmes battues, des violences conjugales, ça nous importait à ce moment-là – ça nous importe toujours, et on avait envie de faire une chanson là-dessus. On avait d’abord composé la musique, je me souviens, on était d’abord partis de quelque chose et en fait c’était tendu déjà dans la musique, donc ça allait vraiment avec ce qu’on voulait raconter. Il y a des thèmes comme ça, on sait quand on a envie d’en parler.

Vous avez un album prévu pour bientôt, j’ai cru comprendre ?
Oui ! On a passé tout le mois d’août à le composer, et on va passer tout le mois de septembre à l’enregistrer, et ensuite, y a les tournées d’automne, ce sera encore les morceaux de l’EP qu’on jouera encore, l’album devrait sortir en janvier février 2018. Et à partir de là on va pouvoir le jouer en concert.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter de plus pour la suite ?
Un bel album. Qu’on arrive à faire ce qu’on veut faire.

Propos recueillis par Maud Gozlan