Suite à un premier tome sorti en 2018, Antonin Iommi-Amuntegui et Jérémie Couston continuent leur exploration des chais d’artisans vignerons, tous bien décidés à montrer que l’on peut faire du vin seulement avec du jus de raisin fermenté. Glou Guide 2 en librairie.

Alors que la question de savoir quelle est la définition exacte du vin naturel donne encore lieu à de multiples réponses (un syndicat regroupant les acteurs de cette production est en création), Glou Guide 2 répond à une autre question essentielle pour l’amateur de vin : « Oui, on peut s’initier ou continuer de boire des vins de (très) petits producteurs, respectueux de l’environnement (et par-là même du buveur) pour une dizaine d’euros en moyenne (prix caviste). »

« Le prix est le nerf de la terre »

Repoussons d’emblée le procès qui peut être fait à ce genre d’initiative de se limiter, ou tout du moins de se concentrer, sur la valeur marchande du vin. Cruellement, il semblerait que nous nous situions toujours dans une société capitaliste dominée par les lois de production, de mise en concurrence, bref : les lois du marché. Ainsi, même si beaucoup de ces vignerons s’inscrivent dans une remise en question de la politique productiviste visant, grâce à l’apport chimique de nombreux engrais, traitements, etc, à toujours favoriser la quantité à la qualité, il n’empêche qu’à moins de passer tout son mois de septembre en vendange ou de s’adonner à divers échanges d’aides, il semble difficile aujourd’hui de se procurer du vin sans le payer, somme sonnante et trébuchante. Affirmant donc, comme le dit Sylvie Augereau, auteure du on ne peut plus recommandable ouvrage Le Vin par ceux qui le font pour ceux qui le boivent, que « le prix est le nerf de la terre », les auteurs ont pris le parti audacieux, par rapport à l’étouffante littérature à ce sujet, de classer non pas les vins par couleurs ou régions mais par prix. Celui donc qui veut varier entre un petit et économique plaisir quotidien et une découverte-événement, n’aura qu’à tourner les pages.

Des copains et du vin

Après une courte série d’avertissements ayant l’intérêt de résumer de façon concise la démarche des auteurs, ce que sont les vins naturels, leurs rapports aux sulfites, et de donner quelques conseils de dégustation, l’ouvrage se présente classiquement laissant à chaque vin une page pour y donner ses principales caractéristiques. Petite originalité au passage : faisant fi de cette péremptoire science des accords mets et vin, les auteurs choisissent d’accompagner chaque cuvée commentée d’un accord plus ou moins farfelu, pouvant se situer autant du côté gastronomique (« Une tablette de chocolat en écoutant Doc Gynéco ») que du côté culturel (« Un film avec Jean-Pierre Marielle ») en passant par des accords atmosphériques (« Un bel orage ») ou vestimentaires (« Un chapeau de cow-boy »). Le ton est donné.

Malgré des descriptions plus ou moins fantasques et ultra-subjectives qui en disent finalement plus sur le contexte de leur dégustation que sur le produit en lui-même, Glou Guide 2 transmet l’idée que ces vins s’adressent à quiconque aura la curiosité d’ouvrir la bouche. Pour ce faire, notons d’ailleurs la présence à la fin de l’ouvrage d’une forte utile liste de cavistes indépendants disséminés un peu partout en France et à travers le vaste Monde. Bref, Glou Guide 2 fait figure d’utile compagnon, un peu saugrenu parfois, mais que l’on aime garder sous le coude pour avoir de multiples occasions de le lever.

Illustration de couverture : ©Terreur Graphique

« Glou Guide 2 », Antonin Iommi-Amuntegui et Jérémie Couston, Editions Cambourakis, 2019, 192 pages, 15 euros