La semaine Elodie et Hadrien manient le compas et l’équerre sur les bancs de leur école d’architecture. Des étudiants comme les autres ? Presque. Le week-end, ils enfilent leurs costumes de scènes et sillonnent les routes pour leur tournée de concert sous le blase d’Holy Two. (Holy, comme saint, à l’image de leur musique onirique et mystique et Two comme deux.) Avec leurs mélodies aériennes et électriques, le duo électro-pop séduit. Le dernier EP, A lover’s complaint sonne comme une ballade magnétique dans un univers original aux sonorités rêveuses et mélancoliques. Rencontre avec le groupe de passage à Paris…

COMMENT DÉBUTE L’AVENTURE HOLY TWO ?

Hadrien : On habitait dans une montagne aux Etats-Unis…
Elodie : … et un jour on a eu un appel divin de Dieu. On a vu des ovnis dans le ciel. C’était Dieu qui essayait de nous passer un message…
Hadrien : … et il nous a dit allez-y, aller en école d’archi pour faire de l’archi.
Elodie : Sur le coup on a pas pensé que c’était un message subliminal. Après on s’est rencontré là-bas. Car au début on était pas sur la même montagne. C’est un peu comme Jésus. D’où Holy Two.

→ Hadrien (24 ans) et Elodie (21 ans), se rencontrent à l’école d’architecture de Lyon.

Elodie : Un jour j’avais besoin d’un stylo et je suis allée vers Hadrien pour lui en demander un. Non, j’avais besoin de ses cours. Je lui ai demandé ses cours. C’est hyper cliché. On dirait une série américaine. On s’est retrouvé plus tard ensemble dans le bus. Je l’ai invité à une soirée. On a commencé à parler un peu de musique.
Hadrien : Moi j’avais déjà un groupe de musique de rock. Et pour me l’a raconté un peu je lui ai montré le clip qu’on venait de réaliser.
Elodie : Comme je sortais du lycée et que j’avais jamais eu de pote qui faisait de la musique, pour moi c’était complètement ouf, j’étais super impressionnée !
Hadrien : Après on a commencé à faire des morceaux ensemble en acoustique.

→ Elodie a une formation au violoncelle et Hadrien joue de la guitare et de la basse.
→ L’ancien batteur du groupe d’Hadrien, Rémi Ferbus, les rejoint dans l’aventure Holy Two en live.

COMMENT ÇA S’ENCHAINE APRÈS ?

Elodie : Dernièrement j’ai retrouvé des mails que j’avais envoyé à des salles et des bars à Lyon. Où je disais : Bonjour, on est un jeune groupe de reprise acoustique est-ce qu’on peut se produire dans votre salle ? Ça m’a fait rire.
Hadrien : Je crois qu’on avait envoyé ça dans toutes les salles de Lyon.

AU DÉBUT C’ETAIT SEULEMENT DES REPRISES ?

Elodie : Au début on faisait que des reprises acoustiques. Je me suis mise à chanter un peu puis on a acheté un synthé (tout pourri) et à partir de là, on a commencé à faire des reprises un peu plus électronique. C’est là que ça à commencé. On a fait notre première vraie reprise qui était You Only Live Once des Strokes.
Hadrien : On avait du MGMT, Phoenix, les Strokes, Kavinski, Kid Cudy, Eminem… Il y en a beaucoup. On tripait.
Elodie : Au début c’était sans aucune prétention, c’était vraiment pour nous. Un jour Hadrien devait faire un concert avec son groupe et ce jour là, Remi était au Canada. On s’est dit : c’est l’occas’ on prend la date pour nous. Et on fait le concert ! Sauf… qu’on avait aucun morceaux et qu’on devait jouer une heure. Du coup pendant une heure on a fait ce qu’on peut appeler de l’improvisation.

→ Premier concert du groupe Holy Two en première partie d’un groupe qui s’appelle Last Train qui deviendra ensuite leur label (Cold Fame Records).

PREMIER CONCERT, ET APRÈS ?

Elodie : Suite à ça, on s’est dit ok c’est le moment de faire nos propres morceaux. On avait déjà un esprit planant avec ces reprises. Elles nous ont permis de nous trouver et de savoir vraiment ce qu’on voulait faire. À partir de là on s’est lancé dans nos propres compos.

→ Avant la rencontre avec leur label Cold Fame Records, Holy Two produit un premier EP de 9 titres avec l’envoûtant Rush et Wild Nights. 

UN PREMIER EP DE 9 TITRES ?

Elodie : On l’assume pas vraiment comme un album. Comme je l’ai dit au début on faisait vraiment ça sans prétention. Quand on a fait ses titres on a rencontré Victor (ingénieur son) qui nous a dit si vous voulez je vous mix vos titres pour rien. On s’est dit ok, on le fait. Sauf qu’au lieu de choisir une direction artistique, de choisir des titres, on a tout mis en se disant, ça coûte rien. C’est un support honnête et expérimental mais on peut pas le reconnaître comme un album car on ne l’a pas travaillé comme ça.
Hadrien : Mais on en est fier quand même. En terme de création, ça nous a permis de jeter nos premières idées et d’ailleurs on continue à jouer ces morceaux en live.

LA COMPOSITION DES MORCEAUX ÇA MARCHE COMMENT ?

Hadrien : Ça dépend.
Elodie : Sur le premier EP de 9 titres, on a tout fait ensemble du début à la fin. On passait notre temps dans le studio que j’avais chez moi. Quand on a commencé à tourner l’année dernière, on avait plus vraiment nos instruments avec nous du coup nos compositions ont été plus électroniques et plus individuelles. Mais on s’envoie toujours des trucs. Ça reste un échange.
Hadrien : On a pas trop de règle. Ça se fait naturellement.

→ Ils composent Undercovers Girls en une soirée.

POURQUOI DES TEXTES EN ANGLAIS ?

Elodie : On aime bien cette langue et on est hyper exigeant envers la langue française.
Hadrien : Je crois qu’on a trop de respect envers la langue française
Elodie : C’est plus dur d’écrire dans notre langue. Il y a une chanson en espagnol en hommage à ma maman sinon tout le reste est en anglais. Mais on a le projet d’écrire une chanson en français.
Hadrien : C’est une idée mais c’est pas facile.
Elodie : Il y a pleins de groupes que je kiff (Feu Chatterton! par exemple) car c’est beau et ça a le mérite d’exister mais au contraire il y a pleins de petits groupes français qui se donnent un peu l’image perchée et qui disent des trucs aléatoires.

CHACUN DE VOS TITRES CORRESPOND À UNE ÉMOTION. C’EST ÇA QUI VOUS INSPIRE ?

Hadrien : Souvent, ouais.
Elodie : Il y a beaucoup de chose. On est très inspiré bizarrement par la religion. Se dire qu’il y a un truc qui gouverne tout. La spiritualité.
Hadrien : On aime bien donner une direction à chaque morceau qui correspond à une émotion, une sensation, plutôt que de dire ça représente un thème.
Elodie : Ça correspond aussi aux émotions qu’on avait quand on composait les chansons.
Hadrien : On a essayait de faire un truc qui nous ressemblait le plus possible dans l’EP.
Elodie : Dans cet EP justement, on a été beaucoup plus sélectif. On voulait qu’il y ai une suite logique, une histoire qui se raconte.

IL Y AUNE FORME DE DUALITÉ À L’ÉCOUTE DE VOTRE MUSIQUE, DANS CE QUE L’ON RESSENT. UN SUBTIL MÉLANGE DE DOUCEUR ET DE FORCE, DE CALME ET D’ÉLECTRICITÉ…

Hadrien : Ouais c’est ça. Nous on aime bien confronter les émotions pour qu’il y ai des contrastes justement.
Elodie : On recherche la complexité de ces émotions.

INFLUENCES MUSICALES ?

Elodie : On écoute beaucoup de chose. Je m’intéresse pas mal à la nouvelle scène émergente française. Ça m’intéresse de voir comment évoluent les autres groupes.
Hadrien : Moi par exemple, j’aime beaucoup le dernier album de Grand blanc. Dans le van, on écoute de tout même Slipknot (du métal).

PEUT-ON DÉFINIR L’UNIVERS MUSICAL D’HOLY TWO ?

Elodie : Le mieux s’est de ne pas nous définir. On aime pas rentrer dans une catégorie.

A LOVER’S COMPLAINT (TITRE DU DERNIER EP), POURQUOI ?

Hadrien : C’est en référence à un poème de Shakespeare.
Elodie : Qui parle de la fuite. En fait tout notre album, le thème général c’est la fuite.
Hadrien : On aimait bien le titre, ça collait bien.

→ Leur EP s’inspire directement de leur expérience. Undercover Girls (Filles discrètes) fait référence à Elodie.

AU DÉBUT SANS PRÉTENTION, AUJOURD’HUI DANS QUEL ÉTAT D’ESPRIT VOUS CONTINUEZ À FAIRE DE LA MUSIQUE ?

E: De plus en plus on joue pour les autres et de moins en moins pour nous.
H: On se sent de plus en plus à l’aise sur scène. L’alchimie avec le public est de plus en plus présente.
E: Le fait que désormais en concert on est une batterie ça change tout. Nos concerts étaient beaucoup plus intimistes avant. Les gens étaient super touchés mais, nous on était frustrés de pas réussir à les faire danser.
H: Maintenant on souhaite vraiment retransmettre en live autant d’émotion que ce qu’on a essayé d’expérimenter sur l’EP.
E: Ce qu’il faudrait essayer de trouver, et je sais pas si on l’a déjà ou pas, c’est un équilibre entre ce qu’on avait avant qui était super intimiste et super touchant et ce qu’on a maintenant qui est peut être plus rentre dedans et plus efficace mais qui a perdu en émotion.

QUELLE RELATION ENTRE VOUS DEUX ?

Elodie : On est fils et fille de Dieu. C’est super prétention, ne dis pas ça. (rires)
Hadrien : On partage beaucoup de chose ensemble, on est super proche.
Elodie : On s’aime. On se voit et/ou s’appelle tous les jours.

VOUS VIVEZ DE VOTRE MUSIQUE ?

Elodie : Non non, là on est en dernier année d’archi.
Hadrien : C’est un peu difficile de gérer les deux encore pour le moment. Vivement la fin, ça commence à devenir un peu chiant.
Elodie : On va pas arrêter maintenant alors qu’il nous reste deux mois.
Hadrien : Et puis même c’était le deal avec nous même et nos parents.
Elodie : Le deal avec notre label, comme on était étudiant, c’était de tournée que les week-ends et les vacances.
Hadrien : C’est juste une question d’organisation.

VOUS VOUS PROJETEZ MUSICALEMENT ?

Elodie : On essaye… Tout a tellement été du hasard depuis le début qu’on se laisse porter.
Hadrien : Là on a de belles dates qui arrive pour cet été, on pense à l’album…

→ Pleins de morceaux sont au chaud pour un prochain album ? On l’espère.

HEUREUX ?

Hadrien & Elodie : Très heureux !

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Non je n'ai pas 4 ans et Alison n'est pas ma copine. D'ailleurs mon prénom ne fait pas référence à un chanteur mais à un joueur de foot. J'aime le théâtre, jouer aux billes et manger ma pizza avec du tartare.