François Kollar (1904-1979), photographe de mode et publicitaire, est avant tout le photographe reporteur émérite du journal La France Travaille. C’est autour de cette commande de l’éditeur des Horizons de France, points culminant de la carrière de l’artiste, que se tisse le nœud de l’exposition. La plus grande partie de celle-ci est liée à cette production prolifique qui se concentre sur la vie des travailleurs du XXème siècle. Tous les corps de métiers ouvriers sont brossés : le rail, le bâtiment, les mines, les métiers du fer, la vie paysanne, les commerçants, les autos et les avions, la marine et les bateliers, les tisserands et les filateurs, la couture et la mode, le monde des papiers…

Ces classifications restituent le savoir-faire, la beauté immédiate des métiers, là où Auguste Sander s’intéressait aux expressions qui révèlent une classe sociale. Les clichés sont justes, touchant au plus près le quotidien d’un monde encore prêt de nous et qui paraît pourtant déjà loin. Kollar a su capter, par ses compositions et à la maîtrise de sa technique, l’atmosphère de son temps.

Nettoyage des lampes. Société des mines de Lens, Lens (Pas-de-Calais) 1931-1934 François Kollar
Nettoyage des lampes. Société des mines de Lens, Lens (Pas-de-Calais)
1931-1934
François Kollar

Malheureusement, la profusion d’images nous égare, les cimaises jalonnent les séries, elles nous perdent dans les dédales d’images où les corps de métiers se confondent. Les 130 petits formats (sur)juxtaposés nous font perdre la tête.

L’entrée est consacrée au versant publicitaire du photographe, à ses débuts expérimentaux où la lumière joue, où les superpositions en négatif se font sur le tirage, où le modèle s’exprime. L’immense salle du milieu, labyrinthe glacial, est consacrée à La France Travaille. La dernière salle s’écroule sur ses photographies de mode et sur ses reportages commandés par l’état français, deux pans de son travail mélangés comme jus de pomme et vinaigre de cidre dans une désagréable cacophonie.

Construction des grands paquebots. Rivetage de tôles d‘un pont de navire, chantier et ateliers de Saint-Nazaire à Penhoët 1931-1932 François Kollar
Construction des grands paquebots. Rivetage de tôles d‘un pont de navire, chantier et ateliers de Saint-Nazaire à Penhoët
1931-1932
François Kollar

Un travail historique sensible à la technique parfois remarquable (jeu de lumière, plans singuliers, rendu des textures, captation des émotions…) mais qui, malheureusement, à la disposition fouillis.

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Rédactrice en chef de la section art - La tête en l'air, les yeux droit devant, le cœur accroché, la main vive, la langue déliée et l'amour de l'art, toujours.