Molly Nilsson est un est un ovni tout droit venu de la planète des hipster. Hypnotique mais froide, fascinante mais lointaine, elle a ce petit quelque chose d’insolent et d’insaisissable qui ne manque pas de captiver. Suédoise de naissance, elle s’est installée depuis quelques années à Berlin et y a créé son propre label, Dark Sky Association. Elle produit  elle-même ses chansons qu’elle accompagne le plus souvent de vidéos bricolées main sur le mac qui lui fait office à la fois d’orchestre et de meilleur ami sur scène. Entre concours de grimaces et balades berlinoises, ces vidéos nous plongent au coeur d’un univers constitué de nostalgie et de kitsch, de romance et d’humour noir.

            C’est un duo avec John MausHey Moon qui l’a fait connaître. Mais étonnamment, on oublie souvent d’où vient la chanson et parfois même, seul le nom de Maus reste en mémoire. Pourtant, Molly a déjà six albums à son actif, et la parution de Zénith, en septembre dernier, a déjà tout d’un album culte. A Berlin, elle se produit au Berghain, mais ailleurs, on la retrouve dans des petites salles plutôt intimistes. Comme si pour Molly, c’était tout ou rien. Seule sur scène, elle se campe derrière le micro et remue à peine son grand corps de liane toujours vêtu de noir. Elle a des yeux clairs et perçants, des cheveux blonds platines et des lèvres couleur framboise écrasée. Elle ne sourit pas : Dark Sky ça lui va bien. Scrutant le public d’un air chavirant, elle raconte parfois quelques anecdotes sur un ton détaché. Sur le titre « 1995 » qu’elle décrit comme une ode rétro-futuriste aux années Microsoft, elle invite une amie saxophoniste à jouer à ses côtés : comme sur la vidéo, cela donne du relief aux mélodie que le côté synthétiques rend un peu redondantes. Puis Molly s’en va, comme si de rien n’était. Elle ne fait même pas de bis, elle s’en fiche. 

           On la recroisera plus tard dans le public avec un manteau léopard jeté lascivement sur les épaules et une bière à la main. Etrangement proche mais irrémédiablement lointaine, les mots de Baudelaire lui vont mieux que quiconque : « en elle le noir abonde ». Et Molly Nilsson, « suspendue au fond d’une nuit » est définitivement à l’image de la lune : « sinistre, mais enivrante ». 

« The moon chased the sun out of the sky

Goodbye sun the night’s begun

The moon chased the sun out of the sky

Goodbye sunshine the night is min »

Molly Nilsson sera en concert à Paris en 6.02 : ICI

Retrouvez le site Dark Sky Association

https://www.youtube.com/watch?v=xVaLHJQhSlA

https://www.youtube.com/watch?v=X9ukSm5gmKk

https://www.youtube.com/watch?v=oGt8FD-vY5Q

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