Pour la troisième année consécutive, tout l’été, et chaque semaine, Untitled Magazine vous propose trois livres à lire. Que vous soyez dans votre maison de campagne, au bord de la plage, entre amis ou encore au travail, vous devriez trouver votre bonheur.

La fille des Louganis, Metin Arditi

Sur une petite île grecque, à Spetsos, la jeune Pavlina aime éperdument celui qu’elle croit être son cousin, Aris. Heureuse et volontaire, la petite fille sera très rapidement confrontée à la violence. Spiros et Nikos perdent la vie sur leur bateau de pêche en utilisant la dynamite souvent utilisée pour tuer les poissons. La mort des deux frères n’est pas un accident. Il y a des années, une faute a été commise entraînant alors la vengeance et le suicide. Rien n’a été révélé et pendant longtemps elle ignore le secret qui dévastera la famille : Aris est du même père qu’elle ! L’enfant qu’elle aura de lui, fruit d’un inceste, sera rapidement confié à l’adoption.

La fille des Louganis raconte le lourd déchirement d’une mère à son enfant, obligée de fuir son île natale pour se réfugier à Genève. Loin des qu’en-dira-t’on, Pavlina tente de poursuive son existence. L’écriture de Metin Arditi retranscrit avec émotion les états d’âme des personnages, leur désespoir, leurs incertitudes et le lecteur entre en parfaite symbiose avec les doutes et les espérances de cette jeune héroïne. Face à ce destin particulier, on vit avec Pavlina qui pleine d’espoir rêve de retrouver son enfant.

« La fille des Louganis », Metin Arditi, Edition Babel, 240 pages, 7,70 euros

La zone du dehors, Alain Damasio

En 2084, une partie de l’humanité vit sur Cerclon, un des anneaux satellitaires de Saturne, après que l’Europe a été détruite par la Quatrième Guerre Mondiale. Dans une société sur-technologisée, où tout répond désormais à des commandes vocales, et où l’Homme se retrouve esclave de la Clastre, le classement qui ouvre ou ferme les portes de l’espace public, la Volte essaye tant bien que mal de résister et de montrer au citoyens qu’une autre organisation sociale est possible. Avec des actions violentes, Capt, Kamio, Slift et leurs amis tentent d’ouvrir les yeux des autres hommes sur leur emprisonnement dans une nouvelle norme, où chaque individu n’est plus que valeur du tout, et où la délation est monnaie courante.

La Zone du Dehors est un récit de science-fiction fascinant, qui prouve son aspect politique dès les premières pages. Le lecteur suit les aventures de ces résistants, qui vivent aux marges d’une société qui fait tout pour les enfermer dans un carcan de banalité. On s’attache à Capt, professeur et philosophe, à travers qui on découvre le fonctionnement de cette planète où tout n’est que contrôle, parfois si insidieux que plus personne ne s’en rend compte. On a plaisir à voir l’évolution du mouvement de la Volte, ses courants internes et ses débats, et on se prend à souhaiter qu’ils renversent gouvernement, médias et multinationales qui ne laisse plus de place à l’individualité des Hommes.

« La zone du dehors », Alain Damasio, Edition Folio, 656 pages, 11,40 euros

En camping car, Ivan Jablonska

Entre 1982 et 1988, Ivan Jablonka et sa famille ont exploré l’Europe du Sud, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à bord de leur camping-car, un magnifique combi Wolkswagen. Sans internet, ni téléphones portables, Nintendos ou autres écrans, Ivan passe sept étés merveilleux dans des paysages somptueux. Ivre de liberté, la petite famille s’amuse, nage, visite et profite pleinement de ces heures sans contraintes. Les vacances chez les Jablonka, c’est la liberté. On organise nos journées comme on veut, on s’arrête pour se reposer où l’on veut !

Loin de son appartement parisien, Ivan Jablonka raconte ses sept étés merveilleux qu’il a passés en famille. Mais c’est plus tard qu’il a réellement pris conscience que ces voyages ont été cruciaux pour son éducation, qu’ils ont fait de lui l’homme instruit et cultivé qu’il est aujourd’hui. Ici, il remet sa propre enfance dans le contexte des années 70-80, s’appuyant sur des souvenirs qu’il a gardés mais aussi sur les témoignages de ses proches, tout en se racontant lui-même. Sous forme d’autobiographie, il tente avec son regard d’adulte d’analyser son enfance, et ajoute sa petite touche d’historien nous faisant voyager.

« En camping car », Ivan Jablonska, Edition Points, 192 pages, 6,50 euros