Difficile de ne pas abattre l’adjectif « planant » lorsqu’on parle des artistes produits par le label Pomme-Framboise Records. Mais à la tonalité sucrée de son nom n’équivaut que la profondeur de la musique. Chez Haxo, elle se fait tour à tour spatiale, épurée et douce. Dans son nouvel EP « 1983 », l’artiste, toujours en quête de sonorités nouvelles explore la veine du disco et livre une ode énergique aux années 80. Chronique.

Haxo galaxie

Il a un flair particulier pour dénicher des vinyles, un don pour mélanger les ambiances ; Haxo nous fait voyager sur des terrains musicales encore inexplorés. C’est cela que l’on cherche : des artistes qui savent conjuguer les influences, dépasser les genres et produire des ovnis issus de toutes les sphères – mais habilement composés. C’est ce que fait Haxo, artiste autodidacte dont le nom est emprunté à une station de métro « fantôme », une station qui n’a jamais vu le jour. Haxo, lui, a émergé l’an passé avec Juno, un premier EP qui explore le filon techno avec l’agilité de Weval et la fibre épique de Justice. Pour cet enfant du rock, bercé aux Red Hot Chili Peppers avant d’avoir migré vers des continents électroniques, autant dire qu’explorer les horizons est une chose naturelle. Passionné par la composition et par toute la chaîne du son, l’artiste propose un univers sonore et visuel qui raconte de véritables histoires. C’est ainsi qu’avec JUNO, il nous emmenait à la conquête de l’espace.

Retour vers le futur

Avec « 1983 », Haxo change d’univers. Pourtant, loin de trahir ses premières compositions, il propose une ode rétro-futuriste qui s’inscrit précisément dans la lignée de son premier EP. Composé avec son fidèle synthé, le Juno 106 – qui donna par ailleurs son nom au projet -, « 1983 » rend hommage aux années 80 en réhabilitant des rythmes dansants et des sonorités vintage. L’entrée en matière se fait souple avec Mainley, comme des pas dans la neige. La beauté, presque machinique naît des nappes chaudes et d’une intensité grandissante. Dans Edgy Sunset, les voix sensuelles épousent des beat electronica qui ne sont pas sans rappeler Rone. Si certains titres appellent à une écoute introspective, dans un casque où seul le son éclaterait, celui-ci se prête à merveille aux festivals, on aimerait l’écouter en plein air, un soir d’été. Weak End porte bien son nom puisque, comme une invitation à la danse, il propose une mélodie plus disco, plus funky. « 1983 » se termine en apothéose avec Emily, un titre qui allie la fraîcheur du disco à des beats techno. Un équilibre bien maîtrisé, dont on se délectera samedi 13 mai à la Release Party de « 1983 ». Rendez-vous au Kabuchiko, joyeux bar situé dans le fief de Pomme-Framboise Record, à Pigalle. Une soirée prometteuse, qui donnera en outre l’occasion de découvrir les autres artistes du label.


Infos :
1983, de HAXO (disponible le 12/05 sur Spotify, Soundcloud, Itunes).
Soundcloud / Facebook / Pomme Framboise Record
Release Party au Kabukicho le 13/05 (14 Rue Frochot, 75009 Paris

17990752_1610011029039792_5465944135366759165_n

SHARE
Un pied à Paris, l'autre à Leipzig, j'explore les territoires de la culture et de l'écriture avec malice. Grand amour pour les chapeaux, les petits-déjeuners, la poésie et les voyages en sac-à-dos. Membre de la confrérie des roux et des passionnés de musique.