Sorti le 26 janvier, Gael Faure signe son deuxième album : Regain. À cette occasion, nous l’avons rencontré avant d’assister à sa release party au Hasard Ludique : deux beaux moments de partage qu’Untitled vous fait revivre. 

C’est à Paris que l’on retrouve Gael Faure. Bien dans ses baskets et sa musique, on découvre un artiste authentique, sincère, véritablement motivé par l’envie de partager sa musique.

Regain, un album mûrement pensé…

Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a eu une belle évolution entre De silences en bascules, son album précédent, et Regain. Lorsque l’on demande à Gael pourquoi il s’est écoulé quatre ans entre les deux opus, il fait remarquer qu’on n’arrête pas de se poser des questions une fois sa carrière artistique lancée. « Il me manquait quelque chose de concrètement bon pour retourner en studio. J’aime la musique et ne peux pas passer un jour sans chanter, mais je ne fais pas de la musique que pour moi. Il me fallait un nouvel axe pour ça ». On sent en effet, à l’écoute de ce nouvel album, qu’il veut avant tout partager sa musique et, à travers elle, ce qu’il est. Pour réussir cela, Gael a su s’entourer de grands noms de la musique comme Souchon et ses fils, Ours et Pierre, mais aussi de Piers Faccini. Résultat : mieux vaut parfois faire languir son public pour atteindre son but, car la volonté de Gael est plus que réussie.

… qui nous suit au quotidien

À travers ces treize nouveaux titres, de nombreux sujets sont abordés, et un panel d’émotions très différentes arrivent jusqu’à nous. On retrouve tout d’abord ses racines ardéchoises, qu’il n’a plus envie de cacher : « au début de ma carrière, je n’osais pas dire que je venais de la campagne. Comme beaucoup de gens d’ailleurs ». Mais, aujourd’hui, il veut amener beaucoup de lui dans ses textes. « J’ai compris que j’avais envie de parler de mon origine, de mon éducation, de qui je suis. Avec Regain, j’avais envie d’interroger les gens à travers mon expérience ». Il n’hésite pas alors à parler de sujets qui lui tiennent à cœur, comme la nature et l’écologie, avec son premier single, « La Saison ». Cependant, Regain aborde également beaucoup d’autres thèmes et semble nous être fait pour nous accompagner dans notre quotidien. Ainsi, « Caractère » rappelle qu’il n’a pas sa langue dans sa poche, mais nous renvoie sans difficultés à nos propres humeurs, « Éreinté » vous fera sou(ff)rire plus d’une fois (à écouter absolument en fin de semaine), vous adresserez « Les visages officiels » à plus d’une personne de votre entourage et  « La Saison » comme « Courbes et lacets » vous feront faire votre valise.

L’exploration de nouveaux sons

Regain, c’est également une nouvelle musicalité dans l’univers de Gael. On y découvre des titres aux sonorités plus électro. Ce n’est pas pour nous déplaire. Pourquoi une telle évolution ? « Ça corrobore avec mon évolution personnelle. Je sors, je m’amuse, et j’ai découvert de plus en plus l’électro. Je me fais complètement embarquer dans ces chansons ; je les trouve hypnotiques. Pour ça, l’électro est très libérateur. En plus, certains des musiciens avec qui qui j’ai enregistré sont très électro ». Même si l’acoustique reste le premier synonyme musical de l’intimité, il fait remarquer avec raison que l’électro permet de faire passer des émotions très différentes, plus viscérales. Mieux, il le prouve avec son nouvel opus. Il va ainsi chercher d’autres styles musicaux, comme avec « Colibri » et ses allures country et groovy, une balade avec « Traverser l’hiver », quelque chose de très épuré avec « Only Wolves » ou un côté plus rock avec « Éreinté ». Il n’hésite pas non plus à jouer avec sa voix, passant de celle qu’on lui connaît à des graves très agréables qu’il n’oublie pas de redonner en live. Avec ce nouvel album, Gael floute les limites des cases où l’on a l’habitude de placer les artistes et devient un peu notre OVNI de la scène française.

Un électron libre de la musique

Avec une telle évolution et des influences musicales aussi variées, on se pose forcément la question des inspirations de Gael. Et sa réponse ne nous étonne pas tellement. « Je n’ai pas vraiment des inspirations uniques. Ça varie beaucoup selon mes écoutes ; je me laisse parfois inspirer par des titres et ne m’en rends compte qu’après coup. L’année passée, j’ai pas mal écouté Gainsbourg ou Balthazar, mais au final cela ne se ressent pas tellement dans mon album. En ce moment, j’écoute également beaucoup Who Made Who et The Whitest boy alive ». D’ailleurs, Gael ne délaisse pas non plus la langue de Shakespeare, avec deux titres en anglais, « Lonely Hour » et « Only Wolves ». Quand on lui pose la question de son rapport à celle-ci, il ose mettre les mots sur ce qui cause la fuite de certains artistes vers l’anglais : « c’est différent. Tout d’abord, comme l’anglais n’est pas notre langue maternelle, on capte la musique avant le texte. Le Français est plus riche au niveau des mots, mais c’est pour cela aussi qu’il est plus traitre. Il faut trouver le mot juste, et pas un autre. C’est toujours un peu plus lourd à porter, les gens font plus attention à ce que tu chantes. L’anglais permet de se focaliser sur la musique avant tout ».

Grâce à sa sincérité déconcertante, des sujets qui nous touchent directement et une musicalité très variée, Gael Faure nous capte sans relâche durant presque une heure d’écoute. Il enchaîne des titres qui deviennent tour à tour des coups de coeur, et nous convainc tout autant une fois sur scène où il parachève son envie de partager Regain. On le retrouve d’ailleurs en tournée, et le 21 mars prochain au Café de la Danse.

Tracking list

1- Courbes et lacets
2- Caractère
3- La Saison
4- Les Visages officiels
5- Colibri
6- Siffler
7- Éreinté
8- Lonely Hour
9- La Belle échappé
10- Le Goût des choses
11- Quelque chose sur la lune
12- Only Wolves
13- Traverser l’hiver

 

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