Georgia Russell, avec son exposition « Time and Tide », présente ses nouvelles recherches et expérimentations à la galerie Karsten Grave jusqu’au 31 décembre 2016. Un voyage dans des contrées abstraites où la perception laisse de douces impressions.

Georgia Russell est écossaise, et c’est certainement l’imagerie de son pays natal, avec ses immenses plaines, ses lacs profonds et ses couleurs changeantes qui transparaît dans ses nouveaux travaux. Les couleurs y sont claires et pures, les formes mouvantes et flottantes. Une invitation onirique qui apaise les cœurs.

Découper jusqu’à l’abstraction

Georgia Roussell manie le scalpel. À la manière d’un chirurgien, elle entre au contact du tissu, y creuse des ouvertures et laisse entrer la lumière. Ces formes arrachées à la toile lui confère un aspect végétal qui rappellerait presque les nervures des feuilles. Ces chemins sont tracés dans la matière et la ramènent à sa première essence : le végétal. Transformé, tissé, le coton découpé semble reprendre vie. Sur les formats incolores et mis sous plexiglas, des formes régulières se dessinent, elles ressemblent aux champs qui permettent la fabrication de ces matières tissées où les peintres viennent apposer leurs couleurs. Mise en abime figurée, cette boucle, ce cycle, rappelle les premiers travaux de l’artiste. Elle reprenait des papiers utilisés (photos de paysages, vieux livres…) et les métamorphosait en des objets uniques.

Percetion subjective

Dans ces grands travaux mobiles, la couleur vient sublimer l’interprétation subjective de chacun. Là où le rouge est prédominant, on voit un feu ardent ou un crépuscule, là où c’est le bleu qui règne, un océan déchaîné prend forme. De ces grands paysages abstraits, se détachent la lumière, qui, infiltrée dans les ouvertures découpées, se mêle aux murs. L’espace prend une tout autre dimension : l’oeuvre bouge avec le visiteur, elle se transforme et semble vivante. Une belle exposition où la couleur et l’abstraction interrogent notre perception de l’environnement. On voit dans ces paysages un souffle nouveau à l’impressionnisme qui voulait transposer la manière dont les peintres voyaient le monde. Georgia Russell, elle, ouvre la porte des sensations et laisse libre le spectateur d’en franchir le seuil.

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Georgia Russell, Spore, 2016, 55 x 75 x 12cm, Acrylique sur toile découpée, plexiglas © Georgia Russell, Courtesy Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St Moritz
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Georgia Russell, Furrow Study III, 2016, Toile découpée, plexi, 60 x 80 x 10 cm, signé en bas à droite
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Georgia Russell, Precipitation I, 2016, 78 x 108 x 12cm, Acrylique sur toile découpée, plexiglas, © Georgia Russell, Courtesy Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St Moritz
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Georgia Russell, Dawn, 2016, 190 x 140 x 16 cm, Acrylique sur toile découpée, plexiglas, © Georgia Russell, Courtesy Galerie Karsten Greve Köln, Paris, St Moritz

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Galerie Karsten Greve, 5, rue Debelleyme, 75003 Paris
Entrée libre, du mardi au samedi de 10h à 19h

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