A seulement 21 ans, LeMarquis est un jeune talent de l’électro made in France. Grâce à de très bons remixes, l’artiste commence à se faire un nom et multiplie les projets. Une occasion en or pour Untitled mag d’en savoir plus sur ce nouveau phénomène de la future bass.

LeMarquis, nouveau prodige de la future bass. A 21 ans, ce jeune artiste s’est fait remarquer grâce à de nombreux remixes postés sur son compte Soundcloud. Sa grande force : apporter un souffle nouveau à de célèbres morceaux R’n’B et rap des années 90 et 2000. Il peut aussi bien remixer un « Stand Up » de Ludacris que le fameux « Don’t mess with my man » de Lucy Pearl ou encore Mario et son « Let me Love You » qu’on a tous fredonné au moins une fois. Une touche nudisco alliée à un son future bass qui font leur effet sur chaque morceau. Le succès ne se dément pas pour le jeune Nîmois de 21 ans, qui dépasse facilement les 200 000 écoutes sur Soundcloud. Approché par Kitsuné, Interscope, et membre du collectif Discothrill, LeMarquis commence à se faire un nom dans le monde de l’électro et accumule les projets. Untitledmag l’a rencontré pour connaître son parcours, ses inspirations, sa passion pour la musique et ses projets pour la suite de sa carrière.

Untitled mag : D’où vient ta passion pour la musique ?

LeMarquis : Mon père est professeur de musique. Il a joué dans plusieurs groupes et m’a fait découvrir le rock, dès mon plus jeune âge. Des groupes mythiques comme les Beatles, Pink Floyd, Rolling Stones. J’ai découvert la musique électronique avec mes deux grands frères, qui écoutaient ce genre de musique. Après avoir joué de la guitare avec mon père à 11 ans, j’ai commencé à faire de l’électro avec un logiciel de base fourni avec mon premier ordinateur, Garage Band. Les possibilités de création étaient assez réduites mais ça me plaisait. Petit à petit, je me suis mis à composer des morceaux électro avec des logiciels plus poussés. Après mon BAC, j’ai intégré un BTS audiovisuel à Reims, ce qui m’a permis de travailler le son et la technique pour avoir un rendu plus propre. Je voulais devenir ingénieur du son. Mais en travaillant de plus en plus dans la musique, je me suis dit que je voulais être musicien professionnel.

Comment s’est effectué le virage dans la musique électronique ?

En 2011, j’ai créé un compte Soundcloud où je postais des sons. J’envoyais les morceaux à des gens. C’est devenu intéressant lorsque d’autres artistes me répondaient et me disaient qu’ils appréciaient ce que je faisais. Une personne, qui était le fondateur du collectif Discothrill, m’envoyait pas mal de mails sur Soundcloud pour me dire que ce que je postais était bien et qu’il serait intéressé pour que j’intègre le collectif. C’est tombé au bon moment car je commençais à en avoir marre d’envoyer tout le temps des messages. Je voulais me concentrer sur la musique et la composition. Mais, à cette période, en 2012, je ne connaissais rien. Je cherchais juste quelqu’un qui puisse m’aider à me faire connaître et à percer dans la musique. Il cherchait un morceau pour une compilation, je lui ai passé un titre qu’il a aimé et qu’il a intégré à la compil. C’est le premier réseau que je me suis créé, qui m’a permis de percer dans le milieu de la musique.

Tu as été approché par le label Kitsuné. Comment s’est fait cette rencontre ?

Après avoir fait un remix du titre « Fences » de Phoenix, qui a bien fonctionné, j’ai reçu un mail de Kitsuné. Le label me proposait de remixer un titre du groupe britannique Years & Years. J’ai immédiatement accepté. Le seul souci est que je n’étais pas payé. En échange, j’ai demandé à Kitsuné qu’il me trouve des dates pour mixer dans des boites. Une de mes premières dates était à Toulouse, avec le groupe Anoraak, en 2014. Et ensuite, j’ai joué au Showcase, à Paris, ce qui m’a encore permis de grandir.

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Pourquoi as-tu choisi comme nom de scène LeMarquis ?

A la base, je voulais un nom français. C’était la mode des noms à la française. Je voulais quelque chose d’un peu classe, qui fasse penser à la French Touch. Il faudrait peut-être que je trouve une autre raison pour mon nom de scène (rires).

Préfères-tu les DJ sets ou le live lorsque tu joues en boite ?

A la base, mes premiers concerts électro étaient des performances live. Je ne savais pas faire des DJ sets. Je n’avais aucune idée de ce que c’était. Discothrill organisait des petits lives dans un bar, à la Petite Taverne, à Paris. Je me produisais avec une guitare et un controller, un peu dans le même genre que FKJ, mais en moins bien (rires). Je me suis mis aux DJ sets car j’avais plus de demandes pour ça. Mon premier DJ set date du Social Club, en 2014, avec Zimmer, Breakbot et Chromeo. C’était une vraie chance de me produire, pour la première fois, avec de tels artistes.

Toi qui es originaire de Nîmes, pourquoi as-tu décidé de monter à Paris ?

Je faisais une licence professionnelle à Toulon pour continuer le son et la musique. J’avais déjà quelques sons qui fonctionnaient. A ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je tente ma chance à Paris. Dans le cadre de mes études, j’ai pu faire un stage dans un studio de doublage dans le capitale, pendant trois mois. Voyant que ça fonctionnait pour moi, je voulais rester et j’ai décidé de faire un master à Paris, en musicologie et technique du son. En réalité, c’était un prétexte pour rester dans la capitale. Au final, j’ai arrêté le cursus en cours de formation. Dans tous les cas, même si je n’avais pas été en stage à Paris, je ne voyais pas rester à Nîmes. Le type de son que je fais n’est pas très en vogue dans le Sud.

LEMARQUIS 1© laurene Berchoteau

Qu’est-ce que tu écoutes actuellement ?

J’aime beaucoup tout ce que fait Kaytranada, Flume, le label Soulection. J’écoute également les artistes du label Roche Musique comme Darius, FKJ, Zimmer. Ce sont des morceaux qui m’ont influencé et m’ont permis de trouver le son que je fais actuellement. Je suis également un grand fan de SBTRKT, que j’ai vu en live. Après, j’écoute toujours du rock, des groupes comme Arctic Monkeys, les Rolling Stones, le rock psyché de Tame Impala. J’écoute beaucoup de choses différentes.

Comment choisis-tu les morceaux que tu remixes ?

La plupart des titres que j’ai remixé sont des pistes que je connaissais avant. Ce qui m’accroche, ce sont les voix, avec des variations et des mélodies qui me plaisent. Sur certains morceaux, comme Indeep et Whitney Houston, je ne connaissais pas les tubes. Je me suis vraiment approprié le son, sans idée pré-conçue, vu que je ne les avais jamais écoutées avant. Forcément, ce sont des classiques qui peuvent rapidement plaire au public, ce qui s’est passé pour Indeep qui a dépassé le million d’écoutes. Cela fait toujours plaisir d’être écouté par beaucoup de gens.

Quels sont tes projets à venir ?

Je bosse sur un EP. J’ai beaucoup de morceaux, beaucoup de démos que je veux retravailler. J’ai aussi collaboré avec un rappeur. Vu que je n’ai pas encore de label, je préfère prendre mon temps et faire quelque chose de propre. A terme, le but est de revenir au vrai concert. En marge de l’EP, j’aimerais travailler sur un nouveau live, avec des instruments, comme à mes débuts. A long terme, j’adore produire des morceaux pour d’autres artistes. J’ai eu une demande d’un rappeur mais je veux m’écarter de ce qu’on peut entendre de moi. Je ne me fixe aucune limite.

LeMarquis sera de passage au Wanderlust, à Paris avec le collectif Discothrill le vendredi 21 août. Toutes les infos sur la page Facebook de l’événement.

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Passionné de culture, j'aime partager mes rencontres et être à l'affût de découvertes en tout genre, de la musique au théâtre en passant par le cinéma et la littérature.