A l’affiche du dernier film du réalisateur flamand Pieter Van Hees, Waste Land, l’acteur belge Jérémie Rénier joue le rôle d’un inspecteur qui enquête sur le meurtre d’un jeune africain, qui va le plonger dans un monde sombre. L’acteur s’est confié à Untitledmag sur ce rôle, la place du cinéma belge et ses projets.

Untitledmag : Qu’est-ce qui vous avez apprécié dans le scénario du film Waste Land ?

Jérémie Rénier : Dès l’écriture, j’ai senti que le réalisateur a voulu placé l’ambiance du film. C’était assez immersif. Il y a un vrai univers qui s’installe. Le vrai pari, c’était de filmer Bruxelles tel qu’il est, comme il est vraiment. Le côté gris, les ethnies, le bordel ambiant. Il y a très peu de films où l’on voit des Français et des néerlandophones. C’est un vrai parti pris du réalisateur. Cela m’a beaucoup plu.

Untitledmag : Est-ce que le fait que votre personnage perde ses repères vous a beaucoup plu ?

J.R : C’était intéressant cette recherche en tant qu’acteur, à la frontière entre la folie et la prise de conscience. Pour un acteur, c’est très intéressant. Pour le flic que je joue, c’est passionnant. J’ai pu rencontrer des flics de la CRIM, assister à des reconstitutions de meurtres. On a toujours l’impression d’avoir l’image du flic dur. En les rencontrant, ils m’ont expliqué que c’était normal de faire face à cette violence du quotidien. Beaucoup font des burn-out, ont un quotidien difficile.

Untitledmag : Le film tourne autour des légendes voodoo, des rites africains. Est-ce que c’est un univers qui vous fascine ?

J.R : Non c’est quelque chose de très loin. L’Afrique est un continent qui me touche beaucoup. Ma mère est née à l’époque du Congo belge. J’étais très jeune en Afrique. Je suis lié à l’Afrique, de façon sanguine. C’était agréable de retrouver la communauté africaine à Bruxelles.

critique

Untitledmag : Vous qui jouez dans des films français et belges, voyez-vous des différences en terme de cinéma selon les deux pays ?

J.R : Je trouverai des différences entre le cinéma belge francophone et le cinéma belge flamand. Il y a une liberté de ton, c’est certain. C’est un joli bordel. C’est assez agréable de sentir cette liberté de ton, qu’on avait en Belgique francophone auparavant et qu’on a un peu perdu. Alors que les acteurs flamands s’en fichent. Un je-m’en-foutisme qui fait du bien et qui permet plus de liberté.

Untitledmag : On vous a vu dans des comédies, notamment en 2011 dans Les aventures de Philibert, capitaine puceau. Désormais, on vous voit plus dans des films dramatiques. Un retour à la comédie est-il envisagé ?

J.R : Oui pourquoi pas. Pour le moment, il n’y a rien qui m’emballe. Comme je n’ai pas l’étiquette « acteur comique », il faut que je trouve un personnage qui en vaille le coup. Parfois, on manque un peu d’originalité, de folie. Je rêverai d’une comédie bargot. Un peu dans l’esprit de Dikkenek, que j’ai adoré tourner. Les films de Delépine et Kerven me plaisent beaucoup. Ce genre de film n’est pas réglé. Je ne ferme pas les portes en tout cas.

Untitledmag : Quels sont vos projets pour la suite ?

J.R : Ladygrey et Le Front du Wakham. Je vais tourner dans le prochain film du réalisateur vietnamien, qui a réalisé l’Odeur de la Papaye Verte. Je dois aussi travailler sur mon prochain film, avec mon frère, Yannick Rénier. On a fini le casting et on est en préparation avant le tournage.

Waste Land
Un film de Pieter Van Hees
Avec Jérémie Rénier, Natali Broods, Babetida Sadjo…
Sortie le 25 mars 2015

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