Jusqu’au 15 janvier 2017, Tintin reprend vie dans le portrait un peu confus de son son maître. Hergé pose ses planches au Grand Palais et y laisse une impression contrastée.

Hergé (1907-1986) était belge. Dessinateur iconique, père du fameux Tintin, il montre, au Grand Palais, certaines de ces multiples facettes du créateur qu’il était. Pourtant, les faits exposés sont déliés, se raccrochent difficilement à une trame chronologique et personnelle, et le lien entre les informations est diffus. Néanmoins, la richesse de la documentation est à saluée.

Un homme aux arts multiples

L’art est véritablement l’univers de prédilection de l’artiste. Si l’on connaît sa parfaite maîtrise de l’équilibre entre le motif et la bulle, on méconnaît ses talents d’affichiste. En parallèle de Tintin, il mettait en scène pour des marques de jouets, de biscuits, ou pour des lieux de vacances, son sens de la composition publicitaire. Ses aspirations esthétiques se rapprochent des œuvres du pop art.

Plus encore, Hergé a côtoyé l’art de très près puisqu’il s’est essayé à la peinture dans les années 60. Seulement, les pinceaux lui grignotaient trop de temps et sa vie était déjà entièrement dévouée à la bande dessinée. Il s’est alors entouré d’œuvres et a commencé à collectionner les artistes qui lui étaient contemporains : Fontana, Roy Lichtenstein et d’autres qui furent aussi ses proches. Hergé à toujours évolué dans un univers où la couleur et la ligne étaient omniprésents.

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Andy Warhol – Portrait d’Hergé, 1977 – Sérigraphie sur toile rehaussée d’acrylique, 102 x 102 cm – Collection particulière «© The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / ADAGP, Paris 2016 – © Jean–Pol Stercq / ADAGP, Paris 2016

Bande à part

Hergé s’affirme comme tel : il est dessinateur de bande dessinée et rien d’autre. Cette bande dessinée qui s’inspire de plusieurs médiums, Hergé a fortement participé à son rayonnement. Il a inventé la ligne claire, faisant de Tintin un personnage auquel tout le monde peut s’identifier : un rond, quelques traits et rien de plus. Influencé par le cinéma muet, travaillant ses vignettes comme des véritables story-board, le dessinateur illustre comme on filme, laissant à ses personnages une proximité toute particulière avec le lecteur. Le cinéma donc, mais aussi les voyages. Mondes étrangers, imaginaires communs et vérifications scientifiques constituent le socle de ses histoires. Qu’ils soient proches (l’orient, l’URSS) ou lointains (la lune), les lieux de ces aventures ouvrent une large fenêtre vers l’ailleurs.

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Hergé Les Aventures de Tintin – Le crabe aux pinces d’or 1942 Bleu de coloriage de l’illustration de couverture © Hergé/Moulinsart 2016

Cette exposition offre la facette la plus artistique du créateur, mais elle présente les choses de manières floues. On passe de Tintin aux Aventures de Jo et Zette, de sa pratique de l’affiche à sa découverte de l’orient, et ce, sans transition. Le spectateur est un peu noyé dans ce flot continu d’informations, même si la documentation est dense. On retrouve des planches incroyables du dessinateur, le déroulement de la création d’une bande dessinée, et des anecdotes de vie que l’on est ravis de découvrir. C’est dommage, car l’hommage avait tout pour être réussi.

Hergé, jusqu’au 15 janvier 2017,

Grand Palais, 3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.