Harry Styles dévoile son nouvel album, Harry’s House. Avec ce troisième opus, l’artiste nous propose de le suivre dans un univers pop et personnel. 

À seulement 28 ans, l’artiste britannique a conquis la scène pop internationale au fur et à mesure de ses albums. Ses débuts de carrière semblent de plus en plus lointains alors qu’il peaufine un univers déjà très mûri. Le 20 mai dernier, Harry Styles, en pleine tournée, a livré le troisième album de sa carrière solo, Harry’s House, et a atteint des sommets.

Harry Styles, l’inépuisable renouvellement

Le premier enjeu pour l’artiste était bien entendu de relever le défi lancé par son précédent album Fineline, sorti en 2019. Le succès de ce dernier a été d’une telle ampleur que l’on pouvait appréhender une nostalgie, si ce n’est une déception à l’écoute d’ Harry’s House. Certes, « As it was » nous a vite séduits, se positionnant comme un titre de l’été, mais il aurait également pu s’annoncer comme l’avant-goût d’un nouvel album qui n’aurait été que la suite du précédent. Cependant, dès le premier titre « Music for a sushi restaurant », la crainte se dissipe. Bien qu’Harry l’ait composé entouré de ses collaborateurs réguliers (Kid Harpoon, Tyler Johnson et Mitch Rowland), il continue de se renouveler entouré de ces talents et nous dévoile des nouveaux pans de son univers. Les rythmes semblent plus définis, plus posés que la plupart des titres auquel il nous a habitué. Les gimmicks s’installent rapidement et fonctionnent, tout en cherchant l’originalité.

La palette considérable de ses tessitures vocales permettent à l’artiste de se balader de titre en titre avec une aisance remarquable. Harry’s House, enregistré entre la Grande-Bretagne, le Japon et les Etats-Unis, s’annonce comme un album-signature. Plus pop que Fineline, il est également plus personnel. Sensualité, regrets, sentiments… Bien que l’album évoque aussi les sushis, le vin, le thé et fait même un clin d’œil au début de carrière d’Harry Styles dans les One direction avec « Daylight », le thème général de cet opus reste essentiellement amoureux.

 

Harry’s House, sur un plateau

Il l’avait annoncé, Harry’s House serait un album aux tons plus intimes que ces deux premiers opus. Le challenge, dès lors, était d’écrire des textes personnels qui pourraient tout autant atteindre son public que le très punchy « Watermelon sugar », ode au sexe oral. Sincérité payante. L’artiste semble, à travers ses 13 titres, nous inviter tour à tour dans son salon pour danser au son de l’amour (« Daydreaming », « Cinema »), dans son jardin pour boire un verre de nostalgie (« Grapejuice », « Little Freak »), dans sa chambre pour se confier à la nuit (« Satellite »). Cet album est taillé pour accompagner au quotidien et toujours trouver un moyen d’y résonner.

Ce dévoilement touchant est agrémenté du très bon équilibre au sein de la setlist de l’album, entre morceaux tendres et tubes pop. Des titres aux sonorités insouciantes, tel que « Keep driving » qui nous embarque pour une virée, un peu rétro, sur une route estivale. Harry Styles ne se départ pas non plus de sa pop aux des rythmiques plus incisives, fun et joyeuses grâce à  « As it was », « Cinema » et « Last night talking ». Mais les titres les plus remarquables de l’album sont les balades très épurées, qui paraissent parfois presque innocentes telles que « Little Freak » et « Boyfriends », mais dont la mélancolie des textes suspend le temps lors de la première écoute. Exit la puissance vocale de « Sign of the times » ; on se rend compte que c’est finalement l’ancien titre « Cherry » de l’album Fineline et non les plus grands succès de l’artiste qui aurait pu être annonciateur du troisième opus. On pourra peut-être reprocher à l’album de manquer de diversité dans les thèmes abordés mais, à l’écoute de sa carrière solo, l’argument sera vite remisé au placard.

On oscille ainsi, pendant 40 minutes, entre acoustique, pop et un light rock un peu vintage. Les multiples facettes d’Harry’s House rende cet album délectable quel que soit l’humeur ou le moment de la journée. Il restera à l’éprouver sur le temps.

Harry Styles débutera sa tournée sur les scènes du globe à partir du 11 juin et s’arrêtera à Paris l 5 juillet à l’Hotel Accor Arena, pour un concert archi-complet.