Fishbach fascine, dérange parfois, surprend toujours. Dans son dernier clip Y crois-tu, l’artiste y fixe son univers sombre et séduisant où sentiments et consciences s’agitent derrière écrans interposés.

« Elle met de la magie dans tout ce qu’elle fait. Elle a le sourire facile, même pour les imbéciles. Elle vit sa vie sans s’occuper des grimaces, que font les poissons (…) dans la nasse ». Fishbach -de son patronyme allégé d’une lettre- est comme elle le dit elle même, ce Max inconnu que chantait Hervé Cristani. Libre. Tourmentée. Des mots ordinaires, innocents, reflet d’une artiste décomplexée qui se vante d’écouter Bernard Lavilliers et Catherine Ringer. De cette dernière, on lui accorde d’ailleurs une vague ressemblance vocale quand l’univers lui, est aussi singulier. Marquée par les années 80, elle « hurle ses sentiments » à qui veut bien l’écouter dans son costume parfaitement taillé de canaille à la voix grasse.

« J’attendrai mille ans mon garçon. Je suis la plage à ma façon. Comme le vent sculpte ma crinière, je suis l’élément, l’atmosphère. Je suis tes visions sur la dune, je fais l’avion vers la fortune ».

  • Dévoile nous l’histoire de ce clip ?
    La chanson parle de soumission amoureuse. Elle raconte l’histoire d’une nana qui est entièrement soumise à l’amour qu’elle porte à un homme et à qui elle affirme qu’elle est la chose la plus incroyable qu’il est jamais rencontré. « Je suis l’élément, l’atmosphère« . C’est un morceau que j’ai eu beaucoup de mal à terminer, j’avais les mots mais je ne savais pas comment résoudre l’histoire. Aujourd’hui c’est sans doute l’un des titres auquel je suis le plus attachée.
  • Le titre raconte un extrait de vie de Flora ?
    C’est inspiré de ma vie oui, de mes histoires personnelles ou de celles de mon entourage. Chacun s’est déjà demandé qui était Jim dans la ballade d’Alain Souchon par exemple. Ici, c’est peut être moi ou pas. Je mets ma subjectivité dans mes morceaux et je laisse l’interprétation aux autres.
  • Comment s’est passé le tournage ?
    J’ai tourné ça très rapidement avec un copain dans ma chambre. À ce moment là, j’étais malade donc on a bouclé ça très vite en quelques heures seulement. L’idée c’était d’avoir quelque chose d’intemporel. Un truc qui fasse à la fois 2016, produit du 21ème siècle avec les écrans, les téléphones… et de tableau. Un tableau éclairé à la bougie de notre époque.

À l’image de son personnage, Flora livre ici un clip contrasté au coeur d’un monde perdu entre réalité et fiction ; modernité et tradition, délicatesse et brutalité. Le fruit empoisonné d’une histoire d’amour (« …qui finit mal, en général » hein Catherine ?).

–> Premier (et futur grand) album À ta merci, sorti le 27 janvier prochain.

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