Pour la quatrième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

Olga, Bernhard Schlink

Olga est orpheline et vit chez sa grand-mère, dans une petite ville de l’Est de l’Empire allemand. Elevée par cette dernière, froide et autoritaire, elle doit avancer par elle-même, trouver un travail et vivre seule, mais pas facile lorsqu’on est à une époque où la place des femmes est encore bien malmenée. Mais Olga sait ce qu’elle veut : enseigner. A ses côtés se trouve Herbert, son ami d’enfance qui appartient lui à un milieu bien différent, celui de riches industriels. Amis puis amants, ils vivront leur idylle malgré l’opposition de la famille de ce dernier, très séparés par ses envies d’exploration et de voyages lointains. Jusqu’au jour, où il entreprend une expédition en Arctique…

Entre amour, résistance et déception, la plume de Bernard Schlink nous entraîne dans la vie d’Olga, sans jamais nous ennuyer. En trois parties, il dévoile le destin extraordinaire de cette femme, qui a traversé les époques. Plus de vingt ans après la publication de son best-seller Le liseur, l’auteur signe avec Olga un beau portrait de femme, qui tente de combattre le monde patriarcal et traverse ce monde la tête haute, au sein d’une Allemagne dans la tourmente de l’entre deux-guerres.

« Olga », Bernhard Schlink (traduit de l’allemand par Bernard Lortholary), Editions Folio, 320 pages, 8€

Miss Jane, Brad Watson

Jane est la petite dernière de la famille Chisolm. Conçue « par accident », elle vient au monde en 1915, dans une petite ferme du Mississippi. Mais très vite, le Dr Thompson découvre qu’elle est atteinte d’une malformation, qui la prive de se retenir et d’avoir le contrôle de ses sphincters : un handicap qu’elle devra apprendre à gérer, toute sa vie durant.

Parce qu’en 1915 la science n’est pas encore capable de réparer les handicaps, la jeune fille devra apprendre à vivre avec ce problème, et ses parents aussi. Les premières années sont joyeuses et douces, mais Jane finit par rapidement comprendre ce qui la différencie des autres lorsqu’elle se rend à l’école. Les années passent et l’adolescente s’entoure de quelques personnes (sa soeur, le docteur, quelques garçons), mais avec toujours conscience que personne n’est prêt à partager sa vie. 

A travers Miss Jane et ce handicap si particulier, Brad Watson dresse le portrait d’une jeune fille courageuse, intelligente, qui devra faire face à son destin mais qui ne cessera de se battre. Mais avec ce récit, il aborde aussi l’histoire des Etats-Unis du début du 19ème siècle : une Amérique rurale qui subit de plein fouet la crise de 1929. Jusqu’au bout, on suit avec intérêt les aléas de la vie de cette jeune fille, ses émois amoureux, ses déceptions et son envie de se battre. Un sujet douloureux, traité avec bienveillance et délicatesse.

« Miss Jane », Brad Watson (traduit de l’anglais par Marc Amfreville), Editions Livre de Poche, 360 pages, 7,90€

L’arbre-monde, Richard Powers

Neuf destins liés autour du mythe de l’arbre, cet arbre source de vie, chacune des neufs vies qui se succèdent dans cet immense roman choral sont liées par l’arbre. Traversant les époques, les pays, les religions, ce grand roman de Richard Powers nous décrit comment les arbres sont à la source de chacune de nos vies. Sous le regard du personnage principal, Pat Westerford, biologiste émérite, ces neufs destins vont s’entrelacer. Pour elle, les arbres communiquent entre eux, autour d’une lutte pour sauver un séquoia, la communication entre les arbres va permettre aux hommes de communiquer entre eux. Cet arbre « monde » comme l’indique le titre rassemble les hommes autour de lui pour tisser des liens.

Très beau roman, empli de détails scientifiques et d’anecdotes sur la vie des arbres, il se traverse comme une grande épopée. Richard Powers nous livre une histoire écologique puissante. Un parallèle entre les arbres et les hommes nous fait prendre conscience à quel point, la communication est important, mais surtout que les arbres sont sources de vie. A l’heure actuelle, ce roman résonne d’autant plus et semble essentiel à lire.

« L’arbre-monde », Richard Powers (traduit de l’anglais par Serge Chauvin), Editions 10/18, 744 pages, 9,90€