« Après la tempête », réalisé par Hirokazu Kore-Eda

Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble…

Délesté de toutes ses ambitions, projets, envies et espoirs, rongé par l’aigreur, l’amertume et la désillusion, cet écrivain raté erre dans la réalisation d’Hirokazu Kore-Eda comme un squelette qu’on aurait privé de son derme vital. La tristesse et la fragilité se craquellent ici pour laisser place à une poésie tout en finesse, qui se dessine derrière les thèmes du lien et de la brièveté de la vie.

« A mon âge je me cache encore pour fumer », réalisé par Rayhana

Au cœur du hammam loin du regard accusateur des hommes, mères, amantes, vierges ou exaltées islamistes, des fesses et des foulards de Dieu se confrontent, s’interpellent entre fous rires, pleurs et colères, bible et coran… avant le sifflement d’un poignard et le silence de Dieu.

Pour son premier film, Rayhana mise sur le huis-clos pour mettre en exergue la portée universelle de son propos : parler des femmes, de toutes les femmes, à travers les histoires personnelles racontées par celles qui foulent la glaise bouillante d’un hammam algérien. A l’enfermement de cet alcôve de relaxation répond l’enfermement -physique ou mental- que subissent ces femmes dans le monde extérieur, sous la caméra à la fois bienveillante et puissante d’une réalisation qui ne mâche pas ses mots. Bouleversant.

« Aurore », réalisé par Blandine Lenoir

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

Avec son ton loufoque et son rythme tranquille, Blandine Lenoir fait de son personnage cinquantenaire -Agnès Jaoui, superbe dans ce rôle- l’étendard d’un combat féministe qui bat à revers les poncifs sur le vieillissement féminin. On aurait aimé un plus grand approfondissement idéologique, mais l’ensemble reste très touchant, effleurant avec délicatesse les combats d’une femme, de toutes les femmes.

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