Le 23 octobre sort le nouveau film d’Eric Toledano et d’Olivier Nakache, Untitled l’a vu pour vous en avant-première. Après Intouchables, les deux réalisateurs s’associent pour parler une nouvelle fois du handicap, ici l’autisme. 

Après le succès de l’incontournable Intouchables avec Omar Sy et François Cluzet, c’est un nouveaux duo de choc que l’on retrouve sur grand écran, à savoir Vincent Cassel et Reda Kateb. Ils incarnent Bruno et Malik, deux éducateurs spécialisés dans les cas d’autismes lourds. Au sein de leur association respective, ils forment des jeunes des quartiers populaires pour devenir eux aussi des éducateurs spécialisés afin d’encadrer des cas qualifiés « d’hyper complexes ». À la fois drôle, touchant et légèrement perturbant, on se prend en plein visage une réalité que nous, pauvres quidams, ne pouvons même pas imaginer.

La genèse du film

Les deux réalisateurs sont allés à la rencontre des deux vrais protagonistes de l’histoire, Daoud et Stéphane, il y a plus de 15 ans. L’engagement des deux hommes a donné lieu à la formation de plus de 100 jeunes des cités, mais aussi la possibilité pour des familles dont les enfants sont atteints de cette pathologie de pouvoir avoir un suivi personnalisé et une lueur d’espoir. À travers les histoires croisées de ces deux hommes, c’est aussi la réalité des soignants qui est mise en avant, la complexité et même l’inexistence de la vie en-dehors de ces structures.

Le choix de acteurs et des enfants

La première question que l’on peut se poser lorsque l’on imagine un film sur cette pathologie est le choix des acteurs. Commençons par Vincent Cassel et Reda Kateb. Pas de casting ni de scénario pour les deux hommes, mais un « stage » en immersion avec les enfants. C’est suite à la découverte de ces associations qu’il ont accepté de participer au film. Vient maintenant la question des enfants. Et bien dans ce film, certains sont porteurs d’autisme, comme Benjamin Lesieur qui joue le rôle de Joseph. La préparation fut longue, avec des mois d’initiation au théâtre pour s’habituer à « jouer ». Petite anecdote, Benjamin était tellement « heureux » de participer au film qu’à la fin de chaque prise durant le tournage, il se remettait sur sa marque pour reprendre la scène. Olivier Nakache plaisante d’ailleurs à ce sujet en disant que c’était très agréable d’avoir un acteur toujours prêt à recommencer une scène.

© Carole Bethuel

Une pilule dur à avaler

Outre la complexité des cas et le quotidien des familles, ce qui saute aux yeux c’est le manque de structures et d’informations sur la maladie. La bataille contre l’administration française, qui est le fil rouge de ce film, peut réellement vous révolter. Contrairement à Intouchables où la lumière est au bout du couloir, dans ce film on prend de plein face la précarité et le manque de solution. Si vous faites le déplacement, ce que je vous conseille fortement, armez-vous d’un paquet de mouchoirs ou pensez à prévoir un remontant (pas forcement une bouteille de rhum !) à la sortie. Le film vous immerge tel un éducateur dans un quotidien désabusé où l’on ne voit pas plus loin que le jour d’après, mais malgré cela c’est une lueur d’espoir qui voit le jour. Pourvu que Hors Normes ait le même succès qu’Intouchables pour que ce film ne devienne rapidement plus qu’une fiction.

Hors normes d’Eric Toledano et Olivier Nakache.
Au cinéma le 23 octobre 2019.