La cinémathèque de Paris rend hommage à Martin Scorsese en exposant ses objets personnels jusqu’au 14 février 2016. Une exposition qui permet de comprendre et décrypter des œuvres appartenant d’ores et déjà à l’Histoire du 7e art.

« You fucked my wife ? » tout le monde connaît cette punchline de De Niro dans Raging Bull. Dès l’entrée de l’exposition un écran géant diffuse plusieurs scènes cultes de ce film, des Affranchis ou encore de La Dernière tentation du Christ de 1988. Ce dernier film constitue une sorte de fil rouge que l’on retrouve tout au long de la visite.

Comprendre "La Dernière Tentation du Christ" permet de décrypter toute l'oeuvre de Scorsese. ©StéphaneDabrowski
La Dernière Tentation du Christ permet de décrypter l’oeuvre de Scorsese. ©StéphaneDabrowski

Héros solitaires crucifiés

Au même titre que Woody Allen, Scorsese est un observateur privilégié de la vie New-Yorkaise et particulièrement de Little Italy, il puise son inspiration dans la vie quotidienne. « Scorsese met sans cesse en scène ses héros solitaires dans la posture du martyr crucifié » expliquent Kristina Jaspers et Nils Warnecke, les commissaires de l’exposition.

L’exposition fait également la part belle aux relations que le cinéaste tisse avec ses acteurs tout en explorant les liens unissant ses personnages. Ainsi de De Niro à DiCaprio, les photos de tournages se succèdent souvent accompagnées de scénarios annotés. D’ailleurs sur France Inter le cinéaste américain avoue qu’il « aime penser que DiCaprio est son fils ».

Dans la suite de l’exposition le visiteur tisse un lien presque personnel avec le réalisateur. Lorsqu’on le voit diriger sa mère il est difficile de ne pas s’imaginer à sa place. Pour les commissaires de l’exposition « la mère de Scorsese représente la mère italienne type » à ce titre elle jouera dans nombreux de ses films comme Les Affranchis ou Taxi Driver.

Scorsese est l'un des observateurs privilégiés de New-York. ©StéphaneDabrowski
Scorsese est l’un des observateurs privilégiés de New-York. ©StéphaneDabrowski

Grand admirateur d’Hitchcock

L’univers de Scorsese est riche, très riche. Grand admirateur de Hitchcock il en empruntera les codes mais aussi les collaborateurs. Une grande partie de l’exposition est consacrée à ceux qui ont entouré le réalisateur comme sa monteuse Thelma Schoonmaker fidèle depuis Who’s That Knocking at My Door (1967) le film de fin d’étude du réalisateur. Thelma recevra un Oscar pour son travail sur Raging Bull.

Le génie de Scorsese se trouve aussi dans le fait de bien s’entourer. On y redécouvre les génériques de Saul Bass (Les Affranchis et Les Nerfs à vif) ayant aussi travaillé pour Hitchcock (La Mort aux trousses, Psychose…).

La dernière salle est réservée à l’autre passion de Martin Scorsese : la musique. Si des extraits de No Direction Home (2005) documentaire sur Bob Dylan et Shine a Light (2008) le concert filmé des Rolling Stone sont diffusés, on peut regretter le manque d’images de George Harrison: Living in the Material World (2011), documentaire sur l’ex membre des Beatles, certes moins connu mais qui mériterai d’être mis en valeur.

Pour tout cinéphile ou admirateur de Scorsese cette exposition est presque indispensable. Elle permet de découvrir ou redécouvrir cet univers si particulier et nous donne une autre piste de lecture de l’œuvre de ce réalisateur de génie.

Exposition Scorsese, jusqu’au 14 février 2016. Cinémathèque de Paris, 51 Rue de Bercy, 75012 Paris. Tel : 01 71 19 33 33.

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Étudiant en cinéma à l'ESRA Paris.